ARTICLE III
ou SST TRAlTlS DES LXV&SS CAVOVIQUES.
Toute cette Ecriture-Sainte est comprise dans les livres canoniques de TAncien et Nouveau-Testament, desquels le nombre s'ensuit : les cinq livres de Moïse, savoir, Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéranome. Item : Josué, Juges, Ruih, le premier et second livres de Samuel, le premier etsecond livres des Rois, premier et second livres des Chroniques, autrement dit, Paralipomenon , le premier livre d'Esdras. Item, Néhémie, le livre d'Esther, Job, Psaumes de David, Proverbes ou Sentences de Salomon, le livre de TEcclésiaste, dit |e Prêcheur, Cantique de Salomon. Item, le livre d'Esaîe, Jérémie, Lamentations de Jérémie, Ezechiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias« Jonas, ]|lièhée,Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie. Item le Saint-Evangile selon saint Mathieu, selon saint Marc, selon saint Luc, et selon saint Jean. Item le second livre de saint Luc, autrement dit les Actes des apôtres. Item lesépilres de saint Paul ; aux Romains une, aux Corinthiens deux, aux Galatesune, aux Ephésiens une, aux Philippiens une, aux Colossiens une, aux Thessaloniciens deux, à Timoihée deux, à Tile une, à Philémon' une. Item TEpître Hébreux; TEpitre de saint Jacques; la première et seconde Epitre de saint Pierre; la première, deuxième et troisième épîtres de saint Jean. L'Epître de saint Jude. Item l'Apocalypse- ou révélation de saint Jean.
XJB6 itinciEâ A^ocairpBzs.
ARNOUX
Sect. I. — De ce canon ils éclipsent les livres âe Tobie, Judith, Baruch, TEcclésiastique, la Sapience, lés Macchabées, et retranchent de TËcriture tout ce qui leur 7 déplaît. ' •
DU MOULIN
Quiconque sait lire en hébreu sait que cette accusation est injuste. La Bible hébraïque est Poriglnal de l'Ancien-Testâ* ment, car il était nécessaire que les livres qui contiennent la doctrine dii peuple de Dieu, fussent écrits dans la langue naturelle de Dieu. Or dans cette Bible hébraïque ne se trouvent point les livres de Tobie, de Judith,, etc. Peut-on retrancher de la Bible les livres qui n'y turent jamais? L'Ap^ tre, au chap. Il de l'Epttre aux Romains, vers. 2;dit : a Que » les oracles divins ont été commis aux Juifs. » Or les Juifs n'ont jamais reconnu ces livres; on ne les lisait point dans les synagogues ; les sacrificateurs et scribes ne les ont jamais exposés au peuple.
L'Egli:^ de l'Ancien- Testament est un témoin plus croyable touchant les livres de TAncien-Testament que l'Eglise romaine d'aujourd'hui ; carje parle ici des Juifs, non tels qu'ils sont aujourd'hui, mais lorsqu'ils étaient seuls l'Eglise et le peuple de Dieu. Lisez Josèphe contre Appion, allégué par Eusèbe au chap. X du Iivre3 : là vous verrez que l'Eglise judaïque ne reconnaissait point ces livres dp Judith, de Tobie, etc. Aussi Jésus-Christ et les apôtres, qui allèguent à tout propos les livres de l'Ancien-Tcstament, n'allèguent jamais ces livres. Le sieur Arnoux, qui dit (p. 41 de sa réponse) que Jésus-Christ et les apôtres les allèguent au Nouveau-Testament, en devait produire desexemples. Mais toujours ceux qui ne parlent que par ouï-dire, affirment avec plus d'assurance*
Jésus-Christ, au dernier de saint Luc, vers 44, comprend toute l'Ecriture sous la loi de A(oïse, les Prophètes et les
Psaumes. Sous aucune de ces parties ne peuvent être compris Tobie, Judith, rCcclésiaste, Susanne, les Macchabées. Ajoutez à cela les narrations fausses qui en ces livres nous sont baillées pour véritables.
AU chap. y de Tobie, Tange Raphaël se dit faussement être des enfants de Nephtali captifs à Ninive.
Le chap. IV de Jtidith, vers. 2, et le chap. Y, vers. 16, parlent comme si cette histoire était advenue après la destruction du temple, et après le retour de la captivité; et néaomoins aux chapitres l'et II, cette histoire est récitée comme advenue sous le règne de Nabuchodonosor régnant en Nh nive, mort plus de soixante ans auparavant ; le roi Arphaxad régnant en Mèdé. Mais alors il n'y avait point de roi Arphaxad. Un même roi régnait en Assyrie et en Mède ; et même Nmive alors n'était plus, témoin le dernier ,verset du livre deTobie, conformément à la prophétie de Nahum. Peu auparavant elle avait été prise par Cyaxares, roi des Mèdes, comme le raconte Hérodote au premier livre.
