‹ Bouclier de la foiChapitre 7 sur 68 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

ra KA'OOMrsssioM SB roi,

OU LB SIEUR ABlfOUX TRAITE DE L'iNSPIRATIOff PABTICULIBRE ET DE L*UI- TERPRÉTATION DES ÉCBITVBES/ ET DU TBMOIGlfAGE QUE L'ÉGLISE BEHD ▲ L'BCUTUBB.

Nous connaissons ces livres être canoniques el règle Irès-cerlaine de noire foi, non innt par le commun accord et consentement de TËglise, que par le témoignage et persuasion intérieure du Saint-Esprit , qui nous les fait discerner d'avec les autres livres ecclésiastiques, sur lesquels, encore qu'ils soient utiles, on ne peut fonder aucun article de foi.

ARNOUX

C'est faire dbaque fidMe juge établi de Dieu, pour approuver et réprouver les Ecritures par un esprit infaillible en chncun d'^ux, qu'il n'est en l'Eglise uhiverselle, puisqu'à leur dire elle peut errer, nonobstant Passistance infaillible du Saint-Esprit ; et néan- BDoins chaque tidèle en son particulier a un esprit assuré et domestique, qui le rend juge certain des Ecritures, de leur sens, ei Bème des versions, sans lesquelles le sen8ne{)eut être pénétré ptr ceux qui ne savent les langues.

, DU MOULIN

L*adver8aire fait ici comme il fait partout ailleurs , c'est fi'il change les mots de notre confession, et nous fait dire chose que nous ne croyons point. C'est une preuve évideate foe la vérité de notre religion est bien forte, puisqu'on ne peut la combattre qu'après l'avoir changée. Par ce moyen nos adversaires ne combattent pas notce confession, mais leurs ÎDTentioiis. Le sieur Arnoux impute à notre confession qo'ellc fait chaque psrticulier juge établi de Dieu pour apirouver et réprouver les Ecritures, etpour juger infaillible- Lnenl du sens et des versions des Ecritures. Mais l'article de lotre confession ne dit rien de tout cela. Il n'y e^l ^o\xi\.

parlé de juge établi de Dieu, ni de juger infailliblement da sens ou de la version ; car nul de nous ne s'attribue cette qualité déjuge, jugeant avec autorité et certitude infaillible. Seulement nous disons que Dieu donne à ceux qui l'aiment et le craignent la grâce de discerner la Parole âé Dieu d'avec celle des hommes. Ce qui n'est pas prendre «a<^ torité déjuge pour donner des lois à autrui, mais seulemenl avoir Tesprit de discrétion pour reconnaître ce qui est botf et salutaire, qui est la promesse que Jésus-Christ fait à ceat qui craignent Dieu, Jean VU, vers. 17 : ce Si quelqu'un. (dit*; » il) veut faite la volonté de mon Père , il connaîtra de II » doctrine si elle est de Dieu, ou si je parle de par moi^ D même. » Et au chap. II de la première épître de sainl Jean : a Vous avez l'onction de par le saint , et connaisseli )) toutes choses, v Si toutes choses, dont aussi ladifférenctf entre la Parole do Dieu et la parole des hommes. Saint Jean,] en sa première Epitre, chap. iV, nous dit : a Bien-aimés, n« » croyez pointa tout esprit, mais éprouvez les esprits s'ilt » sont de Dieu. » Or, comment discernerions-nous les esprits s'ils sont de Dieu, sans l'Esprit de Dieu?

Non pas que, pour discerner si un tel livre est canonique,^ il faille une révélation particulière ; seulement nous di^ni deux cbQses : l'une, que TEsprit de Dieu témoigne à tous chrétiens que Dieu n'est point menteur; et par conséqueot il témoigne que les livres de Judith et des Macchabées ne sont point livres divins, puisque les mensonges y sont palpables ^ I autre, que la Parole de Dieu contenue dans les Saintes-^ Ecritures est pleine d'efflcace, et que l'Esprit de Dieu sesert d'elle pour toucher les cœurs, sans que pour cela il soitf besoin d'une révélation particulière. Celui qui craint Diea^ se sent par 1^ touché au vif, et prend plaisir au langage de' l'Esprit de Dieu, lequel se fait assez sentir de soi-même, ayant' toute autre vertu que le langage des hommes; laquelle^ vertu , si nos adversaires ne sentent pas, ils ne doivent 8é* moquer d'une chose qu'ils ne connaissent point; mais plu-! tôt reconnaître en cela le juste jugement de Dieu, qui fait justement doter à sa Parole son efficace envers eux « eo punition de ce qu'ils l'injurient, l'accusant d'obscurité « d'ambiguïté) d'im,perfection ; y ajoutant une autre parolt>

I écrite, la dépouillant de la dignité d'être règle parfaite uge souveraine, pour revêtir de cette dignité les prélats /Eglise et les traditions des hommes. Pourquoi ferait-elio tir ses pointes salutaires à ceux qui la chargent de paroinjurienscs et qui en détendent au peuple la lecture? nt Augustin, au chap. IH du onzième livré de ses Confes: DS, reconnaît cette efdcace intérieure de FEsprit de Dieu, idant témoignage à nos cœurs touchant la vérité de ce i est contenu en TEcrituie, et en parle comme expérimté. Sur lequel passage Dellarmin, au Sermon De lumine eif dît : a Cette lumière de la foi est un certain témoignage ie Dieu, par lequel il nous est dit dans le domicile de notre cœur : Cela est vrai, tu n'en dois point douter. » »ut ainsi celui qui ne reconnaîtrait point que c'est là le leil, sinon que parce que sa mère lui a dit et le lui a mon è au doigt , serait fondé sur une preuve mille fois moins aire que le soleil; ainsi celui qui ne sait que c'est là TEcriire-Sainte, sinon parce que rÉglise en laquelle il a vécu le li a dit« sans avoir été touché en son cœur de son eilicace, ) fonde sur une preuv.e mille fois plus faible que TEcritureainte, laquelle se (ait assez sentir à ceux qui ne se bandent oint à rencontre, et sans laquelle nous ne saurions pas léme qu'il faut qu'il y ait une Eglise au monde. L'Eglise voirement nous met en main l'Ecriture ; mais epuis que par cette Ecriture Dieu a touché nos cœurs, ous ne croyons plus que c'est là l'Ecriture-Sainte parce ue l'Eglise nous l'a dit, mais parce qu'elle s'est fait sentir Ile -même, et que Dieu par elle a touché nos cœurs ; sans iquelle vertu le témoignage de l'Eglise n'est qu'une aide robable qui donne une créance confuse et une légère impression ; car nul no peut savoir avec certaine connaissance ue le témoignage que son Eglise rend à TEcriture est véitable» si avant cela il ne sait que cette Eglise est orthodoxe t bien scnt^^te en la foi ; ce qu'on ne peut savoir assuréaent qu'après avoir connu la règle de la vraie foi, qui est 1 Parole de Dieu. Bref, quand, attirés à la lecture et médiation de l'Ecriture par le témoignage de l'Eglise , nous ivons commencé à goûter et à comprendre sa doctrine, ious pouvons parler comme ces Samaritains qui disaient à

