‹ Bouclier de la foiChapitre 61 sur 68 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

cinquième évasion.

lième évasion que le sieur Arnoux nous impute os de calomnies confuses, il dit que nous attri- Eglise romaine choses qu'elle ne croit pas ; que ^eons les papes d iiljures; que nous rejetons le nal de TEcriture, c'est-à-dire l'hébreu et le grec ; lisons qu'un verset s'est glissé de la marge au nous rejetons la version commune reçue de tous que nous ajoutons à l'Ecriture et en rognons ; Drgeons des métaphores et impropriétés de phra- DUS attribuons à ironie ce qui est dit avec ser- \ nous attachons ung particule coadltloacLâlle i

un période pour la tirer de son sens absolu, et embrouillom trente passages clairs par un obscur.

Cette charretée de calomnies confuses, sans aucune preuve ne mérite point de réponse. Il est aisé de médire sans rien prouver; et crois que le sieur Arnoux a fait un ramas des crimes dont les docteurs de TEglise romaine sont coupables pour nous les imputer ; car nous avons vu en tout le livre du sieur Arnoux que partout il change notre créance, et nous fait dire choses que nous abhorrons autant que lui.

Il sait aussi ou doit savoir que les docteurs et écrivaios de l'Eglise romaine disent mille injures aux papes, et détestent leur vie et leurs actions.

Il sait aussi que l'Eglise romaine rejette le texte original de la Bible, qui est le grec et Thébreu, et lui préfère la version vulgaire , laquelle néanmoins est si corrompue , qu'à comparer la version vulgaire avec Thébreu, on dira qu'il n'y a livre au monde si mal traduit. Sixtus Senensis, bibliothécaire du pape , le reconnaît au septième livre de sa Bibliothèque, où il dit « que l'édition ^ vulgaire, qu'on dit être de B saint Jérôme, en plusieurs choses est différente de la té' » rite grecque. » Ce que Bellarmin reconnaissant est si éloigné* de nous accuser de rejeter le texte hébreu ou grec, qu'au contraire il nous a accusé d'en faire trop de cas , et d'y déférer par trop. «Les hérétiques» (dit-il} a en haine de » l'édition vulgaire attribuent trop à l'édition hébraïque; » car Calvin et Kemnitius veulent que tout soit examiné et » corrigé selon le texte hébreu. » Au contraire , il soutient que l'Ecriture hébraïque est corrompue en plusieurs lieux, et contredit à l'opinion de Jérôme et d'Augustin^ qui veulent

^ flitvr. si prima, Editionis VeMtŒyP» 921 tt 9SS. Vulgata editio quie Hieronymi esse dicitur in multis à grœca veritate dîstat.

* Bellar.t lib. % de Verbo Dei, cap. 2. Uaeretici hHjus temporis odio editionis vulgatse nimium tribuuiH editioni hebraicœ, etc. Eodem, eap. 2, § Bis ergo. Scripturas hebraicas non esse in universum depravatas opéra vel malitia Judseorum, nec tamea esse omoioo iutegfas. Cap. 11. Fontes Scripturanim anteponendi rivulis versionum , quando constat fontes non esse turbatos. Nimc autem fonttô niuitls \ocis luxbido^ tLxiet^ \%scl aiau ostendimus, ,

srsions latines soient examinées et corrigées par lébreu et grec ; car il veut que la version vulgaire rée aux textes grec et Lébreu, et qu'on ait re- L ruisseaux, parce que la source est trouble. Mais 'Eglise romaine qui ont quelque reste d'équité, et t que cette opinion mène à l'athéisme, et ne laisse irtain en la Parole de Dieu, se joignent avec nous, ïulement reprennent la version vulgaire , comme oensis sus allégué, mais aussi ont fait eux-mêmes msdela Bible selon le texte hébreu , comme saint , moine luquois, et Arias Montanus, espagnol, entre 1 desquels et celle qui est usitée en nos Eglises il y nde conformité. *

ï ce que le sieur Ârnoux dit que la version vulté reçue de tous les Pères, il montre qu'il n'a ja-

le nez dans les Pères; car en saint Augustin se nt deux mille passages de l'Ecriture allégués en ots qu'ils ne sont en la version vulgaire; et Tertul- ;rt d'une version différente de tous les autres; et

Jérôme plusieurs livres de T Ancien-Testament, ^ar lui fidèfement de l'hébreu, qui sont fort difféla version vulgaire. Bellarmin même , au chap. X ^me livre De Verbo Dei, dit que la version vulgaire ncé à être reçue en l'Eglise romaine du temps de l®^ c'est-à-dire six cents ans après Jésus-Christ. Augustin reconnaît que de son temps la diversité ons latines était infinie, au deuxième livre de la chrétienne, chap. XI.

tes ces choses, comme aussi dans les autres meimnies qu'il entasse, il montre qu'il ne sait ni ce \ disons, ni ce qu'il dit lui-même, et qu'il n'a aunaissance de Tantiquité ni de la nature de nos con-

; et eût fait prudemment s'il eût communiqué son personnes capables avant que le publier, au lieu re tout du père Gontier , sans autre examen , letite, s'il révivait, redemanderait ses plumes, et ieur Arnoux demeurerait dépouillé. •

roche qu'il nous fait de rogner de TEcriture , sans iuoi^ii comment, est malséant eu labovxcli^ ^i&

636 FUITf!:S ET ÉVASIONS

ceux qui rognent de la loi de Dieu ud commaudemeat eolier, savoir le deuxième, où le service des images est défendu.

