Que nous sommes ennemis des saints et de la aerge Marie
7. Que, pour entendre T Ecriture, chacun de nous le vanle d'avoir une inspiration particulière.
8. Et que nous nions la toute-puissance de Dieu m l'Eucharistie.
Tout cela est faux et contraire à notre créance.
1. Notre religion enseigne que les bonnes œuvres sont nécessaires à salut, car on ne va point en paradis )ar le chemin de Tenfer, on ne va point au royaurhe de )ieu en servant au diable.
2. Noire religion enseigne que les prédestinés à salut lont aussi prédestinés à vivre saintement. Dire : < Je > puis m'abandonner à mal puisque je suis élu, » îst le langage d'un réprouvé qui veut être méchani, )arce que Dieu est bon, et qui fait de la grâce de Dieu, |uî est un aiguillon à la vertu, un oreiller pour s'eniormir au vice.
3. Notre religion croît que Dieu salarie les bonnes cuvres, mais d'un salaire gratuit.
4. Elle croît que Dieu ne contraint point les volontés, nais les fléchit et fait qu'elles s'adonnent volontairenent au bien.
5. Elle n'estime point chose injuste que Dieu de- Tiande à Thomme ce qu'il ne peut, quand l'homme le bit, et quand son impuissance vient de sa faute.
6. Elle honore les saints, comme ces mêmes saints }nt honoré les saints qui les ont précédés.
7. Pour l'intelligence des Ecritures, elle se contente de ce qui s'y trouve de clair, et laisse aux frénétiques l'inspiration particulière.
8. Elle ne nie point la foute-puissance de Dieu en l'Eucharistie, mais elle se règle par sa volonté. Elle se Bert du saint sacrement de la Cène, non pour faire lésus-Christt mais pour l'honorer; non pour faire
descendre son corps à nous, mais pour élcvor Dos cœurs à lui. EWe n'entreprend pus de prendre Dieu en cette vie, mais se contente que Dien nous prenne en h mort, l'aile iiecr!iintpnsquel>ieu puisse tomber, ou être dérobé, ou emporté p.ir les souris, ou miingé par >cs ennemis. Elle ne croit point que le Fils de Dieu el le diable soient entrés ensemble en Judas, ni que lésai- | Christ se soit mangé soi-même, vu que celn n'ctnit nécessaire pour noire rédempEion.
notre religion est une religion qui ne reconnaît aïKn { chef de l'Ii^t^lise que Jésus-Christ, ni autre rè^.e de Ibj . qiie sa Parole, ni autre sncrirtce propilinloire que N , mon, ni autre purgatoire que son sang, ni iitiire mériM que son obéissance.
. C'est une religion qui veut que le peuple lise I» Paroh de Dieu, parce qu'elle ne craint point qu'on y trou» sa condamnation; qui parle en langue entendue, pare* qu'elle n'a point de honte de sa créance.
C'est une religion qui met le jeûne en absiinenox mais non en distinction de viandes. Elle jeûne pit: exercice d'immililê, el non par opinion de mérite ot ' de satisfaction; elle n'emprunte point les satîsfaciioix .^ d'auirni, ainsi elle croit avec t'Ap6ire « que chacui « portera son propre Tardeau » (Galat. VI, 5).
C'est une religion qui, se défiant de ses œuvres, M Ge en la promesse de Dieu, qui prêche la fiance, et aoi^ le doute de son salut.
Qui recommande une assurance humble, et non vm'^ perplexité arrogante, par laquelle ceux qui étalênl leurs meritesTont profession de douter de leur salut. ;|^
C'est une religion où les hommes confessent qu'iji' <mi souvent fait ce que Dieu a défendu, bien Ioh" d'avoir. fait plus qu'il n'a commandé; si éloîgnéft W faire du supérabondanl, que même ils défaillent CH'4? qui e^t nécessaire. Ils ne prétendent pas de faire Di4
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debteur par des œuvres de siipé^-érogniion, mais se confessent debleurs par leur désobéissance.
C'est une religion qui, au lieu de former des pierres à l'image de rkomme, lâche de reformer Thomme à l'image de Dieu ; qui, au lieu d'adorer une croix de bois, «adore le crucifié^ se fie en sa passion, et se gloriûe de son opprobre.
C'est une religion qui ne croit point que Dieu, qui a livré son Fils à la mort pour sauver ses ennemis, prenne plaisir à brûler les âmes de ses enfants en un feu de purgatoire, et à les punir pour des péchés déjsi pardonnes^ et pour lesquels JésusChrist a pleinement satisfait : par punitions qui servent non à amender le pécheur, mais à conienter la justice de Dieu.
