‹ Bouddhisme chinoisChapitre 2 sur 185 · VII. Réaction pratique du Bouddha · texte numérisé non relu

VII. Réaction pratique du Bouddha

VIII. Hïnayàna et Mahàyàna, Véhicule inférieur et véhicule supérieur. Pseudo-Bouddhisme mystique (Amidisme), et tantrique (Tantrisme).

IX. Nomenclature des écoles bouddhiques indiennes et chinoises.

Nota : Le Bouddhisme n’est pas un fait isolé. Il est un anneau d’une chaîne. C’est dire qu’il eut des antécédents et des conséquents. La présente Introduction est consacrée à l’étude dt son origine et de son évolution. Pour longue qu’elle soit, elle ne contient rien d’inutile. Si le Bouddhisme est souvent mal compris, c’est faute de ces données.

Le «comparez» dont j’ai fait un assez fréquent usage dans les notes, ne signifie pas que j’affirme absolument l’égalité des termes mis en comparaison, ou que Pua soit certainement dérivé de l’autre. Je laisse le lecteur libre de juger. J’avcrue pourtant que, personnellement, je crois à l’origine indienne de bien des choses orientales et occidentales, pour cause d’identité et de synchronisme. Je sais bien que l’on a voulu expliquer ces simultanéités, par l’effet d’un soleil commun propice, agissant en divers lieux sur des cerveaux évolués à point, d’après une formule mondiale ou cosmique. Mais cette explication, qui rappelle trop l’incubation des poulets dans les couveuses artificielles, ne m’a jamais persuadé. Médecin, j’ai appris de mes maîtres, que, quand plusieurs cas identiques d’une affection pouvant se gagner d’homme à homme, se produisent simultanément, la présomption est pour la contagion; et je ne me résous à les croire sporadiques, que quand il me eonste de la non-transmission. J’applique volontiers ce principe médical, aux idées et aux croyances, les plus contagieuses de toutes les choses. D’autant que, se figurer le monde antique quadrillé de clôtures et de barrières, et les peuples parqués dans des récipients étanches, est une erreur qui a fait son temps. L’iiomme fut toujours curieux et remuant. La circulation, une circulation intense, est démontrée, pour les âges préhistoriques. Elle ne diminua pas, bien sûr, durant les temps historiques. Et dans ces contacts entre frères lointains de la grande famille humaine, on ne troquait pas seulement des denrées, j’imagine ; on échangeait aussi des idées, qu’on rapportait ensuite chacun chez soi. Car l’homme est homme par son intelligence, et imprime sa marque jusqu’à son négoce et à son métier. Sans doute personne ne relèvera jamais les étapes d’une idée portée de l’Inde à Alexandrie ou en Grèce, par quelque ancien colporteur qui n’a pas laissé de mémoires. Mais les idées circulaient, et sans payer aux douanes. Aucune des puissances qui commandèrent successivement le nœud des trois continents, ne les entrava. Seul l’Islam, au moment de sa brutale expansion, cassa pour un temps l'ancien monde en morceaux. Ce fut un épisode isolé, tardifet passager.

Indo-iraniens. Le Mazdéisme.

Consulter: C. Schoebel. Recherches sur la religion première de la race indo-iranienne, 1872. — Fr. Spiegel. Arische Studien, 1874, et autres ouvrages. — Ch. de Harlez. Etudes avestiques, 1870, et autres ouvrages. —

Introduction. I. Le Mazdéisme.