52 BOUCLIEK

cette femme dont est parlé au chap. IV de sai « Ce n*est plus par ta parole que nous croyons, » mémos l'avons ouï, et savons que celui-ci est ^ » ment le Christ, le Sauveur du nionde. »

Ici je voudrais bien demander deux choses à n saires : la première , s'ils veulent que chaque fidè et approuve les Saiutes-Ecritures sans les counatti y rien entendre ni comprendre ; les recevoir sa i;onni|!tre, c'est les recevoir sans fruit ; ou s'ils ve le peuple ait connaissance des Saintes-Ecritures, i donc qu'il tes discerne, et qu'en apprenant il y a| jugement et de la .discrétion. L'autre est, pourqi veulent point que le peuple juge et discerne que sont divins et sacrés , et cependant veulent qu'il et discerne la vraie Eglise pour la distinguer d'avec Pour discerner la vraie Eglise d'avec la fausse, pas que chaque chrétien soit assisté particulièi conduit intérieurement par l'Esprit de Dieu? Si pourquoi ne veulent-ils point que chaque fidèle de là même assistance de l'Esprit de Dieu pour di Parole de Dieu, d'avec la parole des hommes? Qi échapper ils disent que, pour connaître assuréme est l'Eglise orthodoxe et pure, il n'est point bes assisté de l'Esprit de Dieu, ne rendent-ils pas lei profane, et menée seulement par l'opinion, par la et par la 'raison humaine ?

Cependant, tout bien considéré, on trouvera qu< jugement de discrétion que Dieu donne aux fidèles cerner la Parole de Dieu d'avec la parole des bon le même jugement par lequel on discerne la vr d'avec la fausse , parce que celle-là est la vraie I croit et enseigne la vraie Parole de Dieu. QuicoDqi lo peuple doit discerner la vraie Eglise sans dit vfaie Parole de Dieu, dit choses contradictoire comme si je voulais qu'on reconnût qui sont les j connaître la règle de justice.

Sect. VIII. — Texte coté en la marge de la eotifeêsion. Pb. XII. fan. 7: Les paroles de l'Eternel sont paroles pures, c'est argent : t(6né au fourneau de terre,' épuré par sept fois. Ps. XIX, 8 et 9 : , La loi de l'Eternel est assurée, donnant sapience aux simples; les mandements de l'Eternel sont droits réjouissant le cœur; le commandement de l'Eternel est pur, faisant que les yeux voient. ' Pas un de ce*^ textes ne contient un seul mot de ce en confirma- ^ iion de quoi ils devraient être allégués, savoir est qu'il appartienne { tax membres de l'Eglise, plutôt qu'à toute l'Eglit^e, de discerner ri les vraiet d'avec les fausses Ecritures. Que s'ils sont allégués en % âoge et commandation de la Parole de Dieu, de quoi il n'est pas ^ qneatioo, c'est tromper le lecteur, lequel se se persuade qu'on ie.^ J|i lit cotés pour ce qui controversé, et de quoi il ne voit autre preuve 'jl ea la marge.

» DU MOULIN

^ Ces deux passages ne sont pas cotés en marge pour prou* ter une chose que nous ne croyons pas , et que le sieur Arooux nous attribue faussement, à savoir qu'il appartient IQX membres de TEglise, plutôt qu'à toute TEglise, de discerner les vraies d avec les fausses Ecritures. A prouver "^^ cela ne peuvent sef^iv ces passages; Ils srmt employés à prouver ces mots de l'article de notre Confession, que a ces » livres canoniques sont règle très- certaine de notre foi ; » qui est un point controversé entre nous et nos adversaires, '^E qui accusent TEcriture-Sainte d'insuffisance et d'obscurité, '^f et l'appellent une.pièce ou partie de règle, et une épéo à ^1 ^^^ mains, comme nous verrons ci-dessous. Au reste, ^f quel mal y a-t-il d'alléguer des passages sur des choses non controversées? Ne'peutron instruire sans disputer? .

ei

54 BODCtlER

Hé Tînterprétatioii de l'Eoritiirey «t flî l'Sglîse romaine eit a- ;^

terprète înfaîHîMe i et n c'est à chaque partionUer de fb- '^

' terpréter. '->

ARNOUX

Sect. XI. — Texte contraire. Saint Pierre, deuxième Eplfare, i^

cbap. I, vers. 20 : Nulle prophétie de l'Ecriture ne se fait par inter- ^

prétation particulière. C'est donc contre le commandement Apcw- j. tolique que chacun de vous entreprend de juger du vrai sens et intelligence des Ecritures, l'interprète k sa mode, et s'assure d'en être juge par esprit particulier; et jette pour fondement de tout ce

qa^il croira cette assurance défendue et présomptueuse. f^

Si

DU MOULIN

Le passage de saint Pierre ne contrarie point à l'article de , | notre confession. Saint Pierre, en ce passage, rejette les interprétations particufières ; mais eti ce quatrième article de notre confession, il n'est nullement parlé dlnterprétatioD, ni du sens ou intelligence de TEcriture. Cet homme ne prend pas bien garde à son fait. Et puis, à quel propos I imaginer les interprétations particulières, puisque nous les > condamnons aussi? Car tant s'en fauf que nous recevions pour lois les interprétations d'un homme particulier , que ^ même nous ne recevons point les interprétations d'aucune Eglise particulière, tant grande puisse-t-elle être , quand telles interprétations sont baillées pour règles infaillibles et sont égales en autorité à l'Ecriture-Sainte , comme sont les interprétations des papes et de TEglise romaine.