C'est une religion qui ne fait point ses prières par comptée, et ne met point l'effîcace de Fora ison au nombre de la répétition d'unq même prière, mais en la foi et disposition du cœur.
C'est une religion qui tient que la foi ne consiste point à ignorer, mais à connaître ; qui administre éga« lement les choses saintes aux riches et aux pauvres, r^on comme en TEglise romaine, où les dispenses et lettres d'absolution se vendent, et les messes particulières ne se disent jamais pour un qui rf a rien donné.
Bref, c'est une religion qui a moins de splendeur en dehors, mais plus de solidité en dedans ; qui veut être reconnue de près, qui ordonne moins de cérémonies, mais donne plus d'instruction.
Vous dites là-dessus': mais ces choses sont nouvelles. Comment nouvelles, puisque Jésus-Christ et les apôtres ont ainsi enseigné? De vrai elles sont nouvelles aux personnes nourries en une erreur invétérée, et toujours la guérison est plus nouvelle que la maladie; mais il faut toujours monter jusques à la source de la vérité, au prix de laquelle toute vieille erreur est nou-
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voile. Jniiiiis personne ne s'est opposé à une erreur enracinée par la coutume, qui n'air été accusé de nouveauté; mais ce reproche do nouveauté est fort malséant en fa bouche de ceux qui cachcitt au peuple la vraie antiquité, qui est TEcriture-Sainte; et qui soutiennent qu'encore aujourd'hui l'Eglise peut faire nouvelles ordonnances en la^foi, et qui par l'Eglise n'entendent que la romaine; qui, même dans les premiers siècles après les apôtres, ne sauraient montrer un seul homme de leur religion, et qui savent qu'en toute l'antiquité n'est faite aucune mention d'exclure le peuple du calice,, ni de lui défendre la lecture de l'Ecriture, ni de lire l'Ecriture au peuple en langue qu'il n'entend pas, ni de peindre la Trinité, ni d'adorer les images, ni d'adorer Thostie de culte de latrie, ni des messes privées, ni de la cour de l'Evêque de Rome, ni de ses indulgences et du trésor de l'Eglise, ni de sa puissance à déposer les rois et tirer les âmes du purgatoire, ni de plusieurs autres corruptions nouvelles qu'on plâtre du titre frauduleux de traditions apostoliques, comme si elles venaient des apôtres.
Ceux-là même qui se vantent d'antiquité sont ceux qui traitent rudement lesî anciens docteurs, et les censurent et condamnent à tout propos; qui veulent que les Pères soient interprèles de l'Ecriture, pourvu qu'eux-mêmes soient interprètes des Pères, et juges de l'antiquité; et qui non-seulement condamnent chaque Père à part, mais aussi les conciles entiers où les Pères parlent en commun. Trois conciles universels ont condamné comme hérétique Honorius, évêque de Rome; mais aujourd'hui on soutient que ces conciles se sont mépris. ^ Au premier concile de Constantinople,
t Gotton, en la pré&ce de son Institution Catholique^ parle ainsi de ces deux conciles universels.
en Tan 381, il y avait cent cinquante évêques orthodoxes, et six cent-trente au concile de Chalcédoioe, tenu l'an 451. * Ni ce grand norni)re, ni la grande antiquité n'empêche point nos adversaires qu'ils ne condamnent tous ces Pères d'avoir voulu égaler l'évéque de Consiantinople a celui de Rome, même eu les cho-. ses ecclésiastique s. ^ '
Le concile de Constance, tenu l'an 1416, reconnaît qu'en l'Eglise primitive les fidèles recevaient le sacrement sous les deux espèces ; et néanmoins ordonne que ceux qui voudront suivre la coutume ancienne, soient tenus pour hérétiques et grièvement punis:
El est merveille comment ces messieurs osent parler des conciles, vu qu'ils savent que lé jour n'est pas plus contraire à la nuit que lesanciens conciles aux nouveaux, esquels le pape règle tout et ordonne de tout; mais les autres évêques opinent seulement en baissant la tête* en signe d'approbalfon, à l'entrée desquels on met la Sainte-Ecriture aux pieds du pape, pour témoigner que la Parole de Dieu lui est sujette; où le pape est assis en un haut trône, ayant l'empereur assis à ses. pieds. Bref, on voit par la pratique des derniers conciles, et surtout par le concile de Florence, et par le dernier de Latran, 6i par le livre des cérémonies sacrées, qu'un concile, depuis quelques siècles, n'est plus rien qu'un consistoire papal , mais avec plus de solennité : au lieu que, dans les anciens conciles, l'évéque de Rome n'osait y assister, et ses députés, ordinairement, n'y avaient ni présidence ni autorité. Bien loin d'ordonner que a nul livre ne sera canonique sans
< La Grèce commença, environ Tan 380, de faire des approches de rébellion contre le Saint-Siège, et à traverser Fautorité de résèque de Rome, lui donnant pour second Tévêque de Gonstantifeople.