manu le mauvais esprit. — Principes physiques, disent les avocats de Zarathushtra; lumière et ténèbres, jour et nuit, vie et mort, veille et sommeil, action et repos, combustible et feu, feu et cendre, etc. Emportés par l’esprit de système, les disciples en firent plus tard lés principes du bien et du mal moral. — Hélas! les textes de la première époque cités plus bas, obligent, me paraît-il. à faire remonter l’erreur à l’auteur même du système. Le dualisme primitif me semble indéniable. Dès l’origine, deux principes causent, l’un le bien, l’autre le mal. En tout cas, et sans aucun doute, moins de deux siècles après Zarathushtra, les deux principes étaient hypostasiés en deux entités ennemies, personnifiés, et considérés comme les auteurs de tout bien et de tout mal. Le bon esprit Spehtü-mainyush était confondu avec Ahura- Mazda, Ormazd, le dieu bienfaisant. Le mauvais esprit Angrü-mainyush, Abriman, était devenu le dieu malfaisant, le démon. Dualisme équilibré provisoire, le mal et le bien se partageant le monde, Ahura-Mazda ne gardant qu'une prééminence de dignité 1 . Mais, à la fin des temps, le bien l’emportera, et Ormazd régnera sans conteste, Ahriman étant supprimé. Donc, une sorte de dieu unique et suprême promis, pour un temps à venir, après la fin de là création. Fut-il unique et suprême avant la création, si Zarathushtra le conçut vraiment comme éternel? A cette question, pas de réponse.

On a dit aussi que les Amshaspends, six grands archanges avestiques, membres du conseil d’Ormazd, gouverneurs de l’univers en sou nom, propagateurs de la vie et de la vérité, auraient été, dans l’idée de Zarathushtra, six qualités d’Ahura-Mazda. C’est possible, sinou probable. En tout cas ces qualités furent tôt personnifiées. — L’ange Srôsh, protecteur de l’église mazdéenne, juge des morts, guide des bonnes âmes, serait une personnification du culte avestique.

Ahriman a, lui aussi, sou conseil de six archidémons, les Darvands, personnifications des principaux vices; affablés, par esprit de vengeance, de noms de dieux védiques.

L’enfant était admis, à l’âge de quinze ans, dans la communauté mazdéenne, par l’imposition de la ceinture. — Premier précepte, conserver sa vie, don du dieu bon. Le suicide est un crime horrible, qui précipite en enfer. — L’âme doit çtre préservée de péché, et le corps de souillure. — L’agriculture était prescrite aux Mazdéens, comme un acte de religion, qui les distinguait des nomades impies.

Les textes avestiques parlent souvent de «deux intelligences », la première et la dernière. La première, c’est l'intuition innée de la vérité, don divin. La seconde, c’est la science acquise par l’instruction, acquêt humain. La première est supérieure, et donne seule l’intelligence des problèmes transcendants.

Le terme avestique « deux vies», a un double sens. H signifie, ou la vie

I. D’après le dogme chrétien, Dieu ne cause pas le mal, mais le permet, sans que sa gloire en soit diminuée. Les anges déchus, les démons, ne causent pas ron plus le mal, mais y instiguent. L’homme cause le mal, en abusant de son libre arbitre, en violant la loi morale.

Introduction. I. Le Mazdéisme.

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de l’âme et la vie du corps, ou la vie présente jusqu’à la mort et la vie future après la mort. — L’immortalité de l’âme, est dogme fondamental dans le Mazdéisme. Le feu ni l’eau ne détruisent l’homme, dit le texte, mais le portent dans l’au-delà. Le ciel, garû-demàna, la maison des hymnes, qui retentit du chant des anges, est la résidence d’Ahura-Mazda et des pieux Mazdéens. Dans l’enfer, drüjô-demâna, la maison de ruine, sont logés les adhérents de Ja religion védique, spécialement les Brahmanes, les ascètes et les poètes. Un pont, chinvad-pûl, le pont du jugement, passant par dessus l’enfer, donne accès au ciel. Tous y viennent, bons et méchants. Seules les âmes des bons peuvent le franchir. Les autres tombent dans l’abîme. — Les textes anciens parlent déjà d’une résurrection générale, sur laquelle des textes modernes s’étendent longuement. Après le triomphe d’Ormazd sur Ahriman, les damnés seront réhabilités, l’univers sera restauré. — D’autres .textes sont en contradiction avec les précédents. Ils disent que les âmes des morts, urvanô, fravashi ou fravardin, agissent dans la nature, protègent les hommes, et mendient d'eux des aumônes. Incohérences qui ne s’expliquent, que parlacoexistence d’un système religieux officiel, avec des croyances populaires indépendantes. — Le cadavre d’un mort appartenant au dieu mauvais, est un objet néfaste. Des influences mortelles s’échappent de lui, et pénétreraient par les orifices naturels du vivant qui le toucherait. Il ne peut être brûlé, car il souillerait le feu. Il ne peut être enseveli, car il souillerait la terre et l’eau. Il est donc exposé, par des parias entretenus à cet effet, aux chiens et aux vautours qui le dévorent. Ceux qui ont assisté un mourant, doivent passer par de longaes et minutieuses purifications, par l’urine de vache, par l’eau de pluie, par des fumigations et l’exposition aux rayons du soleil.

