Car ils craignent que le peuple ne lise l'Ecriture
2. llsvous persiiadehique l'ICcriture est obscure et ambiguë ; mais nous disons que toutes les choses né* cessaires à salut y sont couchées avec beaucoup de clarté.
3. Ils disent que l'Ëcriture est une règle imparfaite, et veulent qu'il y ait une autre Parole non écrite, et des traditions de l'Eglise égales en autorité à TEcriture. Nous au conti*aire disons que TEcriture sainte nous peut rendre sages à salui (i Tim. lil, 45), et que nous né devons élre sages outre ce qui est écrit ; et qu'en ce qui est clair en l'Ecriture, et n'ayant besoin d'interprétation, sont contenues toutes les doctrines nécessaires^ salut ( 1 Cor. IV, 6).
4. Item, quand nobs alléguons TEcriture, nousTalléguons comme juge souveraine, et comme celle qui règle l'Eglise et lui donne autorit^; mais l'Eglise ro** niaine allègue TEcTiture comme une doctrine autorisée par l'Ëglise, et qu'il faut recevoir parce que l'Eglise l'a ordonné.
5. Et quand nous interprétons l'Ecriture, nous ne baillons pas, comme fait l'Eglise romaine, nos interprétations pour lois, et ne nous disons ni juges ni in*^ lerprètes infaillibles de TEcriture-Sainte*
6. Finalement, quand nous interprétons l'Ecriture, nous tirons l'interprétation de l'Ecriture même; mais l'Eglise romaine tire ses interprétations de ia parole non écrite et de la tradition. Pour exemple, nous exposons ces mots, ceci est mon corps ^ par, « le pain » que je vous donne est la commémoration de mon » corps; » laquelle exposition se trouve dans le texte même de l'institution du sacrement (1 Cor. X, 16). Ou par ces paroles de l'apôtre : « Le pain que nous rom-
* n prit du pain et le donna. « Faites ceci en commémoration de
■ BMÎ. »
16 PBËFACe.
» pons est la communion au corps de Chrîsl, «Vos docteurs n'inlerprèlenl pas ainsi l'Ecrilure; c^r ili lireni leurs inierpiém lions de la parole non écrite, ^ de la tradiliun. Quand le Seignenra dit à saint Pierre,
■ J'ai prié que la foi ne délaille point. • ils disent que par ces mots est promise à saint l'ierre, et aus papei de home, ses successeurs, la vertu de ne pouvoir errer. Uais t'Kcriture ne parle point des papes ni des évéquei de Rome, et ne donne à saint Pierre aucun successeQi en son apostolat. Ainsi, il est parlé eu Alalachie d'une oblalion nette, qui se doit faire en tous lieux; cette oblation (Nalac. 1, 11], selon l'interprétation de cm Messieurs, est la messe, en laquelle ils disent que Ifl corps du Seigneur est réelicmem sacrifié; mais celte înierprélation est prise de la parole non écrite; cal r Ecriture-Sainte ne parle point de messe, et ne commande point de sacrifier le corps de Jésus-Christ; et n'établit point de sacrilicatenrsen l'Eglise pour saci> fier le Fils de bieu. Ainsi quand l' Ecriture-Sain le dit i
■ Tu adoreras un Beul Die^, et à lui seul tu serviras. > l'inlerprélalion de ces Messieurs esl, que Dieu défeaà seulement l'adoration de lalrie, mais non l'adoraiioi de dulie, qui est un service religieux inférieur. Mah l'Ecriture ne parle point d'adoration de dulie, ni d'au tre service religieux que de celui qui esl dû à Dieu. Gl sont inierprélalions que t'Eglise romaine lire de II parole non écriie, laquelle esl mise en la discrélioirdl l'Eglise romaine, et ne peut être a[^rise que de M bouche; car je pe pense point qu'aucun ait encore ni tous les enseignements de la parole non écrite rédlgél en un corps; et ce d'auiant que cette parole changl selon les siècles, et est accommodée au temps, et qui l'Eglise romaine a encore pouvoir d'y ajouter des non| veaux articles, même en ce qui est des points delafoi.4
Le grand mal est, que ces traditions et enseigne* ments de la parole non écrite ne sont pas seulement des addilîons à l'Elcriture, mais des contraventions manifestes, dont la seule messe en fournit plusieurs exemples.
i. Car Jésus-Christ, administrant le saint sacrement de l'Eucharistie, parlait en Icnj^ue entendue des assistants ; mais le prêtre en la messe parle en langue non entendue.
2. Jésus-Christ communie tous les assistants; mais le prêtre souvent boit et mange tout seul.
3. Jésus-Christ administre le calice à tous, et veut que tous en boivent ; mais le prêtre boit seul , et refuse le calice au peuple.
4. Jésus-Christ n'offre rien à Dieu ; mais le prêtre prie en la messe que Dieu ait son offrande agi*éable.
5. Jésus-Christ ne fait aucune élévaiion d'hostie; mais le prêtre élève une hostie pour la faire adorer.
6. En rinstituiion de ce saint sacrement, il n'est point parlé de sacrifice, ni de sacrifier le corps de Jésus- Christ. Au contraire, le prêlre prétend sacrifier le corps de Jésus-Christ en sacrifice réel et propitiatoire pour les vivants et pour les morts.
7. Kii rinstituiion de ce sacrement ne se fait aucune adoration d* hostie; ainsi les apôtres demeurent assis à table. Au contraire, le prêtre fait adorer Thosiie. Qui (erait aujourd'hui comme les apôtres, serait estimé profane et hérétique.
