I.- ŒSOPHAGITE PAR BRULURES, PAR INGESTION DE LIQUIDES CAUSTIQUES
Bien que les brûlures par ingestion de liquides brûlants déterminent le plus souvent des lésions limitées au pharynx, à la cavité buccale, on peut cependant observer des brûlures plus ou moins étendues de cet organe.
Descroizilles a signalé un cas d'œdème de la glotte avec œsophagite et gastro-entérite aiguë par ingestion de bouillon très chaud chez un jeune enfant ; cet accident fut promptement suivi de la mort.
Ordinairement ce sont des liquides corrosifs avalés par inadvertance, ou plus souvent volontairement, dans le cas de suicide, (pii déterminent l’œsophagite aiguë. La nature, le degré de concentration, la quantité du caustique avalé influent, on le conçoit, sur les lésions observées.
Dans deux cas d’empoisonnement accidentel produit par l’ingestion d’une solution de bichromate de potasse destinée à des piles électriques, cas observés par M. Lacassagne et conservés au musée de médecine légale de Lyon, on peut voir l’œsophage coloré en jaune et profondément altéré. La muqueuse est effilochée, flotte en lambeaux, et cela sur toute l’étendue du conduit (fig. il ,.
Sur l’œsophage d’une femme qui s’était empoisonnée en avalant du sel d’oseille, on note l’intégrité presque complète de la muqueuse jusqu’au cardia, tandis que l’estomac est le siège d’altérations diffuses et profondes. Ce fait démontre bien que pendant le troisième temps de la déglutition, les liquides tombent en quelque sorte directement de la bouche dans l’estomac, ainsi que l’établissent les recherches physiologiques d’Arloing. La figure 42 que nous re-
Fi^. 41. — Brûlures par le bichromate de potasse :
la muqueuse Hotte sous forme de lanières (Collection Lacassagne).
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