La voix de l’homme qui prie, est entendue au ciel, par Ahura-Mazda. Le meilleur talisman, c’est l’invocation de son nom: Ahmi yad ahmi Mazdâo, Mazda qui est celui qui est. «Si vous m’appelez par ce nom, de jour ou de nuit, je viendrai à votre aide; les esprits des eaux et des arbres, les âmes des justes défunts, iront â votre secours », est-il dit dans le Ormazd Yasht (texte de basse époque). Ce nom chasse les mauvais esprits, et rend les sorciers impuissants.

Le feu sacré, composé de feux pris à seize foyers différents, est entretenu jour et nuit. Il est le symbole et le médium d’Ahura-Mazda. Celui qui l’attise, se couvre la bouche, pour ne pas le souiller de son haleine. — Après un décès, aucun feu ne peut être allumé dans la maison devenue impure, durant neuf jours en hiver, durant un mois en été. La famille mange des aliments cuits par les voisins.

A Ahura-Mazda on offrait en sacrifice, sur une table, devant le feu sacré, une liqueur extraite du haoma, l’analogue du soma védique1; de l’eau, des gâteaux, du beurre, du lait, de la viande, et des poils du bœuf immolé. L’offrant tenait en main une verge de rameaux feuillus, le baresma ou barsom, auquel il est fait allusion dans Ezéchiel VIII, IG et 1 1.

1. Primitivement du vin de vigne, probablement. D’après les Brahmanes modernes, asclcpia aeida, on cynanchuin viminale, ou? Ils ne s’accordent pas.

Introduction. I. Le Mazdéisme.

Les Mazdéens rendaient aussi un culte à divers êtres ou forces personnifiés. Gëush urvâ (Armaiti), la fécondité de la terre. Ram, la respiration céleste, l'atmosphère. Anâbita, la fontaine céleste, les eaux d’en haut. Le j soleil et la lune. Tous les chefs (ratus) du monde visible et invisible, des saisons, des lieux, des monts, des eaux, des animaux. — Lors des grandes assemblées périodiques, on leur offrait des grenades, du beurre, du lait, du 1 pain, de la viande, en leur demandant leur bénédiction, des enfants, des bestiaux et des richesses. — Les esprits malins étaient tenus eu respect, à il force de conjurations et d’exorcismes.

Textes.

A. — Gâtha ahunavaiti. Texte très ancien. Hommage à Ahura-Mazda. — !

Lui Ahura-Mazda créa,d’abord, de sa propre lumière, la multitude des corps 1 célestes lumineux... et, par participation de son intelligence, les bonnes créatures gouvernées par un bon esprit. C’est toi, Ahura-Mazda, esprit toujours I existant, qui les as fait naître. — Quand mes yeux te contemplent (dans le feu, ton emblème), toi, essence de la vérité, auteur de la vie, qui manifestes I ta vie dans tes œuvres; alors je reconnais que tu es l'esprit primitif, toi Mazda, 1 sage auteur de l’univers, source du bon esprit.