Au chap. XLIX de la Genèse, Jacob mourant condamne le saccagement et la tuerie des Sicbemitos faite par Siméon etLévi, comme impudente et furieuse. Néanmoins Judith, au chap. IX, loue et exalte cette action; là aussi elle demande à Dieu qu'il lui fasse la grâce de di'cevoir par ses lèvres; et de fait s'étant attfffée curieusement pour embraser la convoitise d'un prince païen, elle loue sa vaillance et son bel esprit, dit qu'elle ne peut rien lui refuser (chap. XII, vers. 13); elle lui promet de le mener par" la Judée, et poser son trône dans Jérusalem (chap. XI, vers. 16) ; jusqu'à interposer faussement le uom de Dieu poui^ couvrir un mensonge (vers. 13, 14 et 15).
Saint Augustin, au livre II des Kétractations, dit que le livre de la Sapience n'est point de Salomon. Saint Jérôme l'attribue à Philon juif, dans sa préface sur les livres de Salomon, et néanmoins Tauteur du livre se dit être roi, et parle comme s'il était Salomon. j\u chap. I, vers. 11, il est dit que la sapience de Dieu çst créée, comme si elle n'était point éternelle, ou comme si c'était une créature.
Saint Jérôme, dans sa préface sur ses Commentaires
de Daniel, dit que lelivredeSusanne et de Bel, et du dragou, sont fables.^ Aussi, quelle apparence qu'une poignée de Juifs captifs enBabylone eussent à Babylone même des juges Israélites qui condamnassent à mort sans appel ; et qu'un enfant se sort rendu juge des juges, lesquels aient été sans autre forme condamnés à mort? Qui ne sait qu'à Babylone la langue vulgaire était la chaldaîque et non là grecque? et néanmoins l'histoire de Susanne, avec ses allusions grecques snr les étymologies des arbres d'yeuse et de Tentisque,* présuppose que la langue ordinaire dont on se servait dans les jugements et actions publiques, était la grecque.
Aux livres des Macchabées Antiocbus TUlustre meurt trois fois de façon diverse. Au premier livre, cbap. VI, il meurt dans son lit à Babylone ; mais au cbap. I du livre II, il meurt dans le temple de Nann(*a accablé de pierres ; et au cbap. IX du même livre il meurt étranger dans les montagnes, tombé de son chariot en retournant de Perse : et tout cela advenu du temps de Juda Macchabée, sous lequel il n'y a eu qu'un roi Antiochus.
Au chap. VIII du livre I des Macchabées, il est dit que les Romains avaient pris vif le roi Antiochus-le-Grand, et qu'ils avaient ordonné les Indes à Euméne : tout cela est (aux. Les Romains ont défait Antiocbus dans trois batailles, mais ne l'ont jamais fait prisonnier. Ils n'ont jamais rien eu aux Indes ; leur plus grand empire n'a jamais guère dépassé l'Eupbrate. Voyez saint Jérôme sur Daniel, Appian Alexandrin, Zozimus et Justin.
Les petits enfants savent qu'alors les Romains créaient chaque année deux consuls avec puissance souveraine. Mais au vers. 16 du chap. VIII du livre I des Macchabées, il est dit que les Roouiins commettaient chaque année à un homme leur seigneurie.
Là même il est dit que nul des Romains n'était vêtu de pourpre, et toutefois les sénateurs étaient vêtus de robes
1 Susaimae Belisqae ac Draconis fabulas non contineri in Ûe* braico.
3ti BOUCLIEIl
semées de larges fleurs de pourpre, qu'on appelait laiiu cl» eu»,' ei les chevaliers de robes semées de menues fleurs de pourpre, lequel habit s'appelait atigusnti dapiu.* La robe des auciens rois romains, celle desaiiguresappelée tTobta, et l'habit triomphal Étaient de pourpre, et tes pontires ^ souverains prëLres romains étaient vëius de pourpre.
Auchap. XII du livre 1" des Macchabées, se trouve uneremarque excellente, i savoir uoe lettre d'Arius roi de Sparte i Onias souverain sacrilicaleur des Juifs. où il est dit que ceui de Sparte, qui sout les Lac^démoniens, sont de la race d'Abraham. Se peut-il rien de plus incpteT encore se trouvt'T*t-il que du temps d'Onias il n'y avait poiut de roi Arins i Sparte. Ariiis, dont parle Pausanias dans ses Laconiques, et Plutarque dans sa vie de Pyrrhus, a vécu plus de quatrevingts ans auparavant.
Au chap. I du livre II, vers. 16, il est dit que les Juifs ont été menés captirs en Perse, au lieu de dire a Babylone.