De vrai en nos prédications nous interprétons l'Ecriture , mais ne baillons point nos interprétations pour lois, et n'ap- . portons aucune interprétation de l'Ecriture que celle que l'Ecriture même apporte. Par ce moyen, ce n'est pas notre interprétation, mais celle que Dieu même a donnée.

Mais ceci mérite d'y insister un petit , et de faire voir en quoi diffèrent nos uiterprétations d'avec celles de l'Eglise romaine. J'y trouve cinq différences notabjes.

première est <}ue les interprétations de l'Ecriture is apportons sont tirées de l'Ecriture même; mais

romaine tire la plupart de.ses interprétations de la lOD écrite et de la tradition. Ainsi quand la Parole

dit : «Tu adoreras un seul Dieu, et â lui seul tu ser-

V l'Eglise romaine entend que l'adoration de latrie mt est ici réservée à Dieu, mais que cela n'empêche n'en adore les saints et les images, et les reliques, lion de dulie. Nais de cette adoration de dulie ren- . créatures, L'Ecriture n'en parle point. Aussi quand , aux Hébreux, cbap. IXetX, inculque si souvent que, a il est ordonné à tous les hommes de mourir une îDsi Christ s'est offert une fois pour ôter les pécbés,

une oblation faite une seule fois il nous a sancti-

l'Eglise romaine entend qu'il parle là du sacrifice t ; mais qu'outre ce sacrifice il y a un autre sacrifice iglant du corps de Christ, à savoir la messe; mais acrifice non sanglant du corps du Seigneur, l'Ecri- ;d parle point. Ainsi quand Jésus^Christ dit à saint

a Palsmes brebis, » l'Eglise romaine entend que cela à saint Pierre et à ses successeurs en la charge de

l'Eglise universelle, qui sont les papes de Rome, criture ne dit point que saint Pierre doive avoir des eursen son apostolat, conime aussi les autres Apô- D ont point eu ; et ne dit point que ses successeurs

être les évéqu&'de Rome. On en pourrait produire els exemples.

deuxième différence est que, quand nous tirons de re même l'interprétation d'un passage de l'Ecriture, .bortons le peuple à aller voir sur les lieux et lire re, afin que chacun reconnaisse si nos allégations aies et si nous'y procédons avec sincérité; à l'exemceux de Beroé , au chap. XVII des Actes, qui, après liî l'apôtre saint Paul, allaient conférer les Ecritures^ ivoir s'il était ainsi. Au contraire, les docteurs de romaine, interprétant l'Ecriture au peuple, ne veuint que le [leuple aille consulter l'Ecriture, laquelle, i pays où le pape est absolument obéi, est un livre ment défendu au peuple. Trouver en Espagne ou en

J*ï lOCCLItl

;taiitf inu Bible «M^no'e ou italienne entre les n •lime, est irt :a»b'-ù jbLe^iin cis d'ioqiiUition. J. Lj "-.i*ih?îv ::I^ren..'e est, que nous ne bi II'* ni^r:.-.'-jr:. ns :"ur l'i^. comme si noua élk -.r-i-* il ':i bif* : ec ce n "lî rendoos point jtip .rii,[*.— isi.. £.•; .J^>.<:i liions que dauï les passai 4e ï,-r::;7-. et njjjtit besoin d'interprétation, :i"'i:i ".u: ,ti ■^■; es; iirvessaire à uliil. ^u coolr . :»e -mj.iie m r.b e àèlrv juge infaillible du VT-t;ir.' a ie i- t'nrrd-s m ter prél allons depai ■ rte ^( er-wce .j e lEcr ture sainle. Cbose pro ;»;■' :■•* j..-.i:i.-- rs .î iTiHinels veuillent être jiigi J.v* -■. "■■* ijs •Li ; .' i.->ni-ernen' leur irirne! ■■.'.::.r-> >>;ii.'-.rf so.ent juges de la Ptrole par la' !-.*r.'H" ;-■*;* ij itn;:er jour, et au lieu que nos se ' ><i ■::.'« i(.:»ea: T';re »» ets à la Parole de Dieu, < ra.-.'ie *? Piec SL-:t assujèlie au sens et i l'intei •ji!\'K-i. l:: trii.Tï es: W:::ê d'être mal servi, si s -*.■«: :j:^r,Tv:es Je ses iviiimandements , et s'il ".i- ■(. * i<' .:.Tv i i-i.r nw'lre ; Tu nous as commai "j •» -..■. s i-"-' s ^ .e (--ia se doit ain-ii entendre. j« ;i.".. - Ji r:- i :i\ iii\ bommes, au lieu que les I s-.';».. ci> i'dtr' f .n. Ortainement , nui autre qi ■e ?■•■■; i:.:TiT .iis ir'erpretatûins à l'éditdu roiq ■ j.- e 'vr-.-e e! j;::or:te ^lio i'êdit du roi. Nullutrei] e :•«■ : jri--r!iT i IJ rjr^-ie de Pieu de* interprétit

JVI-: t.. j-; -e !,-ve et aulimiê que li Parole 4

^v-.T-,\ : J.t ■:-f * .; V i de* pri'lals qui « ' :(j .;.* ùe-jrjr/leJemeii.etp

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|u'i1 ne fût point coupable de TaToir transgressée; I sans doute donnerait des interprétations favoon crime.