B. — Gâtha ushlavaiti. Texte très ancien. Profession de foi. — O Ahura- Mazda, daigne me donner le bonheur, la vérité, le bon esprit!.. Je crois que tu 1 es le meilleur de tous les êtres, la source de la lumière de ce monde. Tout j1 homme doit se déclarer pour toi, ô Mazda, esprit bienfaisant. Tu as créé toute fi vérité et bonté, dans tous les temps, par ton bon esprit. Tu as promis longue |l vie, à ceux qui s’attacheront à toi. — Je crois que tu es le bienfaiteur suprême, j ô Mazda. Toi qui donnes des biens à mains pleines, au bon comme au méchant, par ton feu (principe vital) qui fait tout naître. — Je crois que tu es !j le rémunérateur suprême, ô Ahura-Mazda, cause de toute vie. Tu récompen- ; ses et punis les paroles et les actions, donnant des biens aux bons, infligeant * des maux aux méchants. Je crois entoi, ô Ahura, en vue de la vie future. — j? Moi Zarathushtra je m’opposerai aussi aux méchants, et j'aiderai les bons. ; ' Aussi longtemps que je pourrai te louer et te glorifier, ô Mazda, j’encourage- * rai ceux qui, rompant avec la vie nomade, s’établiront cultivateurs. — Je crois en toi, ô Ahura-Mazda. Donne-moi ton bon esprit. Que le bonheur s’al- ! lume pour moi comme cette flamme. Que le nombre des adorateurs du men- fi songe (védistes) diminue! Que tous viennent aux prêtres du feu sacré I! (Mazdéisme)! Ainsi, ô Ahura-Mazda, prie Zarathushtra, avec tous ceux qui JJ t’ont choisi pour leur chef, toi suprême bienfaiteur.

C. — Gâtha speîitâ-mainyü. Texte très ancien. Les deux esprits. — f Ahura-Mazda donne le bien et le bonheur à ce monde, par le bon esprit, qui I1 se manifeste dans les bonnes pensées, paroles et actions. — De son bon esprit, I tout bien est sorti, et a été révélé par la parole du bon esprit. Mazda est le l! père de toute rectitude. — Lui qui créa, par sa sagesse, le bon et le mauvais II! esprit, dans les pensées paroles et œuvres, il récompense ses fidèles, en leur I* donnant prospérité. N’est-ce pas toi, ô Mazda, qui es l’origine des deux esprits? — Quand apparaîtra, ô Mazda, l’homme puissant qui mettra fin aux

Introduction. I. Le Mazdéisme.

orgies (offrandes de soma des Védistes)? Cet art diabolique, rend leurs prêtres insolents (les Brahmanes), et le mauvais esprit qui régne sur leur pays, augmente leur insolence. — Ils ruinent les propriétaires, par leurs incantations, ces misérables, hostiles à tout bien, et qui n’aiment que le mal. Ils produisent les devas, par leurs pensées perverses. — Protège-nous, ô Mazda! Que les prières de tes fidèles nous protègent! Que les âmes des défunts combattent pour nous contre les mécréants! Protège, ô Ahura, le Mazdéisme, par ton bon esprit! Que les méchants soient relégués dans les enfers!

D. — Galba ahunavaiti. Texte très ancien. Exhortation aux prosélytes. Dualisme. — Vous qui êtes assemblés, je vais vous dire les paroles de Mazda, les louanges d’Ahura, les hymnes du bon esprit, la sublime vérité que je vois s’élever de la flamme sacrée. — Pour bien faire, il faut cultiver la terre et vénérer le feu. Chacun de vous, homme ou femme, a à choisir entre deux croyances (Mazdéisme ou Védisme). Descendants d’ancêtres illustres, comprenez votre avantage et joignez-vous à nous. — Dès le commencement, il y eut deux esprits jumeaux actifs, le bon et le mauvais, qui influencèrent les pensées, les paroles et les actions. Choisissez entre les deux. Soyez bons et non mauvais! — Ces deux esprits créèrent ce qui fut d’abord. L’un créa la vérité, l’autre créa le mensonge. Les menteurs (Védistes) auront à souffrir, tandis que les fidèles (Mazdéens) seront comblés de biens. — Il vous faut choisir entre ces deux esprits, le bon et le mauvais. 11 vous faut professer la religion des devas, ou servir Ahura-Mazda par des actions sincères. Car vous ne pouvez pas appartenir, à la fois, à deux religions. — Vivez de la manière qui vous servira pour la vie future. Le sage est là ou est la vérité. La vérité protège du mensonge, et défait le mauvais esprit. — Observez les préceptes donnés par Mazda lui-même aux hommes. Ils sont la source de tous les biens, le salut des croyants et. la perte des incroyants.