Mais il est nécessaire d'insister sur le reproche qu'il dous fait . que nous attribuons à l'Eglise romaine choses qu'elle lie croit pas.

Pour éviter ce blâme, j'ai en la défense de notre Confession de foi contre le sieur Àrnoux tiré la créance de nos adversaires des conciles de l'Eglise romaine, et principalemeot du concile de Trente. Item des décrets et canons des papes et du texte mémo de la messe. Et où il y a du discord entre nos adversaires je ne l'ai point dissimulé, afin qu'une erreur qui ne convient qu'à une partie de l'Eglise romaioe ne fût imputée à tout le corp:^. Que si j'ai allégué quelques docteurs particuliers, ce sont quelques docteurs plus signalés, au front des écrits desquels Tapprobation des docteurs et des facultés de théologie est apposée.

Dans les controverses de la religion, imputer à la partie contraire choses qu'elle ne croit pas, c'est faire exprès la guerre à Dieu, et avoir peur que la vérité ne soit connue; c'est faire des controverses où il n'y en a point, comme si nous n'avions pas assez de vraies controverses sans en forger de fausses ; c'est confesser avoir mauvaise cause , et reconoattre la vérité de l'opinion contraire , puisqu'avant que la pouvoir combattre il la faut déguiser ; bref, c'est confesser que si on proposait véritablement l'opinion des adversaires, on ne pourrait Iqi contredire. Ou si quelqu'un fait cela sans malice, il montre qu'il a faute de sens commun de s'être contenté d'apprendre la créance de ses adversaires par les invectives de Leurs ennemis, ou par le bruit populaire, plutôt que par leur propre confession, dont advient que toute la dispute est une escrime en Tair qui ne frappe personne, et un fantôme de controverse imaginaire, forgé pour se tempêter à rencontre.

Cependant c'est ainsi qu'on nous traite aujourd'hui; car ceux qui écrivent ou prêchent contre nous nous noircissent de calomnies, et nous bâtissent une autre confession. En lisant les écrits de nos adversaires , nous penserions qu'ils écrivent conUe i\y\ç\v\vi^ ^w\.\^ \^l\%\ûvi <\iie la nôtre , n'é-

DU SIEU^ AfiNOUX. 637

le nous voyons notre nom au front du Hyre et daog res des chapitres. Quelques protestations que nous s que nous ne croyons rien de ce qu'ils nous font Is tiennent bon, et veulent nous persuader que nous is cela. Le livre du sieur Arnoux contre notre Gonà en fait foi, lequel change notre Confession sous om- ) la réfuter, tellement que, combattant ses propres inns, c'est à soi-même qu'il en veut, quoi je suis obligé de représenter en un tableau rai^- . quelle est la confession de foi que nos adversaires attribuent, et comment ils peignent notre religion le un monstre affreux qu'ils montrent au peuple pour aer.

$ieur Pierre Gotton , jésuite , a fait uo livre intitulé : Hion catholique. A l'entrée de ce livre, il a mis une ;e « à ceux de TEglise prétendue réformée » où il comi toute notre religion en vingt-huit articles, qui spnt

fue les enfants dçs chrétiens se peuvent sauver par la seule foi renls, sans être baptisés ; et partant que le baptême n^est d'abnécessité. ' *

Que le pain de la Cène est la ûgure du corps de Jésoa-Cbrist nent.

Que TEglise peut errer.

QuMl ne faut recevoir aucunes traditions.

Que les anges et les saints qui sont en gloire ignorent nos nj^* es, et ne peuvent ouïr nos prières.

Que les prêtres et religieux peuvent rompre leurs vœux.»

. Que le célibat n*a rien par-dessus le mariage.

II. Que les livres des Macchabées, de la Sapience, de TEccléque, de Tobie, les restes de Daniel et Barucb, sont apocryphes. . Que l!Àme du Fils de Dieu n*est point descendue aux enfitrs, en tirer les âmes des saints Pères qui attendaient sa venue, ou levant Tasceusion de Jésus-Christ les âmes des saints aient été 3s au ciel, non au limbe, ni autre troisième lieu.

QuMl ne faut confesser son péché qu'à Dieu seul. . Que la seule foi justifie.

I. Que quand la coulpe du péché est effacée la peiiiâ V^sV.%9\^%k. ill. Que Dieu n*a point créé tous les \ioaia\ft^^ ^^-^^^^^ ^&\Àv-

tkm, mtis qQ*il en * c>^ ^^^ vi'^ P^^^^^ ^^'^ sauvés, et les autres pour être damnés perpétueUoment.

XIV. Que cbacuD en son particulier n'a point son ange gardien.

Page 1