‹ Bouclier de la foiChapitre 22 sur 68 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

peine duo aux péchés. Le principal est que TEglise romaine tient que les satisfactions servent seulement à satisfaire pour la peine temporelle, et non pour la peine éternelte , et qu'elles ne servent de rien avant le baptême, non plus que jadis avant la circoncision. Or, ce roi était païen et incirconcis, et devait penser plutôt à se sauver des peines éter^ nelles ; car les satisfactions pour le purgatoire sont inutiles à ceux qui vont en enfer. Croire satisfaire pour la peine temporelle, pendant qu'on est obligé à la peine éternelle, c'est vouloir planter les girouettes avant que poser le fondement. Ajoutez à cela que le mot hébreu peruk, qu'on traduit 4i rachète, i» signifie aussi « rompre, et corriger. »

IL Item, ils disent que le bénéfice de Jésus-Christ nous doit être appliqué, et qu'il nous est appliqué par nos peines satisfactoires et par le tourment du purgatoire. A quoi je réponds qu'ils disent cela sans preuve et sans témoignage de i'Ecriture-Sainte. C'est à la Parole de Dieu de nous prescrire les moyens de nous appliquer le bénéfice du Rédempteur, et non point à nous de les deviner. Joint qu'on n'applique point une chose par son contraire, comme font ces docteurs, qui veulent que Dieu nous applique la rémission de nos dettes en nous faisant payer, et le pardon en Jésus-Christ par la punition : comme qui appliquerait une médecine par du poison. Certainement appliquer la grâce de Dieu à un homme en le rôtissant en un feu, est une étrange espèce d'application. Le bénéfice du Sauveur nous est appliqué par la foi(Epbés. III, 17). ; par le baptême (Gai. III, 27) ; par la Sainte-Cène (I Cor. X, 16) ; mais non par des coups de fouet, par une rôtisserie desprits, par un haire ou par un capuchon.

IIL Ils ajoutent qu'il faut qu'en toutes les œuvres de Dieu sa justice reluise aussi bien que sa miséricorde. Mais saint Jacques, chap. II, contredit à cela, disant : «Jugement sans » miséricorde sera sur celui qui n'aura point usé de miséri- » corde, v Disons donc de même, que « Miséricorde sans ju- » gement sera sur celui qui aura usé de miséricorde. » Et comme dit saint Paul, Rom. Vlll : Il n'y a nulle condamna- » tion pour ceux qui sont en Jésus-Christ.» Si nulle, donc ni éternelle ni temporelle. Et toutefois, envers te& ^te\i%è

des enfants de Dieu, la justice de Dieu s'est pleinement dé^ ployée en les punissant en Jésus-Gbrist, qui en a porté la peine, et sa miséricorde en bous imputant gratuitement cette satisfaction.

IV. Ils disent aussi qu'après que le roi a donné la grâce i un criminel, reste encore de satisfaire à partie. Je réponds que cela se fait parce que le roi et la partie sont deux, mais ici Dieu, qui est le roi, est aussi la partie, lequel ayant remis tout ce qui est du sien, il n'y a plus de partie à contenter.

V. Ils n'ont pas meilleure raison quand ils disent que le roi, ayant donné la vie à un criminel, ne laisse pas de le con*damner en de grosses amendes ; car, en ce cas, le pardon que le roi donne n'est pas un plein pardon , mais une diminution de peine ; mais le pardon de Dieu est plein et entier. Il nous « pardonne gratuitement toutes nos offenses i^ (€k>l. Il, 13). «Le sang de Jésus-Christ nous nettoie de tout pé- » cbé » (1 Jean I, 7).