I, outre l^impiété, Tabsurdité y est toute évidente; it que déférera l'Eglise romaine TautoAté de juge

du sens de l'Ecriture, il faut nécessairement être 'elle soit saine, bien sentante et pure en la foi. Auquel

si on entre par FEcriture, voilà l'Eglise romaine être jugée par l'Ecriture; ou si, pour savoir si l'Eaine est pure en sa foi, il s'en faut rapporter au ge de l'Eglise romaine même, la voilà juge en sa e n'aura garde de se condamner. Ainsi, quand il on de savoir quel est le devoir de l'Eglise., si en stion l'Eglise est juge, elle sera juge et partie, et itres lois que celles qu'elle se donnera elle-même; l'en l'interprétation deTEcriture, l'église grecque 3nne, et l'africaine, et la romaine sont différentes,

saura un artisan quelle interprétation est la meil- 1 même que les autres églises sont plus anciennes oiaine, et disent avoir la chaire de saint Pierre et ars Apôtres?

me en revenir là, que si on prend le mot de juger :erner , comme quand on juge des viandes par le ]ue fidèle doit demandera Dieu la grâce de juger et ler, et de reconnaître la vraie intelligence de l'Ecris si par juger on entend prononcer des arrêts et s définitifs et infaillibles touchant le sens de TElour y obliger la conscience d'autrui, il n'y a point s en ce monde qui aient cette puissance. Ce qui en TEcriture, et n'ayant besoin d'interprétation, int à salut; ou s'il y a quelques passages obscurs, xposés ailleurs bien clairement. Que s'il se trouve passage obscur qui ne puisse être éclairci par d'au- Bges, il vaut mieux en ignorer le sens que de faire !te avec autorité de juge ; car pour cette cause Dieu )u'en sa Parole il y eût quelques passages obscurs aucoup de clairs, afin que par les clairs il instruiiguorance, et que par les obscurs il éprouvât notre

58 BOUCL^Elt.

4. La quatrième différence entre les interprétations qne L nous apportons à TEcriture, et celles que TEglise romaine >f L apporte, est qu*ôn ne nous a point jusqiies ici accusés de 1.^ tordre l'Ecriture pour le ,gain , ni lui bailler un sens qui L serve à nous accroître en richesses ou en dignité mondaine, |,.

il' \

qui est un des grands maux de TEglise romaine. Uavarice et Tambition, ingénieuses à tordre et gêner TEcriture, ont trouvé des interprétations admirables. Au premier tome 46S conciles ï\ ^ a une décrétale attribuée à Anaclet, qui dit (|ue Pierre est appelé Cephas, c'est-à-dire chef, et tenant le principe de l'apostolat.^ En la session 9 du dernier concile de Latran , le Psaume 7i * est allégué où il est dit : « Tous L » les rois delà terre l'adoreront, et toutes nations lui servi- L » ront,» comme sicela était dit du pape. Et peu après est L attribué au pape ce que Jésus-Christ dit au chap. XXVHIde l saint Matthieu : a Toute puissance m'est donnée au ciel et L T» en la terre, o Le pape Boniface VIII, en l'extravagante 1^ Unam taneiam, montre que tous doivent être sujets du |^ pape, parce qu'il est écrit, Jean , chap. X : a II y aura une » bçrgerie et un pasteur. » Là même il prouve la supériorité du pape, parce qu'il est écrit : a Au commencement » Dieu créa le ciel et la terre. » Car il y a in prineipio au singulier, «t non in prineipi\$y qui est une belle observation. Là même il prouve qu'en la puissance du pape sont les deux glaives, à savoir le spirituel et le temporel , parce qu'au chap. XXII de saint Luc, les Apôtres ayant dit : a Voici » deux glaives, d le Seigqeur a répondu : « C'est assez. » A même fin il emploie ce que Dieu dit à Jêrémie, chap. I : « Voici, je t'ai établi aujourd'hui sur nations et sur royaumes.* Bellarmin, au livre contre Barklay, prouve la puissance du pape à déposer les rois, par ce qui est dit à saint Pierre : Pait mes brebis. Item, parce que saint Paul veut que « ceux » qui annoncent l'Evangile, vivent de l'Evangile. » Le « tue » et mange » de Baronius, employé pour inciter le pape i foudroyer et persécuter les Vénitiens, est une façon fériale d'interpréter TEcriture. On en pourrait produire qiille sem*^

< Cephas, id est caput et priucipium apostolatus. « C'est le 7î« en Hébreu.

ables, qui sont autant de confessions d'une mauvaise ase, puisqu'elle ne peut être défendue que par passages râ, et par des interprétations violentes et téméraires. Et . isi pourquoi l'Eglise romaine usurpe le titre de juge inilliblè du sens de TËcriture, afln que la raison qui défaut it suppléée par Tautorité; car telles preuves n'ont point i forces, qu'autant que celui qui les propose est redouté. 5. La cinquième et dernière différence est que nous ne luvons être accusés d'apporter des interprétations prônes et ridicules, pour exposer en risée l'Ecriture-Sainte, imine fait l'Eglise romaine. Le fécond concile de Mcée, je nos adversaires mettent entre les conciles universels, )inmande, sur peine d'anathème , l'adoration des images, t dit «qu'elles valent autant que l'Evangile.» Or, pour rouver une si détestable doctrine, les Pères de ce concile mènent plusieurs passages de l'Ecriture, avec un biais trange et une subtilité extravagante. Et parce que les ^noclastes se moquaient de ces allégations, le pape Adrien l dit un livre exprès, dédié à Charlemagne , ^ qui se trouve ubout du susdit concile , auquel il soutient tous ces pasâges comme bien allégués. Les Pères de ce concile avaient illégué pour les images ce passage du chap. IP des Canîques : « Montre-moi ta face , et me fais ouïr ta voix. » tem^ « Dieu a créé Pbomme à son image et semblance, » Genèse II). Item que a Abraham adora les Héthiens» Genèse XXUI]. «Que Mo!se adora son beau-père Jethro » Exode XVIII ). a Que Jacob bénit Pharaon » ( Genèse .Vil). Item, «Nul après avoir allumé la chandelle ne > la couvre du boisseau » (Luc. VIII, 16). Le pape \drien défend ces passages, disant : Reciè illud prolU" 'erunt, a Ils ont adroitement allégué cela, et valdè nimi$ Uque ptUchrè c(mtra eos qui imagines contemnunl diaerunl ooni lueemam sub modio, a Ils ont dit excellemment et de D bonne grâce contre ceux qui méprisent les imag('s, que • c'est mettre la lampe sous le boisseau. » Qui est l'homme qui ait quelque reste de liberté ou sens commun , qui ne déteste une telle profanation de l'Ecriture? et toutefois

* Tome 3, Conc. Editionis Colon., p. 205.

voilà los intorprétatîons de TEglise, c'est un conci parle et un pape qui défend ce concile.