E. — Yasna heptanhaiti. Texte ancien. Abjuration du Védiste qui passe au Mazdéisme. — Je ne suis plus un adorateur des devas. Je suis l’ennemi des devas. Je vénère Ahura, je loue le bienfaiteur immortel. Je crois que tout bien vient d’Ahura-Mazda, qui est bon et possède tous les biens; qui est lumineux, glorieux, auteur de tout ce qui est bon, des forces de la nature, de la lumière des astres, de la vertu. — Je loue la culture de la terre. Je hais tout dommage causé à l’agriculture. J’approuve que les bons esprits qui habitent dans les bons animaux (les troupeaux), errent et paissent en liberté et sécurité (sans qu’on les enlève). Je loue la prière et les offrandes faites pour que les êtres vivants se multiplient en paix. Je ne causerai jamais aucun dommage aux établissements des Mazdéens, ni par violence, ni par magie. — Je renie les devas, auteurs de tous les maux, êtres vils et malfaisants. Je renie les hommes qui leur ressemblent, sorciers et magiciens. Je m’opposerai à eux, par pensée, parole et action. Je déclare publiquement n’avoir aucune part avec eux. Périsse tout mensonge ! — Comme Zarathushtra, éclairé par Ahura-Mazda, renia les devas et leur culte, ainsi je les renie, comme fit Zarathushtra. — Je suis du parti des eaux, des arbres, des forces de la nature; d’Ahura-Mazda et de Zarathushtra; des anciens prêtres du feu, qui disaient la vérité. Comme eux crurent, ainsi je crois.*— Je suis Mazdéen, disciple de Zarathushtra Je mets sa religion au-dessus de l’autre (Védisme). Je loue les

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bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions. — Je loue la communauté mazdéenne, qui défend ses membres contre les ennemis (nomades). Je loue le culte d’Ahura-Mazda selon Zaralhushtra, la plus belle et la meilleure religion qui ait jamais été et qui sera jamais. Tout bien vient d’Ahura- Mazda. C’est là ma profession de foi.

F. — Githa ahunavaiti. Texte très ancien. Contre les devas, le soma et les sorciers védiques. — Vous devas procédez du mauvais esprit, qui prend possession de vous par la liqueur enivrante (le soma), et vous enseigne mille moyens de tromper et de nuire. C’est inspirés par lui, que vous avez inventé ces formules magiques, odieuses au bon esprit. Méchants! Ahura-Mazda vous fera tous périr.

G. — Vendidad. Texte ancien. Contre les devas. — Et Zaralhushtra annonça à haute voix: Méchants esprits astucieux, je ferai la guerre, avec mes disciples, à vos adeptes, à votre corruption, à votre culte pervers. — Et les malins clamèrent: Ne nous fais pas la guerre, à nous qMe tes ancêtres ont adorés. — Et ils s'assemblèrent, pour tenir conseil, sur la cime de l’Arezüra. Ils délibérèrent, avec grands cris et giand tapage. Ils dirent, comment pourrons-nous faire mourir ce Zarathushtra, qui est l’ennemi des devas, qui détruit notre culte, qui découvre notre corruption et nos ru^es?— Ils crièrent ainsi, puis s’enfuirent, les malins, les méchants, au fond du monde des ténèbres, dans le puant enfer, dans le lieu de la fumée éternelle.