VI. Ils amènent aussi rexpérience pour preuve ; car ils disent que Dieu, après nous avoir" pardonné, ne laisse pas de nous punir. Ainsi Daniel a été châtié de Dieu après que Dieu lui eut déclaré, par Nathan, qu'il lui avait pardonné son offense (2 Samuel XII, 13). Et de là le cardinal Bellarmin, au cbap. X du premier livre du Purgatoire, infère que Jésus-Christ n'a pas satisfait entièrement pour toute la peine de nos péchés. « Si (dit-il) Christ a satisfait pour toute notre D coulpe et pour toute notre peine, pourquoi, après la coulpe » remise, souffrons- nous encore tant de maux? » *

Ce prélat outrage le Fils deDieu, niant que sa mort soît notre entier paiement. Mais, pour répondre à cette objection, je dis qu'elle n'estpas à propos ; parce qu'en cette question il s'agit des peines satisfactoires , mais les peines souffertes par Daniel étaient castigatoires ; celles-là sont punitions de juge, celles-ci corrections de père. Celles-là servent à satistisfaire à la partie offensée et à la justice du juge , celles-ci servent à corriger notre injustice et à amender le pécheur.

* * Si Ghristus satisfecit pro omni culpa et pœna nostra, cur post lemJssam culpsm adhuc tam multa mala patimur?

Les châtiments dont Dieu visite ses enfants sont bienfaits et cures spirituelles. Ce sont exercices et non paiements. Les médecines ne sont point satisfactions. Un bon père châ-* tie ses enfants pour les amender , et non pour se contenter et satisfaire à la justice. Si nos adversaires croient avec nous que Dieu ne punit ses enfants que de punitions amendatoires et de châtiments paternels, le purgatoire tomberait où ramendement n'a point de lied ; car ils veulent que le pur* gatoire soit une vengeance que Dieu prenne pour le passé, et non un avertissement pour l'avenir. La mort de Jésus- Christ sert à nous exempter de satisfaire à la justice de Dieu par peines satisfactoires, mais non à nous exempter de châtiment ; car elle ne doit pas servir à nous nuire et à nous rendre incorrigibles. Ainsi ceux que Dieu a adoptés en Jésus-Christ sont ceux qu'il châtie le plus soigneusement pour les instruire. Ainsi cbàtiait-il David, lequel , en supportant ces corrections paternelles , n'a jamais pensé satisfaire par ce moyen à la justice de Dieu.

VU. Le sieur Arnoux, pour nous rendre odieux, dit qu'en abolissant nos propres satisfactions « nous arrachons du » cœur l'esprit de pénitence , noyons l'âme dans la boue de » la paresse et négligence des œuvres, x> etc. Au contraire, je soutiens qu'il n'y a rien qui allume plus la repentance, ni qui incite plus un homme à craindre Dieu et à l'aimer, que la mémoire de notre rédemption gratuite par Jésus-Christ, et de notre pleine réconciliation. Le vrai ressort qui meut la piété n'est point l'ambition de mériter ou de payer Dieu du nôtre, ni la frayeur d'un feu après cette vie , mais l'amour filial allumé par la reconnaissance de son amour. Celui qui sert Dieu seulement de peur d'être puni , est mû d'une crainte servile, et non d'un amour filial. Dieu use de clémence envers un tel hoQime s'il ne le punit point pour ses services. Pourtant l'Ecriture, du pardon gratuit et delà rédemption en Jésus-Christ, tire ordinairement des exhortations, à craindre Dieu et à vivre saintement. David , au Ps. CXXX, vers. 4 : « Il y a pardon par devers toi, afin que ta sois craint. » Et saint Paul, aux Rom. chap. XII, vers. 1, nous exhorte par les miséricordes de Dieu à offrir et conflltcrer nos corps à Dieu; car (dit-il ailleurs) ^Va ^f%KA ^

)) Dieu y salutaire à tous les hommes, est clairement appa- » rue, nous enseignant qu'en renonçant à l'iippiété et aux n mondaines convoitises, nous vivions en ce présent siècle x> justement, sobrement et religieusement » (Titell). Jésus- Christ nous a rachetés afin que nous le servions. Son bénéfice n'est pas une impunité profane. La liberté chrétienne n'est point une licence. La paix de conscience n'est point un endormissement charnel. Jésus-Christ ne peut être divisé, dit l'Apôtre (1 Cor. I, 13). Or, ce serait le diviser si nous. le voulions avoir pour Rédempteur, et non pour maître , participer à ses promesses en rejetant ses commandements, ail a porté nos péchés en son corps sur le D bois, afin qu'étant morts à péché nous vivions à justice» (1 Pierre H).

