‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 63 sur 194 · TUBERCULOSE DE L’ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DE L’ŒSOPHAGE

nâtres, d’ulcérations multiples, grisâtres, que se manifeste la tuberculose.

L’infiltration des parois est telle qu’il en résulte un rétrécissement très notable susceptible d’en imposer pour un noyau cancéreux. Ces lésions siégeraient surtout à la partie inférieure de l’œsopliage. M. le professeur Tripier n’en n’aurait pas observé malgré le nombre considérable d’autopsies pratiquées à son laboratoire.

Signalons simplement l’envahissement possible du conduit alimentaire par des lésions tuberculeuses développées primitivement dans les ganglions avoisinants. Ce sont là des faits différents de ceux que nous étudions, mais infiniment plus fréquents. Londe a publié un fait remarquable de tuberculose latente des ganglions bronchiques réveillée à l’âge de soixante-six ans et ayant amené une perforation de l’œsophage avec gangrène pulmonaire consécutive. Letulle a relaté une observation de pleurésie purulente bacillaire du côté droit compliquée, après l’empyème, de fistule pleuro-œsophagienne. Au niveau du sommet de la plèvre, l’œsophage adhérent à la coque purulente pleurale et tuberculeuse montrait un trajet fistuleux court, peu large, formé manifestement aux dépens d’un diverticule ancien de l’œsophage. Chose remarquable, la muqueuse œsophagienne était froncée autour du trajet fistuleux, mais nullement atteinte.

Symptomatologie. — L’extrême rareté des faits de tuberculose de l’œsophage tient à des causes diverses. Tout d’abord, comme le fait remarquer Weichselbaum, les matières susceptibles' de l’infecter ne font que traverser le conduit et n’ont pas le temps de se fixer sur la muqueuse; celle-ci, d’autre part, est défendue par un épithélium épais et résistant (Schaschmann). Ajoutons, avec Hartmann, quel’examen méthodique de l’œsophage dans toutes les autopsies de tuberculose peut seul fournir des données précises. Bres a publié un cas qui semble démontrer que le bacille peut venir s’implanter sur une ulcération vulgaire de l’œsophage.

De même, Zenker aurait vu le cancer de l’œsophage être l’origine de la tuberculose de cet organe : des trois cas qu’il rapporte, le premier seul est un rétrécissement tuberculeux chez un phtisique ; les deux autres sont des cas de tuberculose secondaire, d’origine ganglionnaire périœsophagienne .

Il ne m’a pas été donné d’observer à l’amphithéâtre de fait de tuberculose œsophagienne. Toutefois je suis certain d’en avoir rencontré

fur patholoçfische Anatomie, 1868. — Kkott, Pathol, of OEsophag. 1878, p. 215. — Laboulbène, Élém. d’anat. path., 1879. — Lemaistre, Contribution à l’étude pathologique des ganglions de l’œsophage {Journ. de méd. de Limoges, 1885). — Mazzotti, Rivista clin, di Bologna, 1885. — Barral, thèse de Paris, 1885-1886. — Lemann, Tuberculose de l’œsophage (Soc. méd. de Vienne, in Sem. méd., 1886). — Masuy, Œsophage perforé par un ganglion tuberculeux {Bull, de la Soc. anat., 1888). — Letulle, Bull, de la Soc. anat., 1893, p. 2i7. — Londe, Bull, de la Soc. anat., 1893, p. 207. — Zenker, Deutsche Arch. für klin. Wochenschr., t* LV.

4'iG MICHEL GANGOLPHE. — MALADIES DE L’ŒSOPHAGE.

un en clinique. Il s’agissait d’un enfant d'une huitaine d’années, auprès duquel je fus appelé par deux confrères à cause de troubles dysphagi({ues allant jusqu’à l’impossibilité complète de toute alimentation solide et meme liquide. Ce petit garçon, issu de parents tuberculeux, tuberculeux lui-méme, se plaignait depuis plusieurs mois de douleurs et de gène pendant la déglutition. Ces douleurs s’irradiaient du côté du sternum, de l’épigastre, et en arrière entre les omoplates. Elles s’accompagnaient de petites hématémèses; le sang était plutôt rouge, parfois rutilant.

Les aliments demi-solides n’avaient plus pu être absorbés, et depuis un jour ou deux les li(|uides passaient, mais très difficilement. L’enfant était dans un état d’amaigrissement extrême. J’essayai dépasser prudemment de longues bougies de gomme : aucune, si petite fùtelle, ne put être introduite. La sténose siégeait au niveau du segment inférieur de rœso})hage. La gastrostomie, qui aurait été l>ossible quehjues jours plus tôt, était impossible à cause de l’affai- Idissement extrême du sujet, (jui mourut, je crois, le lendemain.

Les circonstances, l’age m’avaient permis de faire le diagnostic de tul)erculose sans que je puisse préciser si celle-ci était primitive ou d'origine ganglionnaire. On conçoit combien l’on peut hésiter lorsqu’il s’agit d’adultes.

Les symptômes peuvent être plus ou moins masqués par ceux qui existent du côté des voies respiratoires. D'après Mackenzie, la dysphagie ne serait }>as aussi régulièrement progressive que dans le cancer.

Liagnostic. — Xous renvoyons, pour le diagnostic différentiel, à l’article (|ue nous consacrons au cancer. Le diagnostic est très difficile puisque, même pièces en mains, il y a eu des erreurs que seul l’examen histologi(j[ue a décelées.

Traitement. — En général le traitejuent sera simplement médical : l’opium permettra de calmer les douleurs ; l’alimentation par la sonde œsophagienne, par les lavements alimentaires, seront à peu })rès les seids palliatifs à employer. Xous avons vu (jue, chez notre malade, la gastrostomie aurait peut-être pu rendre quelques services si l’état d'affaiblissement ne s'était opposé à toute intervention.

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