Au chap. Il, il est dit que Jérémie cacha l'arche dans une fosse, alln qu'elle Tût retrouvée quand Dieu rassemblerait le peuple de captivilÀ. Ce qui est contredit par Jéréioie même, au chap. 111, vers. 16. où il est dit « qu'en ce temps-
■ li ou ne fera plus mention de l'arcbe de l'Ëternel. i>*£l de Tait, au temple rebâti par Zorohabel, l'arche n'y était plus.
Au chap. XIV, vers. It et 42, Razias est loué pour 8'éb« tué ^i-méme, « aimant mieux mourir joyeusement, que > d'être fait sujet aux pécheurs.»
Etaubc^it de cela l'auteur reconnaissant sa faiblesse, douHn'il a hien dit, ■ Si, dit-il, j'ai bien dit, et comme il
■ Ippartient à l'histoire, n El peu après : > Si \'ai parlé en b bas et petit style, c'est tout ce que j'ai pu faire, s L'Esprit de Dieu ue doute point s'il a bien dit, n'excuse point son style, ne confesse point son impuissance. Dans la versloa vulgaire l'auteur demande pardon : a Si je n'ai pas dit coaimc » Je dorais, il me le faut pardonner. ■ Est-ce chose conveoi'
1 Ooid. fait. i. ItUc purpurea canus cum Teste sacerdos.
* MiDatiofl Félix. Sverdolum honores el purpuras despfdaiit.
* Babbi Scbelemo Jarki inilio Prophétie Aggesi, \. IS.
ble à l'Esprit de Dien de demandor pardon aux hommes ? Qui plus est, au chap H, vers. i9, il nous averMt quelle estime nous devons faire de son livre : « Nous essaierons, dit-il, d'à- » bréger en un volume les cinq livres de Jason cyrénéen. » Commeut l'abrégé d'un livre profane serait-il un livre canonique? Suivre les traces d'un livre profane, est-ce suivre les inspirations de l'Esprit de Dieu? Encore il dit qu'il a foi! cet abrégé avec de grandes veilles et sueurs, comme ayant fort abanné à faire un petit livret semé de fables.
Le livre des restés d'Esther contrarie en plusieurs cbosof le livre d'Esther qui est dans la Bible hébraïque. Au chap. I est récité comme advenu dans la deuxième année du roi Âr-* taxerxès, ce qui dans la vraie histoire, chap. Il, vers. 16, est mis dans la septième année d'Assuérus. Aman est appelé Ma* cédonien, chap. VI, vers. iO, lequel dans la vraie histoire est appelé Agagien, c'est-à-dire Amalécite. Et là-dessus ce livre fabuleux dit au vers, ii, qu'Aman voulait transporter l'empire des Perses aux Macédoniens, comme qui dirait que quelque Français aurait entrepris de transporter l'empire des Turcs au roi d'Yvetot ; car alors les rois de Macédoine étaient des roitelets inconnus en Perse, et sans aucun pou* foir. De ces rentes d'Esther, voici comment Sixtus Senensis, bibliothécaire du pape Pie Y, parle au premier livre de sa Bibliothèque : « Les six autres chapitres jusqu'à la fin du » livre ont été ajoutés de diverses histoires, par je ne sais » quel auteur grec, mais principalement du onzième livre » des Antiquités de Josèpbe. » Puis il ajoute que Mélito de Sardes et Grégoire de Nazianze n'ont point compté ce livre entre les livres sacrés, et qu'Athanase l'a nommémMt rejeté comme supposé, et qu'il a été fort tard reçu entreBp chrétien». ^
ARNOUX
Skct. n. — De texte coté k la marge, ils n'en ont point. Ce canon des Ecritures fait à plaisir et sans autorité n'a nulle preuve en l'Ecriture, par laquelle ils ne sauraient justifier cet énorme retranchement des livres jitclis reçus en l'Eglise ancienne. Pour cela je m'inscris en faux contre cet article fondamental, et dis : Néant.
JDV MOULIN.
Ce discours revient à néant, car aussi ce n'est rien aa fond. Ce docteur nous demande un passage de l'Ecriture qui contienne le catalogue et dénombrement deslivres cano» niques. Je réponds que comme pour prouver qu'il n'y a dans le Nouveau-Testament que quatre Evangiles, il n'est pas nécessaire de produire un passage qui dise qu'il n'y a que quatre livres de TEvatigile, à savoir celui de saint Matthieu, celui de saint Marc, celui de saint Luc et celui ^e saint Jean, «mais qu'il suffit de lire les titres et de courir les inscriptions des livres; aussi pour prouver par l'Ecriture le nombre des livres canoniques, il suffît de prendre la Bible en langues originaires et courir les titres des livres. Par ce moyen vous y trouverez tous les livres contenus dans Particle de notre, confession, et vous n'y trouverez point Tobie, Judith,'les Macchabées, etc. Ainsi le Symbole des apôtres se prouve par TEcriture, par pièces, quoiqu'il ne se trouve pas font entier dans un seul passage. Joint à cela que l'Ecriture -Sainte dit que Dieu est véritable (Rom. III), dont H s'ensuit que des livres pleins de mensonges, comme Judith et les Macchabées, ne sont point Parole de Dieu. Donc de ce discours du sieur Ârnoux nous disons avec lui : Néant.