Qui veut voir une horrible profanation des pasa TEcriture allégués connimeparjeu, qu'il lise ceux qui é des mystères de la messe , et des cérémonies de romaine : comme Innocent III , des Mystères de la le Livre des Cérémonies sacrées ; le Ratlonal de Dura let, de rinstruction des prêtres, Titelman, efc, trouvera TEcriture torse en un sens ridicule. Ils que Tautel doit être de pierre, parce qu'il est écrit erat Christus. Qu'on pose des cierges sur Tau tel, qu'il est écrit : «Je suis la lumière du monde. » prêtre baise l'autel, parce qu*il est écrit au Cai « Qu'il me baise des baisers de sa bouche. » Qu'il le dos au peuple , parce qu'il est écrit : « Tu me » par derrière ( Exode XXXIII, 23). Que le clerc q le prêtre se meut selon le mouvement du prêtre qu*il est écrit : « Là où je serai , là aussi sera mon » teur. » Que le prêtre lave ses mains deux fois, qu'il est écrit : AmpUus lava me ( Psaume L ). Q\ vêque en la messe change de souliers et de chai parce qu'il est écrit : « Déchausse tes souliers, car » est saint» (Exode III, 5). Avec pareille subti pape au jour de son couronnement épart une f de monnaie de cuivre sur le peuple, disant : «« » argent, ni or, mais ce que j'ai je te le donne. » Oil ligion est changée en comédie, ce n'est merveille si ture sert de risée et est tournée en un sens ridicule. E quant à l'interprétation que le père Ârnoux dit avoh de la main de l'Epouse de Dieu , c'est-à-dire (comni tend) de l'Eglise romaine; tellement que voilà la Pai Dieu dextrement alléguée, et Dieu dignement allié.

8î ITEglîse peut evreri et si l'Sglîie itmuûne a a

Tout cet abus est fondé sur cette présuppositioc l'Eglise ne peut errer ; c'est-à-dire que l'Eglise étant blée pour décider des matières de la foi, ne peut errei

position qui , coosidérée de près , so trouvera téméraire, sans raison et apparence, et contredite par Texpérience.

Car si par TEglise nos adversaires entendent TEglise des élus et prédestinés à salut, que saint Pierre en sa première Epttre, chap. il, appelle a la génération élue, » et que TApôtre, aux Hébreux, chap. XII, appelle aTEglise des pro~ > miers nés qui sont écrits dans les cieux ; » c'est une grande absurdité de demander si cette Eglise, assemblée pour juger des différends de la religion,peut errer, vu qu'elle ne s'as- . sembla jamais pour décider d'aucun point de la foi.

Que si par le mot « d'Eglise d ils entendent l'Eglise universelle visible, qui est l'assemblée de tous ceux qui font profession d'être chrétien^, il n'est pas moins absurde do demander si cette Eglise, assemblée pour juger des points de la foi, peut errer, vu que maintenant il est impossible fu'elie s'assemble, car elle est composée de pièces discordantes, à savoir : de l'Eglise grecque, de la romaine, de la syrienne, africaine, etc., qui sont églises particulières, séparées de communion. Car qui les assemblera? qui les accordera? qui sera arbitre du discord ? qui présidera en cette iBseroblée? vu que chacune d'elles s'attribue les perfections el éloges que Dieu donne à son Eglise en sa Parole.

Mais si par le mot d'Eglise nos adversaires entendent une Eglise particulière, comme celle de Rome , ou d'Antioche, ou de Constantinople , eux-mêmes confessent que chaque église particulière peut errer, et disent que l'Eglise de Jérusalem fondée par Jésus-Christ, et celle d'Antioche fondée ^ par saint Pierre, ont erré. J||

L'histoire sainte témoigne que l'Eglise d'Israël, qui sous^ r Ancien-Testament était la seule Eglise du monde, a souvent erré. Elle était idolâtre en Egypte (Ezech. XX, 7, 8). Le peuple au désert a adoré le veau d'or auquel aussi Aaron, le souverain sacrificateur, dressa un autel et lui publia une fête solennelle (Exod. XXXII). Saint Augustin, au livre des questions sur Exode, question 146, dit qu'Aaron seul était cause de tout ce mal. Urie, souverain sacrificateur, planta

^ Notanduin est qucmadmodum illud totuin malum quod populus iBdt ipsi Auroni tvibuatur.

un autel païen dans le temple de Dieu (2 Rois XYI). U estdit au chapitre XV du deuxième livre des Chroniques, qoe «plusieurs jours se sont passés en Israël sans fe vrai Dieu, » sans sacrificateur enseignant et sans loi,» ce qui ne peut être entendu des dix lignées révoltées de Talliance de Dieu: veut que peu après il est ajouté qu'ils se sontretournés à Dieu. Or, ces dix lignées ne se sont jamais converties. Jérémie, au second chapitre, versets 27, 28, reproche à TEglise de Juda qu'elle a eu autant de dieux que de villes ; et que les rois, les Facrificateurs et les prophètes ont dit au bois: «Tu )) es mon père,» qui est le langage des idolâtres. Il fait pareilles plaintes au chap. V, vers. 31, et chap. VI, vers. 14. Et Esaie, chap. LVI: «Toutes tes guettes sont aveugles, ils ne « savent rien, ils sont tous chiens muets. » Est mal aisé de Soutenir que les sacrificateurs et scribes, et pharisiens, qui tenaient les chaires et la succession ordinaire, n'aient erré en la foi , lorsqu'asserablés ils déterminèrent que a qui- » conque confesserait Jésus être le Christ, serait jeté hors de » la synagogue, » c'est-à-dire , excommunié (Jean IX, i2). Qui est une des causes, entre plusieurs autres, pour lesquelles Jésus Christ défend à ses disciples de se garder du levain de la doctrine des pharisiens, au seizième de saint Matthieu. Les enseignements desquels Jésus-Christ voulait qu'on gardât entièrement quand ils prêchaient en la chaire de Moïse, mais non quand ils prêchaient contre Moïse et .contre la loi, car cela n'est point une succession, mais un renversement de chaire et de doctrine. Entre lesquels Caîphe, le souverain pontife et chef de cette succession, jugea que Jésus-Christ était un blasphémateur et digne de mort (Matth. XXVl^. Quand donc le même prélat en Tonzièmede saint Jean, prophétisa qu'un homme devait mourir pour la nation, il ne prophétisa pas pour que la vérité inikillible fût attachée à sa chaire, mais Dieu Tinspira extraordinairement, afin que cette prophétie, par laquelle le prix et la vertu de la mort de Jésus-Christ est déclarée, eût plus de poids et d'autorité envers les Juifs, à cause de la qualité de la personne.

