IL — SYPHILIS DE L’ŒSOPHAGE
La rareté des localisations syphilitiques sur l’œsophage contraste avec la fré(juence de celles observées sur le pharynx.
(l) Billard, Traité des maladies des enfants nouveau-nés. Paris, 1833, p.307. — Berkeley IIill, Syphilis and local contagions disorders, 1868, p. 128. — Reimier, Jahrh. für Kinderheilk., t. X, 1876, p. 98. — West, Dublin quarterly Joiu'nal of medic. 6C.,1860. — Maury, Amer. Journ. of medic. sc,, 1870, — Labliyski, RerZnt. kliii. Wochenschr., 1883, n° 33-34. — Potain, Journ. de méd. et de chir., 1887. — Va>' Harlingen, Encyclop. internat, de chir., t. I. Paris, 1883. — Mauriac, Syphilis tertiaire et syphilis héréd. Paris, 1890.
ACTINOMYCOSE DE L’ŒSOPHAGE.
D’après Mackenzie, il faudrait même que le terrain fût, en quelque sorte, préparé par l’alcoolisme ou un traumatisme quelconque. Ce qui est certain, d’autre part, c’est le nombre infime de faits connus de syphilis œsophagienne d’origine congénitale, signalés par Billard,. Stotïen, Reimier.
West (de Birmingham’) ale premier observé et décrit l’existence de rétrécissements syphilitiques de l’œsophage. Depuis cette époque jusqu’en 1884, Louis Jullien a pu en réunir dix-neuf observations.
Maury, en 1870, fit la gastrostomie pour un cas de ce genre ; nne deuxième fois la bouche stomacale est étaldie par Bryant ; à Lyon, Valette, plus heureux, soulageait par le seul traitement interne ; même succès devait être obtenu par Luton en 1879, par Godon en 1880 et par Lablinski dans deux cas récents (1883).
Chez un syphilitique qui mourut à Würzbourg, Virchow trouva l’isthme du gosier entièrement atrésié, la portion supérieure de l’œ'sophage rétrécie par une cicatrice et la partie inférieure couverte d’érosions hémorragiques.
Quant à West, à l’autopsie d’un de ses malades, il nota les lésions suivantes.
La portion supérieure de l’œsophage, dans l’étendue de 10 cent. 1/2, est très dilatée ; la muqueuse, épaissie, présente des taches qui paraissent dues à des cicatrices récentes.
Au-dessous de la dilatation, l’œsophage se rétrécit brusquement et forme un canal étroit qui admet à peine une sonde n° 4.
Le rétrécissement, qui a une longueur de G centimètres, est produit par un épaississement de la muqueuse et par des dépôts fibreux disposés sous forme de bandes, de brides qui ressemblent beaucoup à ceux que l’on voit dans les rétrécissements anciens de l’urètre. Au-dessous du point rétréci jusqu’à l’estomac, l’œsophage était parfaitement sain.
Le symptôme capital est la dysphagie qui, après avoir paru céder au moment de la guérison de rulcération, devient de plus en plus marquée à mesure que la cicatrice s’établit.
Il est inutile d’insister sur les difficultés du diagnostic ; celui-ci ne peut être posé qu’après la réussite du traitement ioduré.
Quant au pronostic, il est toujours grave par suite de la ténacité du rétrécissement.
La dilatation progressive et, si elle échoue, la gastrostomie, permettront, avec l’emploi du traitement mixte (iodure de potassium et mercure), d’obtenir la guérison, ou au moins d’assurer l’alimentation du malade.