D'ailleurs nous ne voyons pas qu'en l'Eglise romaine, où les satisfactions humaines sont prêchées, pour cela les vices en soient moindres , vu que l'Eglise romaine est la seule Eglise du monde où les vices soient devenus lois, et oi^ par règlements publics les bordeaux soient établis et la paillardise permise, et le mariage défendu. Il n'y a que l'Eglise romaine où, par lois et décrets, le peuple soit enseigné à être rebelle à son prince, et à ne garder point la foi aux excommuniés , et où le trafic des choses sacrées soit publi(jUement établi.

, VIII. Tout cet abus est fondé sur une maxime pernicieuse , qui est un des ulcères chancreux du corps de TEglise romaine. Cette maxime est : Que la peine des péchés de devant le baptême nousest remise par le baptême, mais que pour la peine des péchés commis depuis le baptême, c'est à nous de satisfaire par œuvres pénales et peines satisfactoires, tant en cette vie qu'en purgatoire. Nouvel Evangile dont il ne se trouve une seule trace en toute la Parole de Dieu. Le concile de Trente, en la 44* session, au chap. VIII, pour défendre cette doctrine , dit qu'il semble que la justice de Dieu requière que ceux qui, devant le baptême ont péché par ignorance, soient plus doucement traités que ceux qui ont péché sciemment depuis le baptême. Mais ces Pères se condamnent eux-mêmes en par- Jant ainsi; carne peut-il pas advenir que quelqu'un pèche par

ntlice devant le baptême ? et, au contraire, qu'après le baptême il pèche par ignorance ou par infirmité ? En ce cas, quelle.apparence que Dieu ne veuille exiger aucunes peines satisfactoires pour des péchés commis par malice délibérée, et en veuille exiger pour des péchés commis par ignorance ou par infirmité ? Qui plus est, ne peut-il advenir que quelqu'un se fasse baptiser par feintise ou pour le gain , étant cependant en son cœur ennemi du nom de Christ? Est-ce ahose juste que Thypocrisie lui soit profitable, et que pour s'être moqué de Dieu tous ses péchés commis devant le baptême lui soient pardonnes sans aucune pénitence ni satisfaction ? TertuUien, voirement au chap. VI du livre de la Pénitence, n'estime point que Dieu permette qu'aucun prenne indignement le baptême. ^ Mais l'Espagne nous fournit d'exemples, au contraire, ou les marranes mahométans se font baptiser pour se garantir de l'inquisition. Et saint Augustin, au livre De caieehùandis rudibus^ chap. XVI, dit que quand quelque païen se rangeait au christianisme; et par conséquent au kaptême, on l'interrogeait s'il le faisait pour quelque corn* modité ou pour l'espérance du salut.

Bref, « le sang de Jè'sus-Ghrist nous nettoie de tout pé- » cbé » (f Jean, I, 7), donc autant des péchés de devant le baptême que de ceux d'après, a Par Jésus-Ghrist Dieu nous I pardonne toutes nos offenses » (Coloss. II). Ce mot toutes ne reçoit aucune exception ; saint Pa^l aux Galates, chapitre 111, dit que « ceux qui sont baptisés ont vêtu Christ. x> Par ce mot a vêtir, » il nous montre que le fruit du baptême est principalement poiu: le temps d'après le baptême ; car on 86 Yétit pour le temps futur.

ARNOUX

SscT. XXXIX. — Texte coté en marge de la eonfett ion.- Aun Hébr., chap. IX, v. 4 : « Combien plus le sang de Christ, qui, par l'Esprit éternel, s'est offert à Diea soi-même' sans nulle tache, purifiera -t-il votre conscience des œuvres mortes, pour servir au Dieu vivant? » Et l Pier., chap. I, v. 18 et 19 : « Sachant que tous

t Deus thesauro suo providet, nec sinit obrepere iudignos.

n'êtes raehetéis de votre vaine conversation qui rour.sTtit été en- ^^

seignée par vos pères, non par choses corruptibles, comme paf ^'

argent ou par or, mais par le précieux sang de Cbnst. » ^

£n ces deux textes, il n'est pas dit un seul mot de la satisfaction; ^ et les mots d'entier et parfait lavement, sous lesquels est caché le venin, ne s'y trouvent point. Ainsi l'Âpôtre attribue ici aux mérites du Fils de Dieu la force de puri6er nos consciences, les

délivrer des œuvres mortes , faire que nous servions au Dieu vi- \

vant, et nous racheter de notre vaine conversation. :