Si donc l'Eglise qui était la seule Eglise au monde, et les pasteurs qui seuls tenaient les chaires, sont tombés en er*

reur, est-il croyable que lorsque l'Eglise est divisée en Egliles contraires et en chaires séparées de communion, une Eglise particulière puisse présumer de ne pouvoir errer, et issujettjr toutes h'S autres à sa volonté? et ce sans produire ses privilèges, et contre l'expérience de tant de siècles et le jugement de toute Tanliquité?

Le concile Yl®, rassemblé au palais de Constantinople, au treizième canon condamne nommément TEglise romaine ie ce qu'elle rejetait les prêtres mariés, et au cinquantecinquième canon de ce qu'elle jeûnait le samedi. Ces pères donc ont cru que l'Eglise romaine pouvait errer.

Les Eglises grecque et romaine, jointes ensemble au second concile de Nice, n'ont-elles pas erré, quand en ce concile Plies ont déterminé sur peine d'anathème, que les images doivent être adorées et qu'elles valent autant que l'Evanple, et que l'image vaut mieux que la Parole? Où il y a en la traduction, « Major est imago quam oratio. »

Et après la mort du pape Pormosus, tant de fois déterré par ses successeurs, et tratné par la ville, et puis remis en !erre avec honneur, combien de conciles contraires esquels es papes ont présidé, faisant et défaisant les ordonnances [es précédents conciles? Et notez que là était question d'un K>int de doctrine, à savoir si le pape peut dispenser du sernent fait à Dieu, et si celui doit être tenu pour pape légiîme, qui a reçu le papat contre le serment qu'il avait fait le n'y jamais entrer.

L'Eglise romaine n'a-t-elle point erré au concile romain enu sous Grégoire VU, l'an 1076, où il a été déclaré et déini qu'il n'y aurait a point d'autre nom sons le ciel que ce- I lui du Pape, et que nul livre n'est canonique sans son au- I torité, et que tous les rois lui doivent baiser les pieds.»

L^Eglise romaine n'a-t>elle point erré au concile de Latran sous Innocent III, où est donné puissance au pape de déposséder les princes excommuniés de leurs terres et seigneuries?

Ou au concile de Constance tenu l'an 1414, où elle a déiflaré qu'il ne faut point garder la foi aux hérétiques, et

1 Plaiinê, Stella, Anastase^ LuitpranduSf Sigeber$f etc. ^ Baron, ilnnoi. , anno 1076.

qu'il est p(Tmls de les faire mourir apr^s leur avoir donné saufconduft? Et que vouloir que le peuple reçoive le sacremetil sous les deux espèces, à l'exemple de Ji^sus-Cbrist cl de Tancienne Église, est une témérité et une hérésie punissable par le bras séculier?

Ou au concile de Florence, tenu Tan i440, où est déterminé que le Pape peut ajouter au Symbole?

Oii au dernier concile de Latran, où les Saintes-Ecritures sont mises aux pieds du Pape, et lui appelé roi très-semblabl^ à Dieu? Où aussi est dit que tous les peuples lé doivent adorer, qu'il a toute-puissance au ciel et en terre, qu'il est le lion de Juda, la racine de David, le Sauveur de Sion, la Majesté divine?

tî'inalement l'Eglise romaine demeurera-t-elle pare et entière, lorsque, selon l'opinion de nos adversaires, l'antechrist abolira la messe? Ou au temps dont Jésus-Christ parle (Luc XVHl): «Cuidez-voiis que quand le Fils de l'hom- » ine viendra, ir trouvera de la fol en ia terre?»

Bref, se vanter de ne pouvoirerrér est un langage qui n'appartient qu'à Dieu, ou à celui qui se qualifie Dieu, que saint Paul appelle «fiis de perdition» (2Tbes.ll). Les Apôtres nese sont jamais vantés de ne pouvoir errer, encore que l'Esprit de Dieu les ait conduits en toute vérité. Quiconque dit: «Je ne » puis tomber par ignorance, » est pieça tombé par orgueil. Quiconque dit: «Je ne puis errer à interpréter les Ecritures, » ^e rend juge infaillible de la doctrine par laquelle un jour II sera jugé. Celui qui est tombé ne se relèvera jamais, pendant qu'il pense être debout. Il n'a garde de s'assujettir à aucune règle, puisque lui-niême pense être la règle, et n'y a ni richesses ni grandeur à quoi il ne puisse parvenir en là terre, puisque nul ne lui peut contredire. Même l'Ecriture deviendra peu nécessaire. Car qu'ai-je affaire d'étudier, si un homme qui ne peut errer me conduit droit au ciel? que si Dieu, afin que le peuple ne soit point séduit, a donné à ces prélats la vertu de n'errer point, c'est merveille qu'il ne leur a aussi donné la vertu de n'être jamais vicieux, puisque rien ne plante tant l'athélisme parmi un peuple, que la vie profane des pasteurs «qui réfute 6a tend contemptible la doctrine. Le canon « Si Papa i> en la quaràn-

lième distinction, nous enseigne cela en termes bien exprès: « Si le pape étant négligent de son salut et de celui de si» » frères, Inutile et lâche en ses œuvres, et outre cela faisant Y) le bien, cependant mène par troupes avec soi, premier o esclave de la géhenne , des peuples innumérahles, pour i> être tourmentés avec lui de plusieurs plaies, nul homme D ne présume de redarguer ses lautes: parce que celui qui » doit juger tous hommes, ne doit être jugé de personne, si v ce n^est qu'il soit trouvé se desvoyer de la foi. Ce langage est vraiment diabolique : et néanmoins celui qui pour flatter le pape a vomi tant d'impiétés, reconnaît franchement que le pape peut se desvoyer de la foi: sur quoi je me suis souvent ébahi pourquoi le Pape, qui se vante de ne pouvoir errer en la décision des doutes, s'abstient depuis quelques années de prononcer aucun jugement décisif sur les controverses qui naissent en TEglise romaine, notamment sur les questions du franc arbitre et de la prédestination, sur lesquelles les Jacobins et Jésuites d'Espagne sont en continuel estrîf.

