‹ Bouclier de la foiChapitre 18 sur 68 · Que si un homme baptisé devient profene et m\SA · texte numérisé non relu

Que si un homme baptisé devient profene et m\SA

n'a-t-il point de péché originel? n*a-t-il point cette comip- \i

tion et inclination au mal qu'il avait apportée aa monde? i»

S'il Ta, comment est-elle revenue, après Tavoir perdue aa «

baptême? S'il ne l'a point, comment est-il tant eiiclîDâ i

mal? ^ i

11. Je laisse tant de passages de l'Ecriture qui oon- « ^ vainquent tous hommes, jusque» aux plus justes, d'être pé- ^

cheurs, et rappellent les plus parfaits de l'Eglise romaine aa témoignage de leur conscience. Car qui est-ce d'entre eax qui ne soit souvent piqué d'orgueil et de colère, et embrasé do mauvaise convoitise? Qui est-ce qui aime son Dieu de i tout son cœur, et son prochain comme soi-même? Qui est } celui d'entre eux auquel n'arrive quelquefois de mentir, yq \ que l'Ecriture, qui ne ment point, dit que tout homme est ^ menteur (Ps. CXVl;? Après avoir disputé contre nous, ils ^ auront encore à disputer chacun contre soi-même, et à ré- i, sister au témoignage de leur conscience. ,i

12. Eux-mêmes ne recoimaissent-ils pas, avec le coucile ,, de Trente, que la convoitise demeure après le baptême? Or ^ cette convoitise est un péché , puisque saint Paul aux Romains, chap. VU, vers. 9, l'appelle péché, ayant appris cela de la loi qui dit : a Tu ne convoiteras point.» Car saint Jean dit que «péché est ce qui est contre la Loi» (Jean llf, 4). Penser éluder le commandement de Dieu et les paroles si expresses de l'Apôtre par une distinction forgée en recelé, c'est ne laisser rien de certain en la Parole de Dieu. Nos adversaires disent que la convoitise est péché, quand elle est avec volonté résolued'offenser Dieu ; mais si ce sont bouillons avec irrésolution et sans volonté arrêtée, que ce n'est point péché ; ne considérant pas qu'en parlant ainsi ils se contredisent à eux-mêmes , et injurient l'apôtre saint Paul, car nos adversaires confessent que saint Paul reconnaissait que cette convoitise qu'il appelle péché habitait en lui. Or, voudraient-ils dire que saint Paul eût une volonté arrêtée de pécher, ou qu'il prit plaisir à offenser Dieu?

13. Joint que Dieu nous commandant de l'aimer et servir de tout notre cœur , défend par conséquent les chatouille- EoeDts des mauvais désirs , lesquels ne peuvent être quand

keœur est entièrement possédé de Tesprit de Dieu. Dont tnssi Jésus-Christ ni les saints bienheureux n*ont point ces eoBToitises.

ii. La raison aussi y est toute claire, car on punit de nort celui qui a tant soi peu parlementé avec l'ennemi pour tfihir la ville, encore qu'il ne soit venu jusques à une vo- Uftté résolue d'exécuter la trahison ; et une fille qui écoute te tentations impudiques, fait brèche à son honneur, enoore qu'elle ne soit venue jusques à la pleine résolution de nal faire. Cependant voici des gens qui veulent que la con* Toitiae qui tente et sollicite l'hommo à offenser Dieu ne soit point péché, pourvu que la volonté ne suive point, et qu'on ne vienne point jusqu^à une pleine résolution. Si la volonté a fait saintement de résister à la convoitise , la convoitise a fait méchamment de solliciter la volonté.

15. Voilà l'Apôtre qui ( par la confession de nos adver«saires) parlant de cette convoitise, dit que par elle il fait le mal qu'il ne voudrait point (Rom. VU, 19), et qu'elle combat contre la loi de son entendement (vers. 23), c'estHà-dire contre la loi de Dieu imprimée en son entende* ment; comment donc ose-t-on dire que faire le mal n'est point pécher, et que résister à la loi de Dieu et combattre à l'encontre n'est point offenser Dieu?

16. Que si la convoitise sans volonté arrêtée n'est point péebé depuis le baptême , moins* encore sera-t-elle péché dans les enfants avant le baptême, lorsque l'homme n*a point du tout de volonté.

• 17. A ce mal donc il est question de trouver un remède , et ce remède ne se doit point forger en nos cerveaux, mais 80 trouver en la Parole de Dieu, en laquelle nous trouvons ces deux remèdes : l'un ( Coloss. If, 15. Act. X, 43. 1 Jean 1, 7), que tous nos péchés nous sont pardonnes par Jésus* Christ, et par conséquent le péché originel ; l'autre , que Dieu nous régénère par son Saint-Esprit, pour faire que le péché ne règne point en nous, nous touchant le cœur de repentance. De ces deux bénéfices, le baptême est sacrement. Ainsi « Jean baptisait du baptême de repentance en rémis- » «ion des péchés i> ( Marc 1» 4). Mais que le péché originel soit aboli par le baptême» c'est ce que la Parole de

Dieu ne dit point : c'est une opinion contredite par la Parole de Dieu et par l'expérience.