DU MOULIN

Eo ces passages voirement le mot de a satisfaction » ne se trouve point, mais bien le mot de « racheter, » qui revient à un ; car notre rédemption par Jésus-Christ est la satisfaction pour nous. Celui qui rachète un prisonnier, par ce rachat satisfait pour lui. Le mot de « laver » n'y est pas non plus, mais hien le mot de a puriGer, » qui revient à uo çtse trouve en d'autres passages, comme ^ Apocal. J, vers. 6. Quant à la perfection et intégrité de ce rachat et lavage nous avons produit ci-dessus un grand nombre de passages. Ce que le sieur Arnoux ajoute, que le mérite du Fils de Dieu purifie nos consciences et les délivre d'oeuvres mortes, etc. est vrai , mais que fait cela pour établir les satisfactions humaines?

Ses satisfactions supérërogatoîresy et si le mérite de Olirist nous est appliqué par nos satîsfaotions.

ARNOUX

Sect. XL. — Texte contraire, Coloss. 1 , 41 : < Je m'éjouîs maintenant en mes souffrances pour vous, et accomplis le surplus des afflictions de Christ en ma 6hair pour mon corps, qui est l'Eglise. »

Ce n'est, pas que le Fils de Dieu n'ait satisfait abondamment quant à la suffisance de ses douleurs infiniment méritoires, et de la moindre goutte de son sang qui vaut plus que mille mondes. Mais l'Apôtrs nous enseigne que, si nous ne compatissons à Jésus- Christ, et ne pâtissons avec lui à son exemple, ses riches trésors

* A celui qui nous a aimés et lavés de nos péchés, etc.

de mérite! ne nous servent de rien, faute d'être appliqués par bos propres satisfactions, qui toutes sont de vrais et premiers effets de sa mort, par laquelle il nous a mérité la grâce de les faire à son imitation.

DU MOULIN

Nos adversaires emploient ordinairement ce passage du premier chapitre aux Colossiens, pour prouver jque les saints et moines font plus de satisfactions et portent plus de peines qu'il ne leur en faut pour satisfaire pour eux-mêmes; d'où ils infèrent que cela sert de paiement pour autrui. C'est pourquoi Bellarmin, au chap. 4 du livre I des indulgences, dit que les saints sont en quelque façon nos rédempteurs.^ Dont aussi le canon de la messe demande à Dieu son secours, non-seulement par les prières des saints, mais aussi par leurs mérites, ce qui est un nouvel Evangile et une pure profanation de la doctrine du salut, par laquelle '\\s veulent que Dieu reçoive les battues et jeûnes superabondants de saint François ou de saint Dominique en paiement pour nos péchés; comme si un juge lâchait un prisonnier en considération de ce que son frère s'est fouetté pour lui. Comment peut avoir du mérite de reste celui qui a besoin de pardon ? Comment peut satisfaire pour autrui celui qui ne' peut satisfaire pour soi-même?

Mais le sieur Arnoux n'ose remuer cette ordure, et se contente 4l'enipioyer ce passage pour appuyer les satisfactions humaines, présupposant que saiât Paul par ses soulTraiices satisfaisait à Dieu, ce qui est faux, et dont il n'y a ni trace ni apparence dans ce passage. Saint Paul voirement souffrait pour i'£giise, mais non pour satisfaire pour l'Eglise, ainsi pour édifier et confirmer l'Eglise, comme exposent Lombard, Anselme et Thomas dans leurs commentaires sur ce lieu, conformément à ce que dit l'apôtre aux Philippiens, I, vers. 12. Le surplus des afflictions de Christ qui n'est pas ejicore accompli, sont les afflictions de l'Eglise, lesquelles Jésus dit être les siennes. « Saiil, dit-il, pourquoi n>e per- » séci^tes-tu » (Actes, IX, vers. 4) ? Item ; a Ce que vous avez

