EXPLORATION DE L’ŒSOPHAGE
La situation profonde de l’œsophage le soustrait à l’exploration directe des doigts. Cependant le palper dans la région cervicale peut permettre de sentir un corps étranger fixé, une tumeur diverticlilaire, rarement un néoplasme.
h'œsophagoscopie, malgré les excellents résultats qu’elle a donnés entre les mains de Rosenheim, ne peut être présentée comme une méthode pratique et à la portée de tous les chirurgiens. Personnellement, nous avons toujours cherché et trouvé, dans l’analyse des symptômes cliniques et les résultats du cathétérisme, les éléments de notre diagnostic.
Le cathétérisme constitue en effet le meilleur moyen* de se renseigner sur le calibre de l’œsophage, le siège d’un obstacle.
Pour le pratiquer on se servira de différents instruments. Est-on à peu près certain que l’œsophage n’a pas subi d’altération très
notable dans sa structure et par suite dans sa consistance, on utilisera avantageusement l'explorateur à houles ; mais si l’on est en présence d’un sujet plus ou moins cachectique, chez lequel on soupçonne un néoplasme, nous préférons explorer l’œsophage en nous servant soit de sondes en gomme, sans mandrin, soit de sondes en caoutchouc rouge dans lesquelles on introduit un gros fd de plomb comme mandrin.
Tout au moins, si vous utilisez constamment la cathéter à boules, devez-vous toujours procéder avec les plus grands ménagements. Ici plus encore que pour l’urètre, glissez, mais n’appuyez pas. Trop souvent un cathéter, une sonde conduits avec trop de force ont perforé l’œsophage et pénétré dans le médiastin, la plèvre, l’aorte.
C’est pour cela que nous repoussons pour la plupart des cas l’emploi des olives montées sur tiges de baleine. Méfiez-vous encore des mandrins en laiton destinés à augmenter la rigidité des sondes de caoutchouc rouge ou de gomme : très résistants eux-mêmes, ils peuvent passer à travers l’œil latéral de la sonde, ou son extrémité en cul-de-sac, et blesser l’œsophage et les organes voisins. Il est incontestable (|ue les mandrins de plomb valent beaucoup mieux au point de vue de la sécurité.
Manuel de rexploratîon. — Nous préférons, nous l’avons dit, la sonde pleine de Bouchard, en gomme, ou les sondes en caoutchouc rouge rendues plus rigides au moyen d’un mandrin de plomb. On aura la précaution d’huiler ce dernier avant de l’introduire dans le canal de la sonde, car on pourrait avoir de la peine à le retirer, seul, si l’on voulait laisser la sonde à demeure plus ou moins longtemps par exemple.
Le malade est assis en face du jour, la tête renversée et soutenue par un aide ; l’arrière-gorge a été insensibilisée par quelques badigeonnages à la cocaïne. La sonde, dont l'extrémité a été trempée dans l'huile ou de l’eau tiède, est conduite par la main droite, tandis que l’autre, enfoncée vers le pharynx, la dirige vers l’orifice œsophagien. On opère sans brusquerie, en laissant respirer le malade, et on glisse peu à peu la sonde, en profitant des mouvements de déglutition que l’on commande au patient.
Rencontre-t-on un obstacle, il ne faut pas pousser, mais tenir appuyée contre lui l’extrémité de la sonde. Si, au bout d’un moment, la résistance n’est pas A'aincue, ne jamais employer la violence : retirer la sonde, en prendre une plus petite, ou changer l’olive du catliéter.
L’accident le plus fréquent est l’introduction de l’instrument dans les voies respiratoires. Une douleur vive, accompagnée de toux convulsive, avertit en général le chirurgien.
On a tenté d’appliquer l'auscultation au diagnostic des affections de l’œsophage (Hamburger). On place l’oreille ou le stéthoscope à gauche du malade sur le dos, le sujet étant assis, les bras croisés sur la poitrine, et on lui fait avaler une cuillerée de liquide.