‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 160 sur 194 · I. — PLAIES NON PÉNÉTRANTES DE LA POITRINE · texte numérisé non relu

I. — PLAIES NON PÉNÉTRANTES DE LA POITRINE

Les plaies non pénétrantes de poitrine peuvent être produites par des instruments piquants, tranchants ou contondants, ou par des projectiles.

Les plaies par instrument piquant ou tranchant sont variables comme profondeur et comme étendue, suivant la force, l’acuité de la pointe ou de la lame, et surtout suivant la direction. Un coup dirigé perpendiculairement à la cage thoracique aura plus de tendance à intéresser la totalité des tissus que si sa direction est oblique. Dans ce dernier cas, il peut exister une ouverture d’enlrée et desortie. Parfois la pointe de l’instrument rencontre une côte ou le sternum, et s’y brise. D’autres fois la plaie faite par une arme tranchante forme lambeau, ou bien les fibres musculaires, sectionnées perpendiculairement à leur direction, tendent à faire bâiller les lèvres de la blessure. Il peut y avoir défaut de parallélisme entre la plaie cutanée et la section musculaire.

CH. SOÜLIGOÜX. — AFFECTIONS DE LA POITRINE

L'hémorragie qui accompagne la blessure des vaisseaux des parois thoraciques se fait le plus souvent au dehors, mais parfois, par suite du défaut de parallélisme des lèvres de la plaie et de la mobilité des tissus les uns sur les autres, le sang, dont l’écoulement est gêné, s'infdtre au milieu d’eux, un hématome plus ou moins volumineux se forme. Parmi les vaisseaux blessés, à part les vaisseaux axillaires dont l’étude appartient à la région de l’aisselle, la mammaire externe, les branches thoraciques de la sous-scapulaire sont les plus importants et peuvent donner lieu à des hémorragies abondantes. Les vaisseaux perforants de la mammaire interne, et celle-ci même à la rigueur, peuvent être sectionnés sans ouverture de la cage thoracique; ces vaisseaux mammaires sont en effet séparés de la cavité thoracique par les digitations du muscle triangulaire du sternum. On a signalé aussi, mais rarement, des sections des vaisseaux intercostaux proprement dits.

Les nerfs de la paroi thoracique sont parfois coupés ou contusionnés. M. Duplay a insisté sur ce point. Si le nerf est intéressé près de son origine, le muscle correspondant est paralysé en totalité; mais il est bien rare qu’il en soit ainsi, et s’il existe des paralysies partielles par section d’un ramuscule, elles passent inaperçues.

Signalons encore les plaies })ar morsure de cheval, par coup de corne.

Les balles des fusils de guerre actuels créent presque toujours des plaies pénétrantes. Les côtes et le sternum ne sont pas un obstacle suffisant à leur force de pénétration ; aussi ces trajets bizarres que les balles rondes décrivaient le long du thorax après avoir rencontré tangentiellement une côte n’ont que peu de chance de se reproduire. Cependant elles déterminent encore assez fréquemment des trajets en séton.

Les balles de revolver sont encore assez souvent arrêtées par les côtes, et restent dans la blessure à l’état de corps étrangers.

On a signalé des cas assez curieux de balles n’ayant pu traverser la paroi thoracique dans toute son épaisseur, mais ayant eu assez de force pour déterminer des lésions des organes intrathoraciques, analogues à celles produites dans les contusions du thorax. Ainsi Boire! rapporte l’observation d'un homme qui succomba trois ou quatre heures après avoir reçu un coup de feu dans la poitrine. Le sternum avait été traversé, maisla balle s’était arrêtée au-devant du péricarde qui était exempt de toute lésion ; néanmoins, le ventricule droit était déchiré à sa partie inférieure, et le péricarde était rempli de sang. Fine : 1) trouva une rupture du ventricule droit produite par un coup de feu non pénétrant de la région xiphoïdienne. Le péricarde était intact.

(1) Fine, Recueil des actes de la Société de santé de Lyon, 1798, p. 200.

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