ARNOUX
Skct. m. — Textes contraires, Apoc.XXT^lQ: Si quelqu^un aie des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôterasa part du livre de vie et de la sainte cité, et des choses qui sont écrites en ce livre. Deuter. XIl, 32 : Seulement ce que je vous commande vous le fe-. , rez au Seigneur, et n'y ajouterez rien. Et plus clair, IV, 2 : Vous n'ajouterez rien à la Parole que je vous commande et u'ôterez rien d'elle. Ces textes, selon le sens qu'ils leur donnent et selon l'usage auquel ils l'emploient, battent sans repartie l'article troisième sus- 'coié, jaçoit qu'ils n'aient nulle force contre nos traditions, c'est un argument à l'homme, qui les serre de près; car si par ces textes .d'ordinaire ils combattent nos traditions, comme pièces qui sont hors du texte formel de l'Ecriture-Sainte, par les mêmes textes je renverse leur canon, duquel je n'ai aucun texte formel; et, pour
J^avoir, il faudrait que l'exclusion des textes qu'ils rejettent fût formellement marquée en quelque lieu de l'Ecriture, avec le dénombrement de tous ceux qu'ils reçoivent.
DU MOULIN
J*aî déjà répondu à cela et montré que le dénombrement des livres canoniques se prouve expressément par FËcrîture ; par ainsi ces passages qui condamnent ceux qui ajoutent ou ôtent à la Parole de Dieu, rîe nous touchent point; mais sont autant de foudres contre TË^Iise romaine, laquelle établit les traditions et une parole non écrite , de pareille autorité que TEcriture-Sainte. Mais cela sera plus éclairci en la question suivante.
ARNOUX
Sect. IV. — Je dis donc : Le canon des Ecritures est un article de foi. ,
DU MOULIN
A proprement parler, les articles de foi sont les doctrines de la religion chrétienne ; en ce sens le dénombrement des livres canoniques n'est pas un article de foi , mais une déclaration et dénombrement des livres dont se puisent les articles de foi et les enseignements de la religion chrétienne. Kn mAme façon que le dénombrement des lîVres d'Hypocrate et de Galien n'est pas un précepte de médecine, mais une désignation du lieu et des livres où se trouvent les préceptes de médecine. Et c'est ce que fait notre confession ; car, voulant déduire par ordre les articles et doctrines de la foi chrétienne, elle déclare d'entrée d'où c'est que ces doctrines sont puisées ; laquelle déclaration n'est point une addition à l'Ecriture. Premièrement, parce que ce dénombrement ou catalogue se prouve par l'Ecriture, comme nous iTODS montré. Secondement, parce que déclarer que tels
livres sont cauoniques., c'est-à-dire règles de notre foi, n'est pas ajouter quelque chose à ces livres sacrés , alns c'est déclarer qu*il n'y a rien ajouter ; c'est une reconnaissanco que nous faisons de leur perfection et de notre obéissance. Quand nous disons que TEcriture est suffîsanteàsalut, nous entendons par là rejeter toutes les doctrines qui ajoutent quelque chose à TËcriture. Or» dire que des livres sont canoniques n'est pas ajouter quelque chose à l'Ecriture, ains c'est déclarer qu'il n'y faut rien ajouter. C'est donc à tort que le sieur Arnoux dit qu'en faisant ce dénombrement des livres canoniques, nous ajoutons quelque chose à l'EcrH ture ; vu qu'au contraire nous déclarons par là qu'il n'y faut rien ajouter, puisque ces livres sont le canon et règle de notre foi.
DU TJ&MOXaSAtfS QUI^ &'lÊOLXSfi RBVD AUX LXVBB8
QAMOmiqjmB,
ARNOUX
Sect. V. — Je dis donc : Le canon des Ecritures est un article de foi; étant article de foi, ils le reçoivent immédiatement, ou d« l'Eglise de Dieu, soit judaïque, soit chrétienue, ou de l'Ecriture^ Sainte. Si de l'Eglise, en vain ils attribuent à la persuasion intérieure de l'esprit, la discrétion et connaissance de ce canon, et faussement ils enseignent, article V, que l'Ecriture est la règle de tout ce qu'on doit croire. Si de l'Ecriture, qu'ils marquent quelqM texte formel, et le chapitre et le lieu où est couché ce canon, el l'exclusion des autres livresque l'Eglise reçoit ; et parce ^u'ilf n'en cotent point et n'en sauraient coter ; qu'ils confessent que d canon, qui est la base de toute leur créance, est fondé sur le néan^ et non sur la Parole de Dieu, et par eux ajouté à l'Ecriture.