II. — Yasna EVIL Texte ancien. Hommage à l’ange Sr sh. Dualisme. — Nous louons Srash, le vrai, le beau, le vainqueur, le protecteur de notre territoire; celui qui, le premier de toutes les créatures, honora Ahura-Mazda, puis honora les archanges et les deux auteurs de toutes choses1 . Pour sa gloire, sa puissance, ses victoires; pour sa protection et son intercession, nous le louons et lui offrons l’eau sainte. Sois-nous propice, ô Srüsh victorieux! — Toi qui n’as jamais fermé l’œil, depuis que les deux esprits, le bon et le mauvais, ont créé le monde (et s’y disputent). Toi qui luttes, jour et nuit, conire les devas du Mazenderan (séjour des nomades). Toi qui protèges, de ton glaive, les habitations des hommes paisibles, durant la nuit, contre les destructeurs. Toi le protecteur de toutes les créatures de Mazda. — Toi qui habites le palais lumineux aux mille colonnes sur la cime du mont Alborz, protecteur du Mazdéisme, protège nos deux vies, celle du corps et celle de l’âme, ô SrJsh, contre les mauvais esprits.

I. — Fravardin Yasht. Texte du cinquième siècle avant J.C. environ. Ames des morts. — Ahura-Mazda dit à Zarathushtra: Je vais te dire la force, le pouvoir, la gloire des esprits protecteurs (Mânes). Par eux je soutiens les étoiles et les nuages: je protège tout ce qui est conçu, tout ce qui vit. Si les esprits protecteurs des bons n’avaient pas soin d’eux, bientôt tout serait détruit sur la terre. Ce serait le régne du mauvais esprit II s’emparerait de tout. Mais les esprits protecteurs luttent contre lui sans cesse. — Invoqueles, quand, en ce monde, tu seras en péril, dans une position critique.

1. I hwôreshlàra. Noter qu’ils sont cités après les archanges.

Introduction . I. Le Mazdéisme.

Prononce alors ces paroles victorieuses: Je vous loue et vous invoque, voiis esprits forts et bienfaisants, protecteurs des bons. Je vous loue, esprits des maisons, des villages, des villes, des pays* des communautés mazdéennes; vous qui soutenez le ciel, les nuées, la nature entière. Je vous loue, esprits protecteurs, vous qui, lors des offrandes d’automne (à partir du 19 septembre ), errez dans les villages durant dix nuits, attendant qu’on vous honore, qu’on vous prie, qu’on vous offre du lait et des habits. — Heureux celui qui les aura honorés et priés, ces esprits protecteurs; qui leur aura donné du lait et des habits. Dans la maison de cet homme, il y aura abondance d’enfants, de bestiaux et de richesses.

K. — Vendidâd. Texte ancien. Après la mort. — Créateur des résidences peuplées d’hommes, qu’arrive-t-il quand un homme a rendu l’àme? — Ahura- Mazda répondit: Quand un homme est mort, à la fin de la troisième nuit, avant l’aube, elle s’élève par-dessus les montagnes, vers le sud-ouest, et prend le chemin déjà suivi par tant d’autres, bons et méchants, le chemin du pont Chinvad, créé par Mazda. — Là sa conscience apparaît à l’àme, avec le registre de sa vie, de sa conduite dans les résidences peuplées d’hommes. Elle (la mauvaise conscience) fait tomber l’àme méchante dans les ténèbres. Elle ( la bonne conscience) fait passer le pont à l’àme bonne. Le bon esprit l’accueille. Les âmes bonnes vont joyeuses, chez Ahura-Mazda, chez les Archanges, au trône d’or, en paradis.