Les appuis desquels on étançonne cette doctrine orgueilleuse tomt)ent à souffler dessus. On nous allègue qu'il est dit au deuxième de Malachie : « Les lèvres du sacriflcateur * «garderont la science et on recherchera la loi de sa bouche, - » d'autant qu'il est messager de T Eternel des armées. » liais ^ c^est un grand abus dé faire une promesse de ce qui est un j oommandement. Et de fait, ces mêmes sacrificateurs, aux- ' quels il est ici parlé, ont séduit le peuple et corrompu Tal- ^ ttince, comme il est dit au verset suivant.

Or allègue aussi que Jésus-Christ, au seizième de saint ^.. Hatthieu, a. promis que les portes d'enfer ne prévaudront '^. point contre l'Eglise; mais là, il n'est parlé d'aucune Eglise '^' farliculière, ni do la romaine, ni même de l'Eglise univere ^v Ml)e visible, laquelle encore que la puissance du diable ne d^\ fuisse eotièrement abolir, si est-ce qu'il prévaut souvent 7<^aiur elle en plusieurs façons, corrompant plusieurs par les ; x\^A Viees, séduisant les autres par hérésies, dissipant plusieurs ^î^tï'-nmiwes particulières par persécution. «La bête fera guerre ^i ^'y ^ttintset les vaincra » (Apocalypse Xlll). «L'Eglise s'ente ^^I^ devint le dragon rouxo (Apocalypse Xll). En ce çass^%çi

notre Seigneur parle de TEgliite deâ élus, (fui ne peuvent être séduits ni privés du saliit par les efforts du diable, comme enseigne Jésus-Christ (Marc XIII) que « f^ux Christ D et faux prophètes feront signes et miracles, pour séduire « même les élus 8*il était pos^«ible. »

Surtout nos adversaires font montre du quinzième verset du troisième chapitre de la seconde à Timothée , où TEglise est appelée o la maison de Dieu, colonne et appui de » vérité, m L'abus est en ce qu'ils prennent pour une perfection infaillible de TEglise, ce qui n'est qu'une description de son devoir. L'Apôtre par là nous enseigne que l'Eglise est étahlie en ce monde pour défendre et appuyer la vérité, mais ne dit pas qu'elle ne puisse manquer à son devoir. Ainsi, les fausses Eglises sont colonnes et appui de mensonges, mais de là ner s'ensuit pas qu'elles ne puissent jamais se convertir à !a vérité. Estimer que la vérité de Dieu est appuyée sur les hommes, est faire l'autorité des iiommes plus ferme que la vérité de Dieu. Au contraire, l'ApAtre, aux Ephésiens, chapitre deuxième, dit que o nous sommes D édifiés sur le fondement dès Prophètes et Apôtres. » Non pas sur les personnes qui étaient mortelles, mais sur leur doctrine qui demeure à jamais. Ainsi l'entendent les anciens. Chrysostôme, en THomélie onzième sur la première à Timothée:^ «La vérité est la colonne et l'appui deVEgli- » se.» Et Irenée, au premier chapitre du troisième livre'*: « Ils nous ont laissé l'Evant^ile dans les Ecritures, pour être » colonne et appui de notre foi. »

Nos adversaires même le disent sans y penser, toutes et quantes fois que sur ce passage et sur autres semhlahles ils fondent l'autorité de l'Eglise; car par là ils confessent tacitement que l'autorité de l'Eglise est fondée sur l'Ecriture, et disputent contre eux-mêmes sans y penser. Et est certain que quiconque (bnde l'autorité de l'Ecriture sur l'autorité de l'Eglise, ôte à l'Eglise le moyen do fonder son autorité sur l'Ecriture, et ne devrait Jamais alléguer l'Ecri-

* Evangelium in scripturis nobis tradiderunt, fundamentom et columnam fidei nostrae futurum.

[trre poi^r appuyer son Eglise: Ceini cnii fonde les muraile« «ar le fondement présuppose que ce fondement n^est point fondé sur les murailles ; ainsi si l'Efrlise est le fondement de la Parole de Dieu, elle n'est point fondée sur la Parole de Dieu. Pourquoi donc veut-on fonder l'autorité de l'EgYiâe romaine sur ce passage?

Au bout de tout cela, quand ils auraient obtenu que la Pdrole de Dieu est fondée sur TEglise, ils n'auraient rien gagné s'ils ne prouvent que cette Eglise est la romaine plutôt que la grecque ou syrienne, qui sont plus anciennes qne la romaine, et plus pures, et se vantent aussi de la succession de saint Pierre.

On emploie aussi à même fin les paroles du Seigneur, au seizième de saint Jean, vers. 13. «Quçnd celui-là sera D vemi, A savoir TEsprit de vérité, il vous conduira en tonte n vérité. » Cette promesse appartient proprement aux Apôr très, de laqirelle ils ont reçu Taccomplissemeat au jour de la Pentecôte, auquel le Saint-Esprit est descendu sur eux, qui leur a enseigné toute la vérité de la doctrine de salut. Et quand m^me cette promesse appartiendrait à l'Eglise, et serait perpétuelle à tous les siècles, si est-ce que par là n'est prouvée l'infaillibilité de TEglise : car Dieu, encore aujourd'hui, enseigne les Eglises les plus corrompues et hérétiques en tonte vérité, puisqu'à elles aussi s'adresse la Parole de Dieu » contenue dans les Saintes-Ecritures dictées par le Saint-Esprit. Dieu enseigne plusieurs en toule vérité, qui résistent à ces enseignements et adhèrent au mensonge.

