‹ BouddhismeChapitre 116 sur 192 · TRANSFIGURATION · texte numérisé non relu

TRANSFIGURATION

monde ou jusqu'au ternie de cet âge », et jusqu'à trois fois il répéta ces mêmes paroles. Mais Mâra le Mauvais possédait le cœur d'Ananda et « si claire et propice que fût l'occasion », le disciple n'en profita point. Lorsque son oreille et son esprit s'ouvrirent, il était trop tard : le Bienheureux avait renoncé à dépasser la limite de la vie humaine. Ce récit figure dans tous les canons, dans celui même des Presb ytres, si rationalistes ' . Avant de mourir de dysenterie, — maladie provoquée par un mets mystérieux, porc, champignons ou poison, on discute, mais je crains fort que cet aliment soit mythologique^, — Çâkyamuni manifesta sa gloire : sa peau resplendit comme de l'or vif et le brocart dont Pukkusa l'avait revêtu en devint sombre. Cette manière

1. Mahâparinibbfina, iii, 3 et 45 (= Dïgha, II, pp. 103 et 117); Milinda, p. 140 (trad. I, p. 198); Kathâvatthu, xi, 5, et nos Conciles Bouddhiques, i, p. 29 (= Muséon, igoS, p. 29). Sur la durée de la vie des Bouddhas et leur distribution au cours des âges cosmiques, voir Digha, II, p. 3 et Oldenberg^, p. 384, note.

Une donnée très curieuse sur la durée de la vie des Bouddhas nous est fournie par le document obscur déchiffré récemment par MM. Sieg et Siegling (Acad. de Berlin, 1908, 16 juillet). On attribue généralement à Çâkyamuni une vie de 80 ans, 35 ans avant l'acquisition de la dignité de Bouddha, !\a ans d'enseignement terminés par le nirvana. D'après la nouvelle source, qui donne ces deux derniers chiffres, il faut ajouter !^o ans depuis la fin de l'enseignement jusqu'au nirvana.

2. Voir Senart, Légende, p. 331 et suivantes; Milinda, trad. I, 244, note; Fleet, J. R. A. S., 1096, p. 881; Neumann, die Reden (Majjhima), I, p. xix; Watters. Yuan Chivangs, II, p. 27; voir ci-dessus, p. 39, note.

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de transfiguration se produit deux fois dans la carrière des Saints : la nuit où le futur Bouddha devient Bouddha et la nuit du nirvana^. — La littérature canonique admet en effet que les Bienheureux dissimulent leur vraie nature à tous les êtres : « Il y a », dit Çâkyamuni, « huit sortes d'assemblées : nobles, brahmanes, bourgeois ou maîtres de maison, ascètes, dieux compagnons des quatre gardiens du monde, dieux du groupe des trente-trois dieux, dieux du monde de Màra, dieux du ciel de Brahmâ, Avant d'entrer parmi eux je fais que mon aspect soit semblable au leur, que ma voix soit comme la leur; je les instruis, je les éclaire, je les réjouis de mon enseignement de salut. Mais ils ne me connaissent pas tandis que je leur parle : « Quel est cet être qui nous instruit? un dieu ou un homme? » Ainsi pensent-ils. Et quand je disparais après les avoir instruits, ils ne me connaissent pas davantage : « Quel est celui qui a disparu, un dieu ou un homme^? »

Quoi qu'en dise l'auteur de cette belle page, extraite du « livre du nirvana », vénérable entre tous et si plein déjà de l'esprit du Grand Véhicule, Çâkyamuni n'a pas dérobé à nos yeux sa sublime dignité, et d'ailleurs il a pris soin de nous raconter sa préhistoire. Pour les rédacteurs des

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