L. — Hâ jôkht Nask. Texte du cinquième siècle avant J. C. environ, développant le texte ancien précédent. — Zaralhushtra demanda à Ahura-Mazda: O Ahura-Mazda, esprit bienfaisant et véridique, créateur des résidences peuplées d’hommes, quand un homme bon est mort, que devient son âme? — Ahura-Mazda répondit : Elle reste près de sa tête, durant la première nuit, implorant la félicité, et déjà plus heureuse qu’elle ne le fut durant toute sa vie. Il en est de même durant la seconde et la troisième nuit. Vers la fin de la troisième nuit, avant l’aube, un vent parfumé emporte l’âme, à travers les fleurs et les senteurs. Alors une jeune fille lui apparaît, noble et belle... Qui es-tu? lui demande l’âme... Je suis, dit-elle, ta piété, ta vertu. Tu m’as produite, en toi, par tes bonnes pensées, tes bonnes paroles et tes bonnes actions. Tu m’as aimée. Tu m’as fait aimer et honorer. Tu as fait vénérer Ahura-Mazda l’adorable... Et l’àme, posant le pied sur ses bonnes pensées, fait un premier pas. Posant le pied sur ses bonnes paroles, elle fait un second pas. Posant le pied sur ses bonnes actions, elle en fait un troisième. Le quatrième la fait entrer dans la lumière éternelle... Là un saint, mort avant lui, lui demande: D’où viens-tu ainsi, du monde des hommes? Combien de temps as-tu souffert?.. Mais Ahura-Mazda l’arrête en disant: Ne lui parle plus du passé, à celui qui a franchi le passage de la mort... Et on lui verse une coupe du baume qui fait oublier toutes les douleurs passées... Ainsi entre, dans la félicité, l’âme de celui ou de celle, dont les pensées, les paroles et les actions, ont été bonnes; qui, ayant été bien instruit, a vécu vertueux. — Et l’âme du méchant, que devient-elle? demanda. Zarathushlra... Ahura- Mazda répondit: Elle erre, durant trois nuits, autour du cadavre, plus malheureuse qn’elle ne le fut durant toute sa vie. Vers la fin de la troisième nuit, avant l’aube, un vent infect l’emporte, à travers les ordures et les

Introduction. IL Védisme.' Brahmanisme.

puanteurs. [ Ici lacune dans le texte 1 . ] Le quatrième pas la fait entrer dans les ténèbres infernales... Là un damné, mort avant lui, lui demande: D’où vienstu ainsi, du monde des homines? Combien de temps y as-tu vécu?.. Mais Angrô-mainyush l’interrompt en disant: Ne lui parle plus du passé, à celui qui a franchi le passage de la mort... Et on lui verse une coupe d’un breuvage vénéneux abominable... Ainsi entre, dans la damnation, l’âme de celui ou de celle, dont les pensées, les paroles et les actions, ont été mauvaises; qui, ayant été mal instruit, a vécu vicieux. .

M. - Yasna XXX. Texte moderne (pehlvi). Dualisme. — Bénis soient l’Avesta et le Zend, donnés par A harmazd, qui guident dans l’obtention de la vie future. Les deux esprits, Ai. harmazd et le Malin, sont opposés l’un à l’autre. Le bien eu pensées paroles et actions vient de l’un, le mal en pensées paroles et actions vient de l’autre. Choisissez le bien, non le mal; Aühârmazd, non le Malin. — Dès la création, ces deux esprits agirent sur le monde, et abordèrent Gayomard (le premier homme). La vie vient d’Aûharmazd, la mort vient du Malin La malice des méchants est l'œuvre d’Ahriman, la vertu des bons est l’œuvre d’Afiharmazd. — Les méchants s’attachent au malfaisant Ahriman, les bons s’attachent au bienfaisant Auharmazd qui a fait le ciel et la terre Ainsi la discorde et la haine sont entrées dans la création. De là les sorts différents dans la vie à venir. La religion d’Aiiharmazd vous donne le moyen de triompher du mal. Dans la vie future, Ahriman sera énervé.

N. — Haoma Yasht. Texte moderne. Hommage à la liqueur haoma. — Zarathushtra dit: Hommage à toi, 6 Haoma! Qui d’abord t’a préparé? Quelle bénédiction cette préparation lui a-t-elle value? — Le Haoma ( personnifié) répond: C’est Vîvanhâo (le premier sacrificateur, non-homme, père du premier homme) qui m’a préparé le premier. El la bénédiction qui lui échut, ce fut la naissance de son fils Yima, qui régna sur la terre — Alors Zaralhushtra dit: Honneur à toi, ô Haoma! Bien fait es-tu, 6 Iktoma! De bonne nature, de belle couleur, ô Haoma! Donne-moi science, force et victoire Aidemoi à exterminer ceux qui troublent, ceux qui nuisent, les démons, les sorciers, les prêtres des idoles, les méchants, tous les êtres malfaisants. — O Haoma qui chasses la mort, donne la vie aux bous dans le paradis lumineux (après la mort), donne santé et longévité (en ce monde), sauve-nous de tous nos ennemis.

