‹ Bouddhisme chinoisChapitre 120 sur 185 · XV. Cas choisis des deux formulaires · texte numérisé non relu

XV. Cas choisis des deux formulaires

beau rouge. — Le Bouddha qui passait par là, la vit de loin. QiTest-ce que cette chose rouge? demanda-t-il aux moines qui raccompagnaient. — C’est, lui dirent-ils, la case de T’an-ni-kia. Il s’était construit une hutte en branchages. Un individu qui cherchait du combustible, la lui a démolie. Alors, potier de son métier, il s’est construit une case en pisé, qu'il a fait cuire; de là sa couleur rouge. — Alors le Bouddha s'échauffant, chapitra T’an-ni-kia (absent) du haut en bas, et dit: Ce qu’il a fait là, c'est mal, c’est contre la règle, c’est contraire à la loi monacale, c’est une chose qu’un homme pur et réglé ne doit pas faire. Ne vous ai-je pas dit souvent, et avec quelle insistance, de ne nuire à aucun être vivant? Et voilà que ce T’an-ni-kia a fait cuire sa case (opération dans laquelle une multitude d’insectes ont péri)! Désormais quiconque fera pareille chose, sera en faute. Et maintenant allez tous démolir sa case, pour faire un exemple dont on se souvienne. — Obéissant à l’ordre du Bouddha, les moines allèrent démolir la case de T’an-ni-kia. — Quel mal ai-je fait, pour que vous me traitiez de la sorte? demanda celui-ci; pourquoi m’en voulez-vou^? — Tu n’as fait aucun mal, dirent les moines, et nous ne t’en voulons pas. C’est le Bouddha qui nous a envoyés pour démolir

ta case. — Tout ce que le Bouddha fait, est bien fait, dit T'an-ni-kia.

j .Cependant il fallait un logis à ce moine. Or, en ce temps-là, le gardien des matériaux dn roi Bimbisàra de Magadha, était un ami d’enfance de T’an-nikia. Celui-ci alla le trouver, et lui dit: Sache que le roi m’a accordé des matériaux pour bâtir; donne-les-moi ! — Si le roi te les a accordés, prendsles, dit le gardien. — Aussitôt T’an-ni-kia coupa dans les meilleurs bois, ce qu’il lui fallait pour construire une hutte, et l’emporta. — Or le préfet de la police ayant inspecté le dépôt des matériaux, s’aperçut que du bois avait i dispa/u, et en demanda compte au gardien. — C’est, dit celui-ci, le moine T’an-ni-kia qui l'a emporté, avec la permission du roi. — Si le roi lui avait permis de prendre des bois de peu de valeur, passe encore, dit le préfet; mais comment a-t-il pu lui permettre de tailler ainsi dans les bois de choix? —

I Mécontent, le piéfet de la police se rendit au palais, et dit au roi: Grand roi! si encore vous aviez permis à ce moine de prendre du bois de rebut; mais du bois de choix ! — Je n’ai rien permis de semblable à personne, que je sache, dit le roi; cette affaire est à examiner. — Le préfet envoya aussitôt arrêter le gardien des matériaux. Celui-ci fit savoir au moine, qu’il était arrêté à cause de lui, et le pria de venir le justifier au plus tôt. — J’y vais, dit T’an-ni-kia, qui se rendit au tribunal, et se tint devant le roi, modeste et I silencieux. — Est-il vrai, Vénérable, que je t’aie accordé des bois? lui demanda le roi. — Certainement, dit T’an-ni-kia. — Je ne m’en souviens pas,

I dit le roi; quand était-ce? — O roi, dit T’an-ni-kia, quand vous ôtes monté ; sur le trône, n’avez-vous pas prononcé solennellement les paroles suivantes:

je concède à tous les moines et brahmes de mes états, qui sont modestes et réguliers, le libre usage des herbes, des bois et des eaux. — J’ai prononcé ces paroles, dit le roi, mais en parlant des bois sur pied, qui n’appartiennent | à personne, (et non des bois façonnés, déposés dans les magasins royaux).

II Malheureux! lu mérites la mort. - Cependant le roi Bimbisàra se dit en lui- I même: Que moi, un roi de la caste des kshatriyas, ayant reçu Tablution I réservée aux protecteurs insignes, j’ôte la vie à ce moine pour quelques mor- I ceaux de bois, cela ne conviendrait pas... Il se contenta donc de dire son fait I à T’an-ni-kia, puis ordonna qu’on le laissât s’en aller libre. — Les officiers (I obéirent, puis murmurèrent contre le roi. Une simple réprimande, pour un

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