BU MOULIN
Nous avons déjà réfuté cela, (ci-dessus S IV). et proûv^ que le dénombrement des livres canoniques « contenus ei Varticle de notre confession , et l'exclttsion des autres apo-
crypbes» se prouve clairement par \'Ecritare ; et que, quand même cela ne se pourrait prouver par l'Ecfriture , si est-ce que ce dénombrement n'ajoute rien à TEcnture.
Quant à ce qu'il demande, si nous recevons le canon des Ecritures immédiatement de l'Eglise de Dieu , je reconnais que chacun reçoit immédiatement les Saintes-Ecritures de TEglise de son pays, soit que ce soit une église pure ou une église impure et hérétique. Ainsi les ÂpAtres avaient reçu des sacrificateurs et scribes, ennemis de Jésus-Christ, les livres de l'Ancien-Testament ; ainsi les églises nestoriennej et euty chiennes baillent les Ecritures à ceux qu'elles ins- I tniiseol. Mais en cela TEglise, soit pure, soit impure, fait seulement Foffîce de témoin , et non de juge. Elle atteste seulement que ces livres sont sacrés et canoniques; mais elle ne les fait pas être sacrés et ne leur donne pas autorité. U tradition de l'Eglise testifiant que ces livres sont divins et canoniques, n'est qu'une protestation de sa sujétion à 1 TEcriture, et non une addition à son imperfection , ni une I usurpation d'autorité sur la Parole de Dieu écrite. Le li« braire qui montre i un acheteur le livre des ordonnances de ce royaume, n'autorise pas ces ordonnances. Celui qui aurait montré le roi à un étranger, n'est pas pour cela pardessus le roif et ne donne pas autorité au roi. Un inférieur peut rendre témoignage à un plus grand qiie lui. Et de fait est souvent advenu que quelqu'un , ayant reçu T Ecriture par Jes inain^ de l'Eglise de son pays, a, par cette même Ecriture, corrigé et justement convaincu d'erreur cette , même Eglise dont il a reçu l'Ecriture. ' Ce qui est ici'fort considérable , est que, comme l'Eglise atteste que ces livres sont l'Ecriture-Sainte, aussi l'Ecriture- Sainte atteste qu'il faut qu'il y ait une Eglise au monde. Mais que d'abdndant l'Ecriture enseigne qu'elle doit être l'Eglise et lui donne des lois. Dont appert que le témoignage que l'Ecriture rend à TEglise est beaucoup plus fort que celui que TEglise rend à l'Ecriture ; car le témoignage que 1 Eglise donne à l'Ecriture est une simple déclaration ii| de reconnaître ces livres pour la Parole de Dieu, et une dl protestation de leur vouloir obéir. Mais le témoignage que ^\ rEeriture donne à rfglise est une régie et une loi a%ftu\«V
J attf r! Sali
tissant l'Eglise ; car par l'Ecriture nous n'entendons pas papier et les caractères, mais les divins enseignements contenus. Et l'Eglise est composée d'hommes qui , en gr et en détail, sont sujets à cette Parole, et seront un joi jugés par icelie ; quoique par un orgueil abominable ils vantent d'être juges de l'Ecriture-Sainte et lui donner ti torité.
Quant à Tinspiration particulière .et à la perfection • TEcriture sainte, il en sera parlé ci-dessous.
^{oellë EL été la eréanee de l'anoîeniie S^lîie toudiaat les Vm eaMmiqaes. XI fi l'Eglise est Juge infaillible du sens de T eriture*
ARNOUX
Sect. VI. — Quant k nous, noud sommes pour ce regard ho de peine; attendu que nous recevons les Ecritures et les versioi et le canon, et le vrai sens d'icelles de la main de l*Epouse < Dieu, et confessons librement que ce canon est une tradition, p laquelle nous avons la vérité et pureté. des Saintes-Ecritures.
DU MOULIN
Nos adversaires, pour se^couvrir contre l'Ecriture, ont r cours à l'Eglise , laquelle Eglise néanmoins ils démentent i lui contrarient ouvertement. Le sieur Arnoux dit qu'il reçu de l'Eglise les livres canoniques ; et cependant sur nombre des livres canoniques il s'oppose et contredit oi vertement au consentement de toute TEglise ancienn tant de rAncien que du Nouveau-Testament.
Quant à l'Eglise de l'Ancien-Testament, nous avons moi tré que jamais les livres de Tobie, Judith, Sa pience, Mai cbabées, etc., n'y ont été reçus ni tenus pour canoniques.
Quanta l'Eglise du Nouveau-Testament, Jésus- Christ i les Apôtres ne s'en sont jamais servis et ne les ont jamais a légués.