8. Sous la table du Seigneur, il n'y avait point de reliques cachées, ni d'ossements de quelqu'un des patriarches ou prophètes. Au contraire, le prêtre a sous
1* betuiD esse legit, quasi Ecclesia posterions, temporis , aut desierit Me Ecclesia, aut facultatem non habeat explicandi et decUrandj,
>it «Qstituendi etiani et jubendi quae ad (idem et mores christianos feninent^
la pierre de l'aulel des ossements de morts, sans lesquelles reliques un autel ne peut être consacré. Et de fait, le prêtre en la messe demande le salut par les mérites des saints, * dont les os sont cachés sous Tautel; dont Jésus-Christ ne s'est point avisé.
9. L'Ëvangile témoigne que Jésus-Christ, donnant du pain à ses disciples, dit que c'était son corps. Aa contraire, le prêtre dit que ce pain n'est pas le corps de JésusrChrist, mais que le pain est transsubstantiô au corps de Christ.
10. Jésus-Christ témoigne que c'e^t du fruit de vigne qu'il a bu ; mais le prêtre nie que ce soit du fruit de vigne.
a, Jésus^Christ veut que nous fassions sa commémoration ; mais le prêtre prétend faire Jésus-Christ * même.
12. Saint Paul par quatre fois dit que nous mangeons» • et rompons du pain. Au contraire, le prêtre soutientque nous ne mangeons ni ne rompons point de pain. .
13. Le Seigneur institue un sacrement ; mais le prê* tre célèbre un sacrilice. En un mot, l'un fait la Sainte- v Cène, l'autre chante la messe, faite exprès pour défi-' , gurer la Sainte-Cène du Seigneur.
Ces messieurs pensent - s'être bien défendus, en . usant d'une récrimination puérile, et nous objectant, . que p'uisque nous voulons imfter le Seigneur, nous-^ devrons donc célébrer la Sainte-Cène après souper, et en une chambre haute, et n'y admettre point les > femmes. Mais^i le lieu, ni l'heure, ni le sexe des as- ;, sisiants, n'est de Tessence ni partie de l'acrion; et\ sans cela l'action demeure tout entière. Aussi là-des«''
*■ ft^
^ Oramus te, Domine, per mérita sanctonim quorum reliquise hi(f sunt,, et omnium sanctorura, ut indulgere digneris omnia peccata mea.
ug Jésos-Ghrist n'a donné ni règle, nidéfense. Mais le ihangement que nous leur objectons est dans les cbo* es essentielles, qui changent la nature de Taetion; >utsque par ià est introduite une adoraiion non cornnandée, et non pratiquée par les apôtres; et un sacriice établi, que le Seigneur n'a point institué ; et une •uperstition après des ossements de morts autorisée; ît un repas commun changé en une messe privée; et e peuple frustré d^n tendre le service ordinaire; et DSlruit à prendre Dieu et à qiangér son Crénteur^et I adorer la créature; et privé d'une moitié du sacrement, à savoir de la coupe, de laquelle Jésus-Christ a Jit : « Buvez-en tous. » Comme aussi l'apôtre commande au peuple 4q Corinthe de prendre la coupe lussi bien que le'pain ( i Cor. 11, 28 ). ^
Sur quoi nous proposons un moyen de nous accorder, qui ne peut être refusé ()ue par celui qui aime la discorde , ou qui esi altéré du sang des chrétiens, ou qui fait la guerre à Dieu. Car tout chrétien confesse que Jésus-Christ a bien fait, et.qu'il n'y a rien à Redire en son institution; et quand même il serait loisible de célébrer la Sainte-Cène en autre façon que lui , si est-c^ que tous accordent que ce ne serait point mal fait d'ensuivre son exemple, et parler comme il a fait. Or c'est ce que nous demandons. Et est certain que le pape pourrait mettre fin à toutes les contentions nées sur ce point, qui troublent et divisent la chrétienté, »'il voulait remettre la Sainte-Cène en la forme en laquelle le Seigneur l'a célébrée, mettant bas toutes disputes, et astreignant le peupjeà l'exemple du Fils de Dieu. Quelques incommodités ou inconvénients qu'on puisse alléguer à l'encouire, ne peuvent être mis en
* Que rhotnme s'éprouve soi-même et ainsi mange de ce pain et boive de cette coupe.
PRÉFAÇA.
balance contre l'obéissance que nous devons à Jésus- Christ, ei contre la paix de la chrétienté, et la réunion de cette rupture et séparation des peuples, quia causé tant de troubles; et répandu tant de sang, et qui ouvre le flanc à TEglise romaine aussi bien qu'à la nôtre, l'exposant à la violence des Turcs et infidèles.
Tout esprit non préoccupé reconnaîtra aisément que c'est là le langage de la vérité, de laquelle de peur que Yos consciences ne soient touchées, on use d'un artifice, qui est de vous représenter notre religion tout autre qu'elle n'est, et vous la dépeindre comme un monstre affreux, et nous faire dire choses entièrement , éloignées de notre créance. Et là-dessus plusieurs d'entre vous sont de si facile créance, que d'aimer mieux apprendre quelle est notre religion par les invectives de nos ennemis, que par noire propre confession. Même après que nous avons protesté de ne rien croire de tout ce qu'ils nous imposent, encore nous veut-on persuader à nous-mêmes que nous rroyons ce que nous ne croyons pas. En quoi, ils nous justifient sans y penser. Car par là ils confessent tacitement que notre religion, proposée au viai, ne peut être combattue; et que si elle était représentée en naïveté, elle ferait d'entrée une forte impression en l'esprit de l'auditeur par l'évidence de sa vérité. Ils vous disent :
i. Que notre religion enseigne que les bonnes œuvres ne sont point nécessaires.
2. Que les élus peuvent sans nul danger se licencielr à tout mal.