18. Par cela même est réfuté ce que le sieur Ârnoui noua impute, à savoir que nous disons que Jésus^hriat, par sa mort appliquée par le baptême, ne nous a pu retirer de la mort du péché, ^t nous laisse ensevelis en la boue , et ne nous régénère point en vérité. C*est nous faire dire le contraire de ce que nous croyons. Par la pleine rémjssîon des péchés appliquée au baptême, Dieu nous retire de la morti et par VEsprit de régénération il commence en nous la yi6i laquelle ne se parfait pas tout à coup, mais s'airance par degrés, te qui n'empêche point que Dieu ne nous ail agréables, et ne nous reconnaisse pour ses enfants adoptés et rachetés par Jésus-Christ.

19. Saint Augustin est fort exprès en cette matière, an livre du Mariage et de la Convoitise , chap. XXV et XXVI. « La convoitise » (dit-il) «est pardonnéeau baptême, non pas » afin qu'elle ne soit plus, mais afin qu*elle ne soit point n imputée à péché. «^ Une grande partie du livre contre Julien est employée à prouver que « coneupiscmlia remitîUur » in reatu, et manel in actu : que la convoitise est remise » quant à rendre l'homme coupable, et néanmoins demeure v> en effet. » Il inculque souvent que cette corruption originelle CHt remise au baptême, et que « lex peccali remma est » in regeneralione spiriialt, et manel in carne morlali : la loi D de péché est pardonnée en la régénération spirituelle, » mais demeure en la chair mortelle. » Et au cinquième livre contre Julien, chap. III : «La convoitise de la chair, contre » laquelle convoite le bon esprit, est péché, parce qu'elle » est une désobéissance contrôla loi de l'entendement, et 9 peine de péché, parce qu'elle a été rendue aux mérites du » désobéissant ; et cause du péché, par le défaut du consen- » tant ou par la contagion du naissant. » * Et au chap. XLI, traité sur saint Jean : « L'Âpôtre ne dit point que le péché 9 ne soit point. Pendant que tu vis, il est nécessaire que le

^ Dimitti conenpiscentiam camis in bâptismo, non ut non sH, sed vt in peccatum non Imputetur.

1 ConcupiscentiSi camis, adversus quam bonus concupiscit spiri*

• péché soit en tes membres, mais au moins faisons que le » règne lui soit ôté. »^ En tous ces passages, ce saint personnage reconnatt qu'après le baptême la convoitise est encore péché, puisqu'il est besoin que Dieu lui pardonne, et qu'après le baptême le péché demeure encore en nous.

Voyez saint Augustin au cinquième livre contre Julien , cbap. m, et au sixième livre, chap.YiH, et au XLI, traité sur saiot Jean ; là vous verrez qu'il appelle la convoitise péché, YÎce, iniquité, et une chose mauvaise. Thomas, le père des scholastiques, sur le chap. IV de l'Epitre aux Romains, en la première leçon, est formel là-dessus : « Le pé- »ché originel est dit être remis, parce que l'obligation à la » peine s'en va, la grâce survenant, mais il demeure en I effet.»'

ARNOUX

Sect XXX. — Jtfxte coté en marge de la Confession. Rom. Vif, r. 7 : « Que dirons-nous donc? la loi est-elle péciié? Ainsi n*advienne : ainsi je n'ai point connu le péché, sinon par la loi; car je a'eusse point connu que c'était de la convoitise,' si la loi n'eût dit: Tu ne convoiteras point. »

Je suis ébahi qu'ils aient fait force sur ce texte, où il n est parlé ni du baptême, ni de condamnation, ni d'imputation, ni d'aucune distinction^éntre lacoulpe et la peine. £t toutefois ils ue cotent que ce seul texte par lequel l'Apôtre fait toucher au doigt la faiblesse de la loi qui montre le péché, ne le pouvant guérir, et la pointe de notre rébellion qui s'échauffe par l'opposition de la loi toute seule, afin que par ces deux points on comprenne la nécessité de la grâce qui, faisant faire joug k la concupiscence, donne le dessus à la loi et nous rend obéissants à icelle.

tus, et peccatum est , quia illf inest obedientia contra dominatum mentis, et pœna peccati est, quia reddita est meritis inobedientis et causa peccati, etc. .•

^ Non ait, non sit, sed non regnet. Quandiu vins, peccatum necesse est esse in membris tuis. Saltem illi regnum auferatur.

