‹ Bouddhisme chinoisChapitre 75 sur 185 · XII. Formulaire des moinen · texte numérisé non relu

XII. Formulaire des moinen

Rituel. Le premier cas, conservation d'une seconde robe durant plus de dix jours, est pris pour exemple.

En cas d’empêchement ou d’urgence, il suffisait de remettre l’objet, puis de dire sa coulpe devant trois, deux, ou même uu seul ancien.

Le moine se dessaisit d’abord de l'objet, en ces, termes: Vénérable chapitre, veuillez m'entendre. Moi, le rauine un tel, j’ai failli en gardant, durant plus de dix jours, une seconde robe qui m'avait clé confiée. Maintenant je remets cette robe au chapitre.

Puis le moine demande à dire sa coulpe, en ces termes: Vénérable chapitre, veuillez m, en tendre! Moi, le moine un lel, ayant failli en gardant une seconde robe durant plus de dix jours, je l’ai remise au chapitre. Mainlenant je prie le chapitre de vouloir bien m^dmeltre à dire ma coulpe, par pi lit» pour moi.

Ojdiuairement le chapitre n’écoute pas la coulpe, mais délègue un moine pour la recevoir. Le pénitent découvre alors son épaule druile, fléchit le genou droit, joint les mains, fait une inclination profonde, puis dit à ce délégué: Moi, le moine un tel, je vous prie, Vénérable, de vouloir bien entendre ma coulpe. Ecoutez-moi avec bienveillance. Moi, le moine un lel, j’ai failli en conservant une seconde, robe durant plus de dix jours. J’ai remis cette robe au chapitre. Pour être délivré de mon péché, je vous dis ma coulpe, en toute sincérité, pour retrouver la paix et me debarrasser du remords. Je n’ai rien dissimulé. Veuillez me remire la pureté avec le pardon. — Alors le délégué dit: Puisque lu t’es accusé loi-même, je pense (jue tu es converli. — Oui, dit le pénitent. — Et la cérémonie est finie. Il ne faut donc pas appeler »< absolution », comme font plusieurs auteurs, ce rit dans lequel aucun pouvoir n^est exercé par l’Ordre. La peine infernale est supprimée, par la î-éparalion et l'hamiliation, non par un acte de juridicliun.

Quand le rit se fait, non devant un chapitre, mais devant deux ou trois moines seulement, tout se passe de la môme manière. L'objet est remis. Puis un moine est désigné pour recevoir la coulpe. Les formulas sont les mêmes, le ternie 大德僧 Vénérable chapitre, étant remplacé par celui de 是 老 Anciens.

Toute cette procédure paraît assez édifiante. Mais là où il n’y a pas d'autorité, il ne saurait y avoir de force. La faiblesse morale du Bouddhisme apparaît ici, comme partout ailleurs. Finalement l’objet remis, est rendu au pénitent. Excepté les cas (11, lu2, 18) où cet objet est essentiellement prohibé, il doit lui être rendu. Si le chapitre ne le lui rend pas, les moines qui le composent sont tous en faute. L’ol〕jet est rendu, dans le chapitre mémo où la remise a été faite, ou dans celui du lendemain. Un subterfuge puôril sauve les apparences. Le chapitre donne l’objet, non pas au délinquant, niais à un bon moine, qui devra le lui remettre. Voici la formule rituelle de ce tour de passe-passe: Vénérable chapitre, écoatez-moi (dit le Cérémoliiaire). Le moine un tel ayant failli, en gardant une robe en réserve durant plus de dix jours, Ta remise au chapitre. Maintenant, si le chapitre le juge opportun, si ie chapitre l’agrée, je vais donner cette robe à un tel, à charge de la remettre au moine un tel. Que ceux qui sont contre ma motion, le disent; que ceux qui sont pour, se taisent... Personne n'a rien dit. J'eo conclus que le chapitre approuve. L’affaire est réglée.

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