Voir ci-dessus, p
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mortels soit capable d'épuiser ce savoir et d'en mesurer l'étendue. La bodhi, ou illumination qui fait un Bouddha, doit être une gnose ineffable. C'est un blasphème de supposer que Çakyamuni a pu l'acquérir à la hâte durant la nuit sainte qu'il passa sous l'Arbre. — C'est une étrange illusion d'enfermer cette gnose dans les petites formules des quatre vérités et de l'enchaînement des causes : comme nous l'avons vu, la dialectique, dans certains cercles de la Communauté, a ruiné l'ancienne philosophie phénoménaliste. La nouvelle école, qu'elle enseigne le « vide » ou affirme l'existence de la seule pensée, favorise des conjectures mystiques sur la nature de là chose en soi que le Bouddha seulpeut connaître. Les termes qui désignentla vérité ou réalité suprême, — identité {lalhatà)^ vacuité, perfection de la sagesse, élément nirvana^ élément loi, corps de la loi, matrice des Bouddhas, — flottent aux confins de la métaphysique, de la mystique et de la dévotion. L'homme ne peut pas « réaliser » leur profonde signification, mais du moins enveloppent-ils la bodhi d'un halo de mystère. — Aussi pense-t-on que l'enseignement traditionnel est provisoire, préparatoire, insuffisant au salut; que les sages suivant l'ancienne formule, étrangers à la suprême théorie du « vide », ne sont pas même sur le chemin qui conduit à la