Le concile de Laodicée, quasi de même tempis que le prelier de Nicée , fait un dénombrement des livres de l'Anen-Testament, auquel ne se trouve point le livre de Tobie, celui de Judith, ni les livres de la Sapiénce , de TEceléastique, de Susanne et des Macchabées.
Saint Jérôme, en sa préface sur les livres de Salomon, irlant de l'Ecclésiastique et de la Sapiénce de Salomon : Comme (dit-il) l'Eglise lit clairement les livres de Judith, de Tobie et des Macchabées, mais ne les reçoit point entre les Ecritures canoniques ; ainsi aussi qu^elle lise ces deux volumes pour l'édification du peuple, mais non pour con- Grmer la foi de l'Eglise, d Notez ^u'il dit que c'est la oyance de l'Eglise. Il dit même en son Prologue cresté : Le livre (dit-il) de la Sapiénce de Salomon, et le livre de Jésus, fils de Sirach, et Judith, et Tobie, et le Pasteur ne sont point canoniques. »
Saint Cjprien, ou plutôt Ruffin, au livre de TExposition I Symbole, après avoir fait le dénombrement des livres oouiquos, ajoute : a 11 faut savoir qu'il y a d'autres livres que les Anciens n'ont point appelés canoniques, mais ecclésiastiques, comme est la Sapiénce de Salomon, l'Ecclésiastique, Tobie, Judith et les livres des Macchabées, tous lesquels ils ont voulu qu'on lût en TEglise, mais non qu'on les mit avant pour confirmer Tautorité de la foi. » Saint Atbanase, au livre intitulé Synopsis^ nomme tous ^livres de TAncien-Testament, conformément à la Bible fbraîque, puis il ajoute : a Outre ceux-là il y a encore d'autres livres de l'Ancien-Testament non canoniques, qui ne se lisent qu'aux catéchumènes : la Sapiénce de Salomon, la Sapiénce de Jésus, fils de Sirach, Judith, Tobie,1» etc.
Eusèbe, en sa Chronique sur l'Olympiade, page 117: L'histoire hébraïque des Maccbiabées suppute d'ici le règne des Grecs, mais ces livres ne sont point reçus entre les divines Ecritures. »
Grégoire I, pape, au dix-neuvième livre des Morales sur >b chap. XIX, voulant alléguer un passage des Macchabées, sxcuse en ces mots : « De laquelle chose nous ne parlons point hors de raisoiii si nous produisons des tèmo\%uaL%<^
» des livres non canoniques, mais écrits pour rédiflcation )> de l'Eglise. »
Méliton, évoque de Sardes , en une <^p!tre à Onésime, ré-» citée par Eusèbo au quatrième livre de son histoire, cbap. XXV, fait le dénombrement des livres de i'Ancien-Testament, auquel il ne met point Judith, niTobie, ni TEcclésiastique, ni les Macchabées.
Origène, dans Eusèbe, au sixième livre, cbap. XXIV ; saint Hilaire, en sa préface sur le Psautier ; Grégoire de Nazianie, en ses Carmes de la Sainte-Ecriture; Eusèbe, au troisième livre de son histoire, qjiap. X ; Epiphanlus, au livre des Mesures, et plusieurs autres, font un catalogue des livres deTAncien-Testament, et n'y mettent ni Judith, ni Tobie, ni l'Ecclésiastique, ni la Sapience, ni les Macchabées; mais disent tous d'im accord qu'il n'y a à TAncien-Testamentque vingtdeux livres, autant que de lettres dans Talphabet hébreu.
Le quatrième concile de Carthage, dans les exemplaires latins, met les livres des Macchabées entre les livres canoniques; mais dans les exemplaires grecs ils n-y sont point. Preuve que ce canon est corrompu. Certainement il n'y a au monde livre plus falsifié et corrompu que les tomes latins des conciles.
A ce consentement si universel de l'ancienne Eglise on oppose le seul témoignage de saint Augustin, h quel , au deuxième livre de la Doctrine chrétienne , chap. VHI, m^ <c Tobie, Judith et les Macchabées entre les canoniques.* Mais aussi il faut savoir que saint Augustin met entre les canoniques certains livres que lui-même re^^onnatt n'être point Ecritures-Saintes. Voici ces mots au chap. XXXVI du dix-huitième livre de la Cité de Dieu : « La supputation do » ces temps ne se trouve point dans les Ecritures-Saintes, » qu'on appelle canoniques; mais se trouve en d'autres li^ » vres, entro lesquels sont les Macchubées, lesquels non 1e0 « Juifs, mais l'Eglise tient pour canoniques, à cause ded » grandes souffrances de quelques martyrs. » *
^ Quorum supputatio temporum non in scripturis S. quae nonicse appeliantur, sed in aliis invenitur, in quibus sunt et chabaeorum libri, quos non Judaei , sed Ecclesia pro canonicis h bet, etc.