4. Le parallélisme absolu des deux parlies de celle pièce, permet de reconstituer ainsi le passade perdu : Ses vices personnifiés apparaissent à l’âme coupable, qui fait un premier pas vers la damnation sur ses mauvaises pensées, un second sur ses mauvaises paroles, un troisième sur ses mauvaises actions.

Védisme. Brahmanisme.

Consulter: A. Weber. Indische Streifen, 1868-1869. — P. Regnaud. Matériaux pour servir à l’histoire de la philosophie de l’Inde, 1876-1878. —

Introduction. IL Védisme „ Brahmanisme.

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A. Bergaigne. La religion védique, I&78-1883. — J. Muir. Original Sanskrit Texts. — Vedic Hymns, translated by F. Max .Müller and H Oldenberg, in Sacred Books of the East, vols XXX 1 1 and XLVI — Satapatha-Brabmana, translated by J. Eggeling, ibid vols. XII, XXVI, XLI, XLIII, XLI V. — Grihya-Sütras, translated by H. Oldenberg, ibid, vols XXIX and XXX. — Sacred laws of the Àryas, translated by G. Bühler, ibid, vols II and XIV. — The laws of Manu, translated by G. Bühler, ibid. vol. XXV. — A. Barth. The religions of India, in Tmbner’s Oriental Series. — P. Deussen. La philosophie du Véda, 1895.— A. M. Boyer. Elude sur l’origine de la doctrine du Samsara; dans Journal Asiatique, 1901. — H. Oldenberg, trad. V. Henry. La religion du Véda, 1903. — L. de Milloué. Le Brahmanisme, 1905. — V. Henry. Physique védique ; dans Journal Asiatique, 1905. — P. Oltramare. La théosophie brahmanique, iy07. — A. Roussel. La religion védique, 1909.

Le jour vint (vers 1500 au plus tard, probablement), où les dernières peuplades aryennes, les nomades pillards, adorateurs des devas, que nous connaissons, quittèrent aussi les plateaux de l’Iran, et prirent le chemin de l’Inde 1 . Descendus sur l’indus par la vallée du Cophès, ils traversèrent le fleuve, et gagnèrent le haut cours du Gange, qu’ils suivirent ensuite vers l’Est, refoulant devant eux les aborigènes dravidiens'2 3, ou se fixant parmi eux en groupes dominateurs qui les gouvernèrent. Ils étaient divisés en clans, ayant à leur tête autant de petits roitelets, qu’assistaient une noblesse guerrière les kshatriyas, et une caste sacerdotale héréditaire les brahmanes. Ils ne bâtirent d’abord point de villes. Leur mentalité parait avoir été superficielle, plutôt imaginative que raisonnable. Ils n’avaient pas d’écriture. Leurs poèmes sacrés, les Vedas, composés petit à petit entre 2000 et 1000, furent conservés longtemps par tradition orale seulement.

Les Vedas sont au nombre de quatre. — 1. Le Rig-Veda, collection d’hymnes et de dithyrambes, rarement élevés, souvent ineptes, s’adressant à l’aristocratie des dieux. — 2. Le Yajur-Veda, recueil liturgique. — 3. Le Atharva-Veda, rituel domestique, nous fait connaître la plèbe des petits dieux et des esprits malins, avec- les moyens de les gagner, de les apaiser, de les vaincre. Les bénédictions, conjurations, charmes et exorcismes, y abondent. — 4. Le Sama-Veda, recueil de mélodies, est accessoire, et de moindre intérêt*.

Après- l’an 1000, le sens des anciens textes commençant à se perdre, une nouvelle sorte de compositions surgit, en prose cette fois. Ce sont les Br.ihmanas, œuvre des Brahmanes, codification et explication des rils védiques de toute sorte, des coutumes et des usages; source de la théologie, de la philosophie et du droit de l’Inde.

1. Ils n’y entrèrent pas par l’Himalaya, comme on l’a dit parfois, par distraction sans doute.

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