XV. Cas choisis des deux formulaires
dans ces dispositions, un certain Ou-li-kia-nau-t’i (un ermite forestier probablement) y vint* portant un sabre bien affilé. Un moine las des impuretés «le l’existence, lui dit aussitôt i Vénérable tue-moi! Je te lègue, pour ta peiue* mes habits et mon écuelle. — Ou-li-kia-nan-t’i accepta, et égorgea le moine. — Comme il lavait son sabre au bord de la rivière vois>ne, il éprouva comme un remords. A ce moment un démon du ciel de Mira1 , sachant ce qui se passait dans son coeur, vint se poser devant lui sur les eaux de la rivière* et se mit à le louer. «Ou-li-kia-nan-t’i, dit-il, ce que tu as fait, est très bien; Excellent homme, tu as acquis aujourd’hui uri grand mérite, en aidant ce moine a sortir de la vie » — A ces mots, le remords que ressentait Ou-Iikia-nan-t’l, s’évanouit, et l’envie lui prit d’acquérir de plus grands mérites. Reprenant son sabre, il retourna au couvent, et dit aux moines: «Ceux qui veulent sortir de la vie, n’ont qu’à le dire! « — Depuis lors* Ou-li-kia-nau-t’i égorgea chaque jour un moine, ou deux, ou davantage. Il en tua soixante eu lout, que personne n’ensevelit. Le couvent devint un charnier infect. — Enfin des gens venus pour faire leurs dévotions, s’aperçurent de Ce carnage. Ils eu furent scandalisés* et dirent: Ces disciples du Bouddha sont si féroces, qu’ils se tuent les uns les autres. Et ils prétendent être les dépositaires de la vraie loi! S’ils tuent leurs amis, que ne feront-ils pas aux autres? Rompons avec ces gens-là ! Désormais nous ne les saluerons plus, nous n’aurons plus de rapports avec eux... Et le mot d’ordre fut répandu dans le pays, d’interdire
aux moines les villes et les villages'2. Cependant les moines du pays
de Vaisali ayant été Convoqués par le Bouddha à une assemblée générale, celui-ci s’aperçut que leur nombre avait grandement diminué. Il constata spécialement l’absence de ceux qui étaient les plus avancés et les plus famés* et demanda à Ânanda: Pourquoi les moines sont-ils si peu nombreux? poUr- ! quoi les principaux manquent-ils à l’appel? — Alors Ânanda dit au Bouddha: I Vous avez si fortement parlé Contre l’impudicité, que tous ces moines ont pris en dégoût les impuretés de l’existence, et se sont fait tuer. -- Le Bouddha ordonna à A landa de convoquer les moines dans la salle des Conférences. Quand ils furent tous réunis, le Bouddha alla s'asseoir au milieu d’eux, et leur expliqua familièrement, que les mauvaises pensées devaient être réprimées (non par le suicide, mais» parla méditation * , laquelle pacifie et purifie l’âme* comme la pluie abat la poussière et le vent. — Quand il les vit éclairés, persuadés et remontés, le Bouddha fit convoquer le chapitre. Là il flétrit, en termes énergiques, la conduite des moines du couvent de P ouo-k’iou. Ils ont mal agi, dit-il. Ce qu’ils ont fait, est contre la régie, contraire à la loi monacale, indigne d’un homme pur et réglé. Peut-on être hôte, au point de se 1 faire ainsi égorger* à plusieurs?! — Quand il eut épuisé la kyrielle de ses invectives, le Bouddha conclut: Ce que ces imbéciles ont fait, d’autres I pourront être tentés de. le refaire. J’ordonne donc que désormais le texte suivant soit inséré dans le formulaire: Si un moine, délibérément, de sa proj pre main, prive un homme de la vie... Si, tenant uu sabre, il vante à Un autre i le bonheur de mourir, pour lui faire désirer la mort; eh lui disaut, que
1. Dixiéme ciel, scion les uns; ciel intermédiaire entre les cienx sensuels et les fieux contemplatifs, selon
les autres, plus justement. Mara et ses deVas, les t’ien-mouo devons célestes, sont des devas.
mais jouent, à l’égard du Bouddha et de ses disciples, le role de dénions, étant toujours occupes A les duper et à traverser leurs entreprises.
2. L’autorité indienne ne s’occupait des assassinats, (jde quand plainte était portée ; sinon, l’assassin, fût- o
un parricide, restait impuni.
3 Méditation affective encourageante et. consolante, ci rion pis craint»' stérile et découragée s*‘iilr»uiii. Mais de quel sujet les disciples du Bouddha pouvaient-ils tirer es tll’i'i tiou. ' .le Li Jileui celle question en son lieu.