Et de fiîit, en ce même Hea do deuxième lirre de la Dictrine ohrétienoe, il fait deux sortes de livret canoniques, les uns de plus grande, les autres de moindre autorité ; les uns généralement reçus, les autres reçus par quelques Eglises de moindre autorité: «En matière (dit-il) des Ecri- » tures canoniques, il doit suivre le plus grand nombre des » églises catholiques. » ^ Et peu après : « Entre celles qui ne » sont reçues de tous, qu'il fasse plus de cas de celle que » plus d'églises et de plus grande autorité reçoivent. » * Et de fait lui-même, au chap. XXlll* du second livre contre Gaudentius, dit que le livre des Macchabées est « lu non inu«> » tilement si on 1e lit sobrement ; » et que « ce livre n'est » pas de ceux auquels Jésus-Christ rend témoignage. » Joint qu'au même endroit du deuxième livre de la Ooctrinc chrétienne, il reconnaît que le livre de la Sapience n'est point de Salomon , qui est arguer l*duteur de mensonge, lequel se dit être Salomon. Et au même lieu il omet le livre de Susanne et l'histoire de Bel comme n'étant point canoniques. Et au chap. XXIII du même livre, comme aussi en divers autres lieux , il ne croit pas que Samuel soit apparu à S&iiU ' mais tient que ^'était son image et une illusion diak>olique. contrariant en cela au livre de l'Ecclésiastique, Au tome Hilaire, évêque d'Arles, écrit à saint Augustin, ^ et lui dit que plusieurs^serviteurs de Christ dans les Gaules ne trouvaient pas bon qu'il eût allégué en un sien livre un passage de l'Ecclésiastique : « Ils défliiissent (dit-il) que ce » passage doit être omis comme n'étant point canonique.. « > Ne sert de dire que plusieurs Pères allèguent ces livres ; car ils allèguent aussi le troisièmeet quatrième livres d'Esdras, que le concile de Trente ne reçoit point pour canoniques. Ambroise allègue au chap. X du livre dn Pien de la mort^
A In canonids Scripturis Eoclesiarum catholicarum quamplurium autoritatem sequatur.
* Id eis quae non accipiuntur ab omnibus, pneponat eas quas plures gravioresquc accipiunt eis quas pauciores minorisque autoritatis Ecclesiac tenent.
> Imago Satnuelis mortui Saûli régi vera praenunciavit. .
♦ Voy. le XV« chap. 4 du livre De curapro tnortuis.
> Hoc tanquam non canonicum definiunt omittendum.
et Augustin au cbap. VI du quatrième livre k Bouirace. Les allégations des particuliers du sodF pasréglenientg publia, ni le aentimeot de l'Eglise universelle (Act. XVII, 28). Ob peut alléguer un livre qu'on ne tient pas pour canonique (Tit. 1, 12). Saint Paul a bien allégué Aratus et Epioiénides, auteurs païens.
Maintenant il appert si le sieur Arnoui est versé en l'antiquité et s'il a raison de dire qu'il a reçu le canon det Ecritures de l'Eglise, vu que toute l'Eglise ancionnere* jette les livres qu'il reçoit pour canoniques. Et de fait, quand aujourd'hui on parle de l'Eglise , par l'Eglise il faut entendre le pape; car le concile de Home, tenu l'an iOK soiu Grégoire VII, ordonne : cQue nul cliapilre ni livre N ne soit tenu pour canonique sans l'autorité du pape. « * ■ Faudra-t-il avoir l'approbation du pape pour recevoir pour canoniques les cinq livres de Moïse et les quatre Evangiles? Qui est-ce qui n'a borreur des paroles impies du décret romain «n la distinction dix-neuvième, au canon M canoHieit. dont l'inscriplion est que nies Décrétales des papes sont » comptéesentre les livres canoniques.» * Et cela prouvé par un passage de saint Augustin mécbaniment falsifié.
Avec pareille impiété on veut aujourd'hui que l'Eglise soit juge du sens de l'Ecriture. Il y a deux sortes de jugements : l'uneslunjugement de discrétion ; l'autre, un jugement d'autorité. Par le jugement de discrétion nous jugeons des viandes, non pour prescrire des lois , maie pour discerner ce qui nous est bon. Ue ce jugement parle l'ApAtre en lapremrèreépilre aus Corinthiens, cbap. X, vers. 10: « Je parle comme à gens entendus , jugez vous-mêmes de y ce que je dis. i Par ce jugement^ saint Jean, eu sa première Epltre, cbap. IV, veut que nous ne croyions pointa toutesprit, mais que nous éprouvions les esprits. Mais il ; a une autre sorte de jugement, qui est un jugement d'autorité, qui sert de loi et qui donne d<-s arrêts auxquels il n'est loisible de résister. C'est ainsi que la Cour de parlement juge des
> Baron. Aanal. inno 1076, g 33. Quod uuUiim capitulum nullus que liber canouiciu ktbealui absque iltius auctoriUte. * lulcr caDonicas scripuiru Decivlah» EpisloUe coDlioereoUir.
