Bodhicaryâvatâra, viii
284 CARRIKRE DU HODHISATTVA
Varhat^ c'est le futur Bouddha qui passe d'existence en existence pour sauver toute créature, qui prodigue le bon enseignement, qui donne sa chair à manger aux tigresses affamées. — Il devient évident, pour une partie de la communauté bouddhique, que tout savoir et tout mérite sont insuffisants au salut, excepté le savoir et le mérite du Bouddha; ce savoir et ce mérite, c'est la double tâche à remplir, le double « équipement » , sambhâra^ dont il faut se munir pour arriver au terme.
L'enseignement primitif, apparenté aux spéculations des Upanisads, plaçait le salut [nirvana) très proche du fidèle, dans la vue de vérités simples, dans l'exercice de méditations faciles, dans l'ataraxie familière à tout ascète et, en quelque mesure, à tout Indien.
On devient aisément, trop aisément, un « délivré-vivant » ! Parfois il suffit, comme à Gautamï la Maigre, désolée d'abord de la mort de son enfant, de se rendre compte que « les morts sont plus nombreux que les vivants », et d'accepter la sentence inévitable. Une fois persuadé de l'universelle décadence des choses, le moine est saint et comme en dehors de l'humanité '.
Un idéal supérieur à cette conception égoïste et puérile de la sainteté devait tôt ou tard se