* Peccatum originale remitti dicitur, quia transit reatus superveuieote gratia, sed remanet actu, remanèïite fomite sive tïoncupis* centia.

BU MOULIN

Ce propos entortillé aurait besoin d'un inter avons déjà averti le sieur Arnoux qu*il y a ai chiffre du passage coté, et que ie vers. 7 a été i 19, où saint Paul reconnaît que a le péché habit or, saint Paul était baplisé : voilà donc un exem près d'un. homme baptisé, auquel néanmoins k bite. Il n*y a rien plus clair ni plus.certain que ce à laquelle, au lieu de toucher, le sieur Arnoux gui esprit, et prend un vol égaré en mots affectés, la question*

ARNOUX

Sect. XXXI. — Texte contraire. En la 1" Cor. V étiez-vouB quelques-uns, > il entend fornicateurs, id( tères, mous, sales, larrons, avares, ivrognes, médisa et, en un mot, remplis de péchés; «mais vous en B^ mais vous en avez été sanctifiés, mais vous en avez é Pouvait-il plus formellement déclarer l'effet du ba] néantissement du péché?

DU MOULIN

Ce passage est tronqué , qui est une espèce i Le sieur Arnoux amène ce passage pour prouv qui sont baptisés n*ont point de péché originel péché est aboli par le baptême. C'est pourquoi i ^supprimé la dernière ligne de ce verset, par eût reconnu que saint Paul ne parle point ici d tt Vous en avez, o dit PApôtre, « été lavés, vous » sanctiûés, vous en avez été justiûés au nom ( » Jésus et par l'Esprit de notre Dieu. » 11 attribi salutaires à la vertu de Christ et à l'eftlcace de laquelle on ne doit pas restreindre au bapténu n'est point parlé en tout ce chapitre.

Ajoutez que mal à propos le sieur Jésuilc, en tion où il s'agit du péché originel, nous amène qui ne parle que de péchés d'action.

ABNOUX.

iBCT. XXXIII. — Kt Rom. VI, ▼. 11, et paitout: cEstimei-Tout tsi être morts à péché, mais vivants à Dieu en Jésus-Chritt tre Seigneur. » Et un peu auparavant, verset 'i : < Car nous, i sommes morts à péché , comment vivrons-nous encore en (lui ? » Car nous, qui sommes entés avec lui à la conformité do mort par le baptême, duquel il vient de parler, nous le seront ssi à la conformité de sa résurrection. Sachant cela, que notre >il homme a été crucifié avec lui, à ce quelle corps du péché t détruit (notez détruii), afin que ne servions plus à péché; car lui qui est mort est quitte du péché.

DU MOULIN

Ces passages servent de remplissage et seraient aussi bons irtoul ailleurs. Où est là un mot de ce dont il s'agit , à saur que les baptisés n'ont plus de péché originel? Combien rais-jo absurde si j'argumentais ainsi? Nous sommes happés, afin que nous parvenions à la vie éternelle; donc )us parvenons à la vie éfernelle dés que nous sommes iptisés. C'est là cependant le discours du sieur Arnoux, quel produit ici des grâces que nous recevons de Jésusbrist, afin de nous persuader que nous recevons la perfecon de ces grâces dés le baptême. Encore que nous soyons aptisés afin de détruire le péché, il ne s'ensuit pas que entière destruction se fasse à l'instant du baptême, lequel st un des moyens pour parvenir à la perfection.

ARTICLE Xll.

T^ous croyons que de cette corruption et condamnaion générale en laquelle tous hommes sont plongés , )ieu retire ceux lesquels en son conseil éternel et minuable il a élus par sa seule bonté et miséricorde m notre Seigneur Jésus-Christ, sansconsidéralion de eurs œuvres, laissant les autres en celte même corruption et condamnation pour dénioniret eu eux «a

justice, comme dans les premiers il fait luire les richesses de sa miséricorde. Car les uns ne sont point meilleurs que les autres, jusqu'à ce que Dieu les discerne selon son conseil immuable, qu'il a déterminé en jésus-Christ devant la création du monde; et nul aussi ne se pourrait introduire à un tel bien de sa propre verlUy vu que de nature nous ne pouvons avoir un seul bon mouvement, ni affectioi), ni pensée, jusques à ce que Dieu nous ait prévenus, et nous y ait disposés.

ARTICLE Xlll.

Nous croyons qu'en icelui Jésus-Christ^ tout ce qui était requis à salut nous a été offert et communiqué; lequel nous étant donné à salut, nous a été quant et quant fait sapience, justice, sanctification et rédemption, en sorte qu'en déclinant de lui on renonce à la miséricorde du Père, où il nous convient avoir notre refuge unique.

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