‹ BouddhismeChapitre 104 sur 192 · Oldenberg'', p. 380; Oldenberg-Foucher-, p · texte numérisé non relu

Oldenberg'', p. 380; Oldenberg-Foucher-, p

DIVINITE DU DOUDDHA

plénitude du Dieu très puissant et très bon... le Maître devient ainsi le Médiateur... Son essence s'élève en dignité métaphysique jusqu'à s'identifier avec l'essence de Dieu... Les conditions que suppose une telle évolution n'existaient pas dans le cas du Bouddha et, par suite, rien d'analogue ne s'est produit autour de sa personne. La croyance aux anciens dieux [du Veda] avait disparu devant le panthéisme de la doctrine de l'Atman [le souffle universel, l'être en soi], et l'Atman, dans son éternel repos d'être unique et universel, n'était pas un dieu qui pût, par compassion pour la race humaine, intervenir elficacement en sa faveur. 11 n'était pas d'ailleurs jusqu'à cette croyance en l'Atman qui n'eût pâli. L'empire de ce monde soupirant vers la délivrance n'appartenait plus à un dieu; il était passé à la loi naturelle de l'enchaînement nécessaire des causes et des effets^... Çâkyamuni ne pouvait pas être un sauveur d'origine divine, car ce n'était pas d'un dieu qu'on attendait le salut... Aucune supériorité métaphysique ne devait le placer de par sa naissance au-dessus des autres êtres ; seulement plus grand, plus puissant dans ses efforts, il lui était réservé de découvrir le chemin sur lequel les autres n'ont plus qu'à suivre ses traces. »

1. Celte loi est le principe cardinal de la métaphysique et de la morale bouddhiques, voir ci-dessus, p. 175.

M. Oldenberg explique très bien comment les moines, professionnels de la délivrance, désabusés des dieux et même du Dieu-Tout, confiants dans la discipline du renoncement, n'ont pas senti le besoin de déifier leur Maître. Et c'est pour cela que la Communauté est, comme nous l'avons vu, « irréligieuse ». D'ailleurs, il est trop clair que manquaient dans les antécédents du Bouddhisme et dans la carrière de Gautama les données, juives ou évangéliques, qui firent que les chrétiens adorèrent en Jésus le fils de Dieu, Dieu lui-même. — Mais on peut se demander si de fortes croyances monothéistes sont favorables à l'adoration d'un homme-dieu; si, au contraire, le polythéisme hindou n'offre pas un champ merveilleusement propre à l'apothéose. Nous nous souviendrons des avertissements de Garrez, de MM. Barth et Senart', des leçons que nous a données M. Oldenberg dans ses beaux travaux sur le Veda, des suggestives observations de Sir A. Lyall : il est certain que toute la religion de l'Inde ancienne n'est pas enfermée dans les Upanisads ou les Brâhmanas, dans la tradition sacerdotale, ritualistique ou gnostique, des brahmanes.

Le Bouddha ouvre le chemin du nirvana aux spirituels qui cherchent la délivrance de la douleur par une méthode strictement pénitentiaire

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