‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 69 sur 194 · ŒSOPHAGITE PAR INGESTION DE LIQUIDES CAUSTIQUES · texte numérisé non relu

ŒSOPHAGITE PAR INGESTION DE LIQUIDES CAUSTIQUES

produisons, concerne une œsophagite toxique consécutive à l’administration de deux potions stibiées à la dose de 40 centigrammes chacune, chez une jeune femme cachectique atteinte de pneumonie. Béhier a publié un cas semblable.

Les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, phénique, acétique,

Fig'. 42. — Larynx et œsophage étalés montrant des lésions produites par le tartre stibié. — 1. LL, ulcérations linguales; œœ, ulcérations œsophagiennes. — 2. A, cellules épithéliales pavimenteuses, granuleuses et à noyau bien net. — B, fibres lamineuses ou conjonctives mêlées à d’autres fdsres élastiques, celles-ci reconnaissables à leur direction contournée (Laboulbèxe, Anat. path.).

et les solutions de potasse, de soude, d’ammoniaque, les solutions de sublimé, telles sont les substances ordinairement en cause.

Quel que soit le caustique, il en résulte une escarre plus ou moins profonde, plus ou moins diffuse et d’aspect variable : brune pour

Eacide sulfurique, gris jauue ou orangé pour l'acide azotique, grisâtre et boursoullée pour l’acide chlorhydrique; blanche ou blanc grisâtre pour l'acide oxalique ; difl'use sans couleurs précises, molle, tuméfiée, pour les alcalis.

Si le sujet survit pendant un temps suffisant, les escarres s’accompagnent d'altérations phlegmoneuses, et, au moment de leur chute, d’hémorragies, de perforations.

Finalement, le travail de cicatrisation vient-il à s’établir, il en résulte des sténoses dont la gravité n’échappera à personne et que nous étudierons dans un chapitre spécial.

Symptomatologie. — A la douleur intense, aux symptômes graves d'intoxication et deshock du début succède, si le sujet survit, une certaine accalmie. Mais bientôt, quoique les douleurs soient moins vives^ des coliques, des selles diarrhéiques, sanguinolentes, avec débris membraneux, puis des hémorragies, ou îles signes de perforations, viennent mettre en jeu la vie du malade. Ou bien des signes de phlegmon du médiastin apparaissent, auxquels peuvent succéder, dans les cas où la mort n’a pas lieu, des fistules trachéales, œsophagobronchiques.

Enfin, comme nous le verrons plus loin, si le sujet échappe à tous ces dangers, il reste sûrement exposé au rétrécissement consécutif à la cicatrisation des plaies de l’œsophage.

Traitement. — (^n devra vider l'estomac, soit à l’aide du siphon^ soit par le vomissement, et tâcher de neutraliser le liquide caustique. L'administration d’eau albumineuse en grande quantité, à laquelle on ajoutera un peu de magnésie, de craie, d’eau de chaux seconde, si les acides sont en cause, ou du jus de citron, de vinaigre, s’il s’agit de potasse, soude, ammoniaque ; le vomissement provoqué par l’introduction d'un doigt au fond du gosier en attendant le siphon, voilà ce qu’il faut évidemment mettre en œuvre. Plus tard, le sujet sera exclusivement nourri au lait, ou à l'aide de lavements alimentaires. Si la dysphagie est très marquée, même pour les liquides, on emploiera les lavements alimentaires.

âlais on se gardera d'introduire une sonde œsophagienne qui ris- (pieraitde déchirer les tissus. Par contre, aussitôt que la cicatrisation s'est établie, il faut chercher à prévenir et à combattre la sténose en calibrant l’œsophage.

Page 1