1 Quorum precibus meritisque rogamus, etc.

» fait à un de ces petits, vous me l'avez fait » (Matt. XXV, vers. 40). Ce que notre docteur dit, qu'il nous faut pârir à l'exemple de J(^sus-Christ, est vrai, mais non pour satisfaire par là au jugement de Dieu ou pour contenter sa justice. C'est confîre en amertume les afûictions pour Jésus-Christ, et les rendre intolérables, si on les fait être paiements et satisfactions, et peines pour contenter la justice de Dieu ; au ^ lieu que ce sont livrées du soldat chrétien, un opprobre honorable et des conrormités au Fils de Dieu. Il n'y a point de gloire à être puni, mais c'est un honneur de combattre après Jésus-Christ et pour Jésus-Christ. ,

Quant à ce que le sieur Arnoux veut que les mérites du Sauveur nous soient appliqués par nos propres satisfactions» c'est une invention forgée sur l'enclume de l'avarice, et soufflée du vent de l'outrecuidance, sans Parole de Dieu, à laquelle appartient de nous prescrire les moyens de nous appliquer Jésus-Christ et non à nous de les inventer. Voici les moyens qu'elfe nous donne de nous appliquer Jésus-Christ. Premièrement le baptême : «Vous tous qui êtes baptisés êtes » revêtus de Christ » (Galates II, vers. 27). La sainte-cène : « Le pain que nous rompons n'est-il pas la communion du )> corps de Christ » (1 Cor. X, 46) ? La foi : « Christ habite en )» vos cœurs par la foi m (Ephés. III, 12). Et cette foi est a par » l'ouïe de la Parole de Dieu » (Rom. X, 17). Mais de s'appliquer Jésus-Christ en satisfaisant par peines et tourments en cette vie ou eu purgatoire, la Parole de Dieu n'en* parle point.

La raison en est toute claire ; car on n'applique point une chose par son contraire, comme font ces Messieurs, qui veulent que Dieu nous applique la grâce et le pardon gratuit en nous punissant, et que Dieu nous applique la rémission de nos dettes en nous faisant payer. Cela n'est pas appliquer» mais rogner et flétrir cette grâce: N'est-ce pas là une belle application que de brûler un homme deux ou trois mille ans dans un feu? Encore, pour nous bouleverser la cervelle, on met ce feu entre les grâces de Dieu, on veut que ce soit le sang de Jésus-Christ qui donne vertu à ce feu de satisfaire. Enfin on trouvera que les diables sont les mignons de Dieu, car Dieu leur fait la grâce de satisfaire tout du long ; et par

ce moyen ils ont cet avantage de ne lui avoir guères d'obligation.

ARNOUX

Sect. XIJ. — Et aux Rom. XII, v. 1 : « Je vous prie, frère», par Ja miséricorde de Dieu, que vous offriez vos corps en sacrifice vivant, saint, plaisant à Dieu, votre raisonnable service. »

Je ne comprends point ce que fait ce passage pour les satisfactions humaines. Saint Paul, par ce sacrifîce saint et plaisant à Dieu, entend nos bonnes œuvres, mais non des peines corporelles ou pécuniaires qui expient ou satisfassent pour nos péchés. Nos bonnes œuvres sont sacrifices d'actions de grâces, et non peines expiatoires pour payer et satisfaire la justice de Dieu.

ARTICLE XVIM. ^

Nous croyons que toute notre justice est fondée en la remission de nos péchés, comme aussi c'est notre seule félicité, comme dit David. Par quoi nous rejetterons tous autres moyens de nous pourvoir justifier devant Dieu; et sans présunier de nulles vertus ni mérites, nous nous tenons simplement à l'obéissance de Jésus- Christ, laquelle nous est allouée,' tant pour couvrir toutes nos fautes, que pour nous faire trouver grâce et faveur devant Dieu. Et de fait nous croyons qu'en déclinant de ce fondement, tant peu que ce soit, nous ne pourrions trouver ailleurs aucun repos, mais serions toujours agités d'inquiétude, d'autant que jamais nous ne Sommes paisiblement avec Dieu, jusqu'à ce que nous soyons bien résolus d'être aimés en Jésus-Christ, vu que nous sommes dignes d'être haïs en nous-mêmes.

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