‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 72 sur 194 · PLAIES DE L’ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

PLAIES DE L’ŒSOPHAGE

Étiologie. — Symptomatologie. — En dehors des plaies d’ordre chirurgical telles que peuvent en produire certaines opérations, œsophagotomie,œsophagectomie, trachéotomie, laryngectomie, dilatation, tentatives de cathétérisme..., on observe rarement des blessures isolées de l’œsophage. Ilorteloup a cité cependant deux cas de blessures accidentelles, et Gross (de Nancy), cité dans la thèse de François, en auraitobservé unautre(l). Nous éliminons, bien entendu, les piqûres, éraflures, déchirures déterminées par des corps étrangers à surfaces irrégulières.

Lorsque les parois œsophagiennes sont seules lésées, ce n’est guère que par le développement d’un phlegmon, de Vemphysème, que l’on peut soupçonner la nature de la blessure.

S’il existe une plaie du cou, l’écoulement au dehors de la salive, des aliments, trahit la solution de continuité du conduit alimentaire.

On observe fréquemment la lésion concomitante d’organes importants, trachée, veines jugulaires interne ou externe, artères thyroïdiennes, vertébrale. Nous n’insisterons pas sur l’excessive gravité des plaies de la portion thoracique, gravité due aux rapports anatomiques de l’œsophage.

La thèse de François contient d'intéressantes données relativement à la proportion variable des lésions concomitantes des vaisseaux et des nerfs. Fait singulier, les artères carotides sont moins souvent coupées que les thyroïdiennes, les laryngées ; les nerfs sont en général intacts, le récurrent gauche est souvent coupé, celui du côté droit est presque toujours épargné.

Les plaies de l’œsophage peuvent s’accompagner de lésions du pneumogastrique, capables d’entraîner la mort. C’est ce que Heydenreich a pu observer chez un avaleur de sabres, auquel il avait déjà antérieurement enlevé, par la taille stomacale, une cuiller tombée dans l'estomac. Plus lard cet homme s'introduisit un canon de fusil dans l’œsophage, mais, éprouvant une vive douleur, il le retira brusquement. Pendant plusieurs jours il éprouva des douleurs, de la gêne de la

(l) Hortelolp, Plaies du larynx, de la trachée et de l’œsophage, thèse d’agrég., 1872. — Mouton, thèse de Paris, 1876. — Roumegoux, thèse de Paris, 1878. — ScHULLER, Deutsche Zeitschrift für Chir., 1876. — Walzexdorff, Deutsche milit. Zeitschrift, 1880. — François, Plaies de l’œsophage, thèse de Naney, 1884. — Gross, The Lancet, 1885. — Heydenreich, Congrès de Chir., 1895.

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