‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 88 sur 194 · C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE

peiiL-ôlre plus rréquent ici ([ue dans les autres iiireclions chirurgicales, on voit, quinze jours ou trois semaines après le début du gonllement, rinllamination tomber et la thyroïdite se terminer par résolution. Mais ordinairement, l’abcès survient, précoce ou tardif. La Iluctuation est difficile à percevoir en raison de la mobilité de la région, de la consistance normalement élastique du corps thyroïde, de la forme })arfois infiltrée de la suppuration. On devinera déjà le pus à l’œdème, à l’empâtement, avant (jiie l’apparition d’un point ramolli vienne donner la certitude.

L’abcès thyroïdien peut s'ouvrir à la peau, c’est le cas le plus fré- (juent; mais il peut aussi fuser par le creux sus-sternal jusque dans les médiastins et les plèvres. On l’a vu s’ouvrir assez souvent dans la trachée, parfois dans l’œsophage, le pharynx, et jusque dans le plancher de la bouche (Kerns) (1). Lejars a vu un kyste thyroïdien suppuré ulcérer la carotide primitive.

La thyroïdite dans son aspect et dans sa marche revêt un certain nombre de variétés. Si elle se circonscrit à une portion d’un lobe, les sym})tomes généraux sont très atténués, l’abcès est de petit volume, et il n’a guère de tendance à s’ouvrir ailleurs (ju’à la peau. Lorsque les deux lobes sont pris, la tuméfaction du cou devient considérable et l'asphyxie [)eut être menaçante. Dans les cas d’inflammation dilVusc ou de sup|)uration gangréneuse, les phénomènes généraux atteignent une grande intensité, et le malade peut mourir du seul fait de l’infection. .le signalerai aussi certaines thyroïdites à allure subaigiu' ou même chronique dans lescjuelles, la fièvre est à peu jirès nulle et la suppuration très tardive.

Diagnostic. — L’absence de fièvre et de douleur permettra de ne pas prendre pour des thyroïdites certains goitres à dévelopjjement très rapide. 11 est souvent difficile, surtout lorsque l’innammation a 'tfranclii les limites de la capsule et ([u’on n'a pas assisté au début des ;a<^cidents, de distinguer la thyroïdite des intlammations de voisinage. Les adéno-phlegmons des ganglions carotidiens sont toujours plus en ■dehors (jue les jihlegmons thyroïdiens et n’enRiêchent pas de sentir la trachée, et même le corps thyroïde. Il n’en est pas de même de certains phlegmons profonds périlaryngiens, ou latéro-œsophagiens dont le pus soulève la glande thyroïde ou la contourne. Les caractères physiques peuvent être les mêmes, et parfois c’est l’incision seule qui permet de porter un diagnostic précis.

Enfin, les thyroïdites à marche subaiguë ou chronique peuvent en imposer pour une tumeur maligne. Plusieurs observateurs ont été ainsi induits en erreur, et dans un cas rapporté par Tailhefer (*2), il a fallu le secours du microscope pour reconnaître, la tumeur enlevée, que l’on se trouvait en présence de tissu thyroïdien enflammé.

(1) Kerns, Dublin med. Press, t. ÏI, 1839, p. 37.

Tailhefer, Arcfi. prov. de dur., t. VI, 1897, p. 224.

ACTYNOMYCOSE.

Traitement. — Sans doute, au début de la thyroïdite, on luttera médicalement contre l’inléction. Le salicylate de soude aurait meme donné des résultats à Daniel Mollière dans la thyroïdite rhumatismale et le sulfate de quinine à Zézas dans la thyroïdite palustre. Mais, dès que l’on peut supposer la présence du pus, il ne faut pas hésiter à intervenir afin de prévenir les fusées purulentes à distance. Bien que Duguet (1 ) ait guéri son malade en évacuant le pus par la ponction, il ne faudrait pas compter sur l’efficacité habituelle de ce moyen. Mieux vaut une incision franche de la collection ; Kümmer (2) a recommandé l’extirpation du lobe suppuré, mais il faut faire remarquer que ce conseil s’applique, non pas à des thyroïdites, mais à des strumites, et dans ce cas, la dégénérescence goitreuse elle-même, l’abondance des grosses veines, la crainte de l’infection du foyer et des hémorragies secondaires peuvent justifier une semblable pratique. C’est alors non plus l’abcès à proprement parler, mais le goitre <[ui devient l’indication de l’intervention.

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