Bodhicaryàvatâra, v
336 CARRIKRF, DU BODHISATTVA
milliers de siècles, jouir des cinq plaisirs sensibles sans que le vœu de devenir Bouddha soit amoindri. — Ces jouissances ne vont pas sans quelques péchés (qui en doutera ?) : mais le Grand Véhicule est « une discipline de rémission des péchés ». L'excès de tristesse, de remords, de crainte, est sévèrement interdit, car il entraîne découragement, mécontentement, aversion. Le Bouddha, dans sa miséricordieuse clairvoyance, a prévu nos chutes inévitables : aussi nous a-t-il donné le remède. En récitant à midi les formules d'hommage aux Bouddhas, de confession et d'universel amour, le fidèle efface tous les péchés qu'il a pu commettre depuis l'aube. Les prières du soir purifient des souillures de l'après-midi; les prières du matin des souillures de la nuit. En renouvelant trois fois le jour les saintes pensées de sa vocation, le futur Bouddha reste toujours digne de l'amour de ses Maîtres divins, il ne fait pas tache « dans la famille sans tache des fils du Bouddha ».
On dirait, en langage chrétien, que le fidèle du Grand Véhicule est, de par son vœu, en état de grâce, et que d'innombrables saints ou vénérables iyandya)^ au premier rang les trentecinq Bouddhas dits de confession, l'accablent de grâces actuelles. Mais cette comparaison est décevante, car les textes affirment en pro-