* Après, en l'an 450, ils dirent qu'il avait les mêmes privilèges.
» Tauiorité du pape, • et que « tous les rois aient à lu » baiser les pieds, » i et de déclarer qu'il « n'y a poin » d'autre nom sous le ciel que celui du pontife, » qo sont les décrets et ordonnances du concile romain soiu Grégoire VII, l'an 1076.
Bref, il est certain que ceux quî*vous cornent aui oreilles les Pères et les conciles, le font non [y.wcc qu( les anciens leur soient favorables, mais parce qu'ih savent que le peuple n'y peut rien connaîire, et qu'il faut que de ces choses il s'en rapporte à eux par nécessité. Mais, quanta l'Ecriture que vous pouvez el devez reconnaître et qui règle tous les Pères, c'est ce qui vous est défendu. Au fond, les années ne sont pas réglées, et le mensonge est dès le commencement di monde. Ou, si la coutume peut servir de loi, qu'on me dise combien il faut d'années au moins pour autoriseï une doctrine. L'Eglise n'est point en pays de coutume, mais en payisde droit écrit. II n'y a point de prescription contre la vérité divine. Même dès le temps des apôtres le mystère d'iniquité se tramait. Combien donc doit-il être maintenant avancé? Et de fait tant le peuple que les pasteurs de l'Eglise romaine crient depuis plusieurs siècles que l'Eglise a besoin de réformation. Au concile de Pise, tenu l'an 1411, le pape Alexandre V, en la 20' session, promet solennellement di vaquer à la réformalion de l'Eglise, el d'assembler, pour cet efTet, les plus savants de toutes nations. Peu après fut tenu un concile à Senes, l'an 1423, où la proposition delà réformalion de l^Eglise fut mise sur le tapis, et puis remise à un autre temps ; car ils voyaient qu'on ne pouvait remuer celle pierre sans ébranler k siège papal.
Ce que les grands n'ont voulu faire, Dieu l'a fait pai
1 Annal» Baron, Auuo 1078.
les petits, se servant de moyens inespérés pour mettre en vue aux peuples la doctrine de salut, malgré tous les efforts de Satan.
A ceux qui ont travaillé et travaillent à cette œuvre, vous avez cette obligation que TEcriture-Sainte, que le peuple ne voyait point, est maintenant traduite en langue vulgaire, et que T Esprit de Dieu parle français ; de façon que nul ne peut ignorer la Parole de Dieu, que celui qui se bande à soi-même les yeux, de peur devoir la lumière. Vous leur avez aussi cette obligation que le pnpe vous tyrannise moins qu'il ne faisait il y a quatre et cinq cents ans, et que voire servitude est allégée d'un quart : car alors le pape donnait aux Français qui s'armaient à son commandement, outre la rémission de tous leurs péchés, un degré de gloire en paradis par-dessus le commun. ^ Que si aujourd'hu, par une croisade, il voulait envoyer les Français en un pays lointain pour combattre les hérétiques ou pour conquérir au pape quelques villes sur ses voisins, comme il faisait il n'y a pas fort longtemps, vous-mcraes vous moqueriez de son commandement. Alors sa coutume élail, quand un roi le fâchait, de mettre son royaume en interdit ; et ainsi mettre (en tant qu'en lui était) plusieurs millions de personnes hors la communion de l'Eglise, faire cesser en un grand pays tout service divin, faire taire les cloches, empêcher les sépultures, exposer le pays en proie au premier conquérant. L'Angleterre a été six ans et demi en cet état du temps du roi Jean. Mais aujourd'hui il ne dégaine plus cette épée, de peur qu'en se remuant si fort il ne fasse tomber son siège, que la doctrine de l'Evangile a déjà si fort ébranlé.
* Telles bulles se trouvent en Matthieu Paris et au 3® tome des Conct/e5, à la fin du Concile de Latran sous Innocent III.
Vous nous avez aussi cette obligation qu'on ne voit point, comme du temps de Boniface IX et de Léonl^ courir par Ja France, de maison en maison, des porteurs de pardons, qui, pour un denii-écu, vendaient i chacun la rémission de tous les péchés et la délivrance d'une âme du purgatoire.
L^ temps a été qu'en France on ne parlait qued^ miracles, et du feu saint Antoine, et d'appailtionsd'i* mes condamnées ou revenues de purgatoire; desqu^ les illusions la plupart est disparue au lever du s61^, de r Ecriture-Sainte, que la nuit de Tignorance avait caché. Que js'il se fait encore quelques menus m'itff clés, c'est en cachette, et jamais en notre présences car, devant un homme qui craint Dieu et le connafti Satan est comme géhenne et perd toute son escrimé. Les magistrats mêmes de votre religion ont souvent puni corporel lemenl ces impostures.