Ils insistent aussi sur le passage du cbap. XVIII de saint ^latthieu : « Si ton frère a quelque chose contre toi, dis-le à » TEglise; s'il n'écoute l'Eglise, qu'il te soit commele païen et » péager. d Mais ce passage sera eiaminé ci-dessous, lorsque le sieur Amonx nous l'objectera.

Pour rinfaillibilité de l'Eglise romaine, ils allègiTent que Jésus a dit à saint Pierre (Luc XXll, 51) : « Simon, voici » Satan demande à vons cribler comme le blé, mais j'ai prié » que ta foi ne défaille point, n Notez que deux lignes après il prédit à saint Pierre qu'il le reniera trois fois ; dont appert que par ces mots Jésus-Christ le prépare à la tentation, et lui promet ne l'abandonner point, et ne permHtre

ARNOUX

Sbct. XI. Item aux Galates II, vers. 1 : c Depuis, quatorseani après, je montai à Jérusalem avec Bamabas, et pris aussi Tite* El y montai par révélation, et communiquai avec eux de TEvangile que je prêche entre les Gentils; même en particulier avec ceux qui sont en estime, a6n qu'en quelque sorte que ce soit je ne cou* rasse ou eusse couru en vain. »

Voilà encore saint Paul, aussi bien que saint Pierre, qui pm' damne formellement, et d'exemple et de parole, la persuasion intérieure du Saint>Erprit. Il a reçu du Fils de Dieu son Evangile, et est bien assuré qu'elle est canonique, et néanmoins il ne prend pas pour règle le Saint-Esprit qui le lui persuade vraiment, nuit le jugement du collège apostolique, et a révélation qu'il doit recourir à eux, et craint de courir en vain, s'il ne le fait.

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point que sa foi défaille. Ce qui montre que par le motie « foi » il n'entend point « la doctrine, » mais la fiance CD Jésus-Christ; et par le mot de a défaillir» il n'entend poîat errer en la doctrine, mais succomber par infirmité. Au rate que foit cela pour l'Eglise romaine? Tout ce qui est diti saint Pierre, ou qui est dit par saint Pierre, appartient^il au pape, comme : « Va arrière de moi, Satan, » et « iejà'tà v ni argent ni or, » etc; ou quand Jésus envoie Pierre me ses compagnons prêcher sans malette, sans argent et iaos provision? (Luc IX.)

DU MOULIN

Il est faux qu'en ce passage saint Paul condamne la persuasion intérieure du Saint-Esprit, et m*ébahis comment il est possible qu'un homme qui fait profession d'enseigner la théologie, ose nier que saint Paul ait été mu par passion intérieure de TEsprit de Dieu ; car au chap. XIII des Actes, vers. 9, il est dit que Paul était rempli du Saint-Esprit ; et ' même peu auparavant le passage qu'allègue le sieur Arnoux (Gai. I, 12), l'Apôtre dit qu'il avait reçu l'Evangile par révélation de Jésus-Christ, ce qui ne s'est pu faire sans que Jéêus-Chmi lui touchât le cœur de son Saint-Esprit, pour j

imprimer la doctrine de saint. Saint Pierre, au chap. l de sa première Epttre, dit que les apôtres ont précbé TFlvangile par le Saint-Esprit. Au chap. XYI des Actes, le Saint-Ei^prit défend à saint Paul de prêcher l'Evangile en Asie. Qu(^ si saiot Paul a pris pour régie, non la persuasion du Saint-Esprit, mais le jugement du collège apostolique, il faudra dire qu'il aura prêché trois ans sans règle, puisqu'il n'a communiqué a?ec aucun apôtre que trois ans après sa conversion ((ial. I, 7 18), où saint Paul dit que lorsqu'il a plu à Dieu de lui révéler son Fils, il ne revint point en Jérusalem vers ceux qui avaient été apôtres devant lui, mais s'en alla en Arabie. Trois ans après il monta à Jérusalem pour communiquer avec les Apôtres, non afin de recevoir ou apprendre quelque règle qu'il n'eût pas eue auparavant, mais afin que cette communication fût une profession publique de concorde, sans laquelle lui et les autres Apôtres eussent couru en vain, et leur travail eût été sans fruit. Non pas que je croie qu'aucun puisse sp servir aujourd'hui de l'exemple de saint Paul, pour se dispenser quelque temps de communiquer et conférer avec ses frères, sous ombre d'inspiration particulière ; car saint Paul avait des dons et prérogatives que nul aujourd'hui ne peut usurper sans outrecuidance.

Voyez Chrysoslôme sur le chap. l aux Galates, où il montre bien au long que saint Paul s'en alla à Jérusalem vers les apôtres, non pas qu'il eût besoin dé maître, vu qu'il avait déjà une pleine révélation de ces choses : « Mais » dit-il , « après tant d'excellentes actions, n'ayant en rien w besoin de Pierre, et n'ayant besoin de sa voix, vu qu'il » était égal à lui en dignité, pour ne rien dire davantage. y> '

ARNOUX

Sbct. Xn. — Bref, se peut-il faire que l'Esprit ce Dieu soit plus aMurément véritable dans le cœur de chaque particulier, que dans celai de l'Eglise, en laquelle il réside, et opère de commun accord et consentement?

9ÙVÙ, tsXêov yocp oîthv Iptariov,

DU MOULIN

L'adversaire, en ces mots, nous fait dire chose que nous ne croyons pas,. Que ceux qui croient cela lui répondent; et cependant qu'il fasse que les parties dont TEglise unîrerselle visible est aujourd'hui composée, comme l'église grecquQ* la syrienne, l'africaine, la romaine, soient d'accord, avant qu'elles puissent prononcer un jugement assuré. Au resfe, nul ne doufe qu'en une église orthodoxe, il ne faille déférer davantage au jugement des pasteurs assemblés qu'au mouvement d'un particulier.

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