V. Préceptes des novices masculins
Il faut donc plutôt se couper la main. 'que de s’approprier ce qui ne convient pas. Le novice qui enfreint celte règle, n'a pas ce qu'il faut pour son état.
3. Il est défendu à tout novice, pour la vie, de se marier, d'engendrer et d’élever des enfants. Les femmes doivent être évitées de loin. Les passions doivent être énergiquement bridées. Ne tixe jamais tes yeux sur un joli visage. Que tou cœur ne pense pas à des choses impures, que ta bouche ne prononce pas de paroles lascives. Que les tleurs, les parfums, les cosmétiques, les fards, n’approchent jamais de ton 'corps. Ne regarde jamais ces femmes impudiques, à la belle voix ( bayadère.>). bois bien résolu à le laisser briser les os, broyer le cœur, brûler tout le corps, plutôt que de consentir à des sollicitations impudiques. Mieux vaut mourir pur, que de vivre souillé. — Le novice qui enfreint cette régie, n’a pas ce qu’il faut pour son état.
4. La véracité, la sincérité, doivent être mises avant tout, par un novice. Pas de propos astucieux! Ne profère pas d’injures, ne parle pas à la légère, n’enjolive pas tes discours. Ne flatte pas par devant, pour mordre ensuite par derrière. Sois lent à accuser, et ne le fais jamais que sur preuves. Ne rapporte pas les défauts d’autrui. Quand tu prêcheras, expose fidèlement la doctrine, sans rabattre ni exagérer. Quand tu verras des gens qui se disputent, entremets-toi pour les accorder. Il en est du parler, comme de ces armes tranchantes, qui blessent celui qui les manie maladroitement. — Un novice qui ne veille pas sur ses paroles, n’a pas ce qu’il faut pour son état.
5. Il est défendu à tout novice, pour la vie, de boire, de goûter, de flairer même, une liqueur enivrante. Défense de veüdre des spiritueux. Défense d’en faire boire à un autre. Défense de prendre une aleoolature, à titre de médicament. Défense de s’arrêter dans un débit de vins. — Le vin est un liquide vénéneux. Il est la cause de toutes les ruines. Il a dégradé des Sages, et corrompu des Saints. Son usage éloigne tous les biens, et appelle tous les maux. Il cause toutes les consomptions et maladies de langueur, tous les péchés et crimes. Autant vaudrait boire du cuivre fondu, qu’une liqueur enivrante. Le novice qui enfreindrait ce précepte, n’a pas ce qu'il faut pour sou état.
6. Il est défendu à tout novice, de manier une arme ou un bâton, de prendre en main un instrument tranchant. Défense d’élever des animaux domestiques, ou d’encager des oiseaux (qu’on finira par egorger). Aller en char, à cheval, en palanquin, est déconseillé, car ces choses amollissent le
i cœur et éveillent les passions. Défense de galoper, de chasser a courre.
Défense de tirer sur les bêtes sauvages, soit à balles, soit avec des flèches.
I Défense d’incendier les hall iers des montagnes, car cela ferait périr nombre d’êtres vivants. Défense de faire écouler les lacs et les étangs, de barrer les cours d’eau, pour la même raison. La pèche, tant à la ligne qu’au lilet, est j interdite. — Tout novice qui manquerait à quelqu’un de ces points, n'a pas ce qu’il faut pour son état.
7. Il est défendu, à tout novice, de jamais jouer aux échecs, aux des, et autres jeux semblables, où on lutte à qui vaincra l’autre. Il est delendu de prendre part à des danses, à des comédies, à des chants. Défense de jouer
V, Precep^e$ (1£^ masct^l^ns.