11 n'y a guère de personnes entre vous qui croie 89 religion tout entière, et qui ne trouve quelque chose i redireen l'Eglise romaine; car aussi il serait mal airi de supporter .les décrets elles gloses qui disent qae. « le pape est par-dessus le droit, et qu'il peut dispenser « contre l'Apôtre et contre l'Evangile »,* et qui appeU lent le pape Dieu ^ et la majeslé divine. ^ Ou les 1(6^ gendee fabuleuses, qui comparent et égalent en pliH isieurs choses saint Dominique et saint François a Jésus-Christ ; oli l'opinion de ceux qui se font affub1ié|
^ Titul. 8 de Praeben. ca. proposait: a Secudùm plenitudinem )pi testatis de jure possuraus supra jus dispensare. » Et ibi glossa. « F^ œntra Apostolum dispensât. Item contra vêtus Testamentum. Itôe in jnramento. » Gloss. dist. 3i, can. lector* « Papa potest contij Apostolum dispensare. » Et causa 23, qu. 1, Can. Sunl quidafl Gloss. habet: «dispensât in Evangelio interpretando ipsum. » > Gloss. extra. Cùm inter. « Dominum Deum nostrum Papam. i ' Concil. Later. ultimum Sess. 9. « Divinaî majestatis tu» conh pectus. »
(le saint François en mourant, parce que (disent les docteurs) cet habit vaut un second baptême; ni les courses d'un pauvre peuple aux pardons à deux cents lieues loin , vu que la rémission de tous nos péchés nous est offerte chez nous par la doctrine de TEvangilc; ni le^ pardons de sept ou huit cent mille ans; ni les autels privilégiés, sur lesquels une messe dite tire une âme de purgatoire; ni Topinion de ceux qui enseignent c que le pape peut faire que ce qui est péché ne soit point péché y et que ce qui n*est point péché soit péché. » ^ Et est certain que, quand nous nous tairions, si est-ce que la vérité parle dans les consciences de plusieurs qui sont retenus sous cette captivité par la crainte des hommes et par leurs affaires domestiques ; car le diable chatouille les hommes par le ventre et les berce de plaisirs et honneurs pour les en« dormir, dont arrive que les étincelles de.la vérité connue s'éteignent en eux ; ou , si elles ne s'éteignent point, elles brûlent et géhennent la conscience, et ne servent qu'à les rendre plus coupables, pour avoir nonseulement enfoui le talent de la connrtissance de Dieu, mais môme l'avoir dissipé ; pour avoir été honteux de confesser le Fils de Dieu devant les hommes et n'avoir Toulu défendre sa cause au besoin ; avoir craint de déplaire aux hommes plus que d* offenser Dieu, duquel les promesses sont certaines, les menaces horribles et les. jugements éternels et inévitables : lequel ayant bit en nos jours tant de merveilles pour redresser les raines de son Eglise en ce royaume, ne laissera point impunis ceux qui tâchent de troubler son œuvre et qui ^1 le fourvoient exprès en plein midi.
^ Bellar, inBarckl,, c.31. In bono sensu dédit Ghristus Petro poiestatem Ëiciendi de peccato non peccatum , et de non peccato peocaitain.
Tout ce propos, Messieurs, ne procède qii désir ardenl que nous avons que vous soyez s et que Dieu soil servi ; car nous n'avons ici au térôt que votre salut, vu que de la défense d icausenousne recevons que du trouble, de la Ih de rincommodité. Nous aimerions beaucoup vivre en paix et amilié avec nos concitoyens, soi même religion, si nous le pouvions fîure sans ser Dieu; et ne cessons de supplier le Père de i corde^ dont les compassions surmontent nos inic qu'il veuille pardonner à ceux qui nous haïsseni touche leurs cœurs de repentance et illumine lei tendéments de sa clarté, pour reconnaître le j leur Visitation et le chemin de salut éternel, d ({u'enGn il ne détourne sa saveur d'un peuple < tourne le dos, et ne verse des ténèbres plus é| que les premières sur une nation irritée contre mière de l'Evangile.
Si ces considérations en émeuvent quelque cp me sera une grande joie et un ample salaire c labeur. S'il en advient autrement, au moins a nous délivré nos âmes, et déchargé nos conscier servi de témoignage en un siècle endurci : att que le Fils de Dieu vienne des cieux, pour oi griefs, et délivrer ses enfants, et rendre à un i selon son ideuvre. A lui soit gloire aux siècles d clesv Amen.
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