crimes. Entée ces deux jugements il y en a un troisième qui participe, aux deux, lequel étant un jugement de disij-étion , a cependant quelque espèce d'autorité. Gomme []uand plusieurs gens doctes et prudents donnent leur avis $ur quelque difficulté , principalement si ce sont personnes auxquelles par le commandement de Dieu nous devons res- [>ect et révérence; auxquelles, quoique sujettes à faillir, et )ui ne prononcent point jugement avec autorité souveraine )t certitude infailliblei on est néanmoins honteux de conredire, et on se $ent obligé d'acquiescer à leur jugement, usqu'à ce que la ctiose soit mieux connue et examinée. Tel .'st le jugement de plusieurs pasteurs assemblés en synode lational ou provincial ; desquels néanmoins le jugi^ment l'est point souverain , mais est sujet à être examiné par la Parole de Dieu, selon que les conciles postérieurs corrigent souvent les conciles précédents. Mais estimer que FEgiise puisse jugiT des matières de la foi et du sens de TEcriture avec jugement d'autorité souveraine et avec certitude infaillible, c'est cbose non-seulement injuste et absurde, mais aussi impossible ; car en la question si l'Eglise est juge, estil possible que l'Eglise soit juge souveraine et iufaillible? Et quand il est question de savoir quel est le devoir de l'Eglise, est-il raisonnable que l'Eglise soit juge avec pleine autorité décisive? car par ce moyen elle ne sera obligée qu'à faire ce qu'elle voudra, età obéir aux lois qu'elle se donnera à ellemême. Et quand il s'agit do l'infaillibilité ou autorité de l'Eglise, si TEglise est juge, elle sera juge en sa cause, r^'abondant, vu que tous les prélats de l'Eglise sont pécheurs, et par conséquent coupables et punissables par la loi, quelle apparence que des criminels soient juges souverains et infailliblefs du sens de la loi qui^concerne leurs crimes? par ce moyen ils ne seront jamais condamnés. C'est une grotesque ridicule et profane de s'imaginer que des pécheurs soient juges infaillibles de la loi par laquelle ils doivent être jugés. Que si l'Eglise était juge infaillible du sens de l'Ecriture, son autorité serait beaucoup plus grande que celle de Dieu ; car un tel interprète serait beaucoup plus obéi que le législateur, puisque le peuple ne serait point sujet aux mots delà loi, mais au sens et à l'interprétation que cet interprète lui
veut donner ; qui est le moyen par lequel le pape s'est agrandi et enrichi, car toujours il interprète la Parole de Dieu à son proût, et en est venu jusque là que dans le décret romain il y a des gloses qui disent que le pape a peut » dispenser de l'Evangile en lui donnant interprétation.»^
Toutefois feignons qu'une telle chose tant absurde et impossible soit juste et recevable, si est-ce que devant que de déférer à une église l'autorité déjuge et interprète infaillible de TEcriture, il faudrait être assuré que cette église fût saine, bien sentante et pure en la foi. Auquel examen si oo entre par l'Ecriture, voilà cette église sujette à être jugée par TEcpiture ; ou si, pour savoir si une église est pure en la foi, on s'en rapporte au jugement de cette même église, elle n'aura garde de se condamner. Et n'y aura église» taot corrompue soit-elle, qui ne se vante d'être pure. Et entre plusieurs églisesi comnie entre la syrienne , la grecque, la romaine l'africaine, qui toutes déduisent leur successiou depuis les Apôtres et se vantt^nt d'avoir la chaire de saint Pierre , pourquoi l'une sera-t-elle plutôt juge que l'autre? , Faut donc nécessairement revenir à l'Ecriture, laquelle est une, et reçue de tous, et un juge incorruptible, et en laquelle ce qui est clair et n'ayant besoin d'interprétation est suffisant à salut. Que si dans les choses nécessaires à salut il y a quelque passage obscur , il se trouvera expliqué et éclairci en d'autres passages clairs ; car nul autre que le législateui; ne peut donner des interprétations à la loi qui soient d'égale autorité à la loi. Que s'il se trouve quelque passage obscur en l'Ecriture qui ne soit point exp^qué ailleurs, il'Vaut mieux ignorer que de présumer d'être juge infaillible du sens de la Parole par laquelle Dieu nous jugera ; car ce qui y est clair est suffisant à salut.
^ Causa 25. Quœst, 1. Can. Sunt quidam. Dispensai in Evaiigelio, interpretando Ipsum.