‹ BouddhismeChapitre 16 sur 192 · Les Mahâsânighikas · texte numérisé non relu

Les Mahâsânighikas

3. Chantepie de la Saussaye. — Ceci est du pur roman; voir Oldonberg, Le Bouddha, sa fie, sa doctrine et sa communauté, trad. Foucher, pp. 335 et suivantes.

les aphorismes parfois naïfs d'Edmund Hardy, avec les aperçus subtils, mais « very génial », de M. Rhys Davids, avec les conjectures presque toujours très nuancées de M. Oldenberg. Celui-ci, notamment, signale l'absence de tout organisme central dans l'ancienne Communauté, montre les procédés de formation des livres disciplinaires, constate que des textes comme le « livre du Nirvana » {mahâparinibhànasutta^ récit des derniers jours de Çâkyamuni), ne peuvent pas avoir été « chantés » au premier concile en raison du merveilleux qui y occupe une place importante; — et il conclut que le récit du premier concile est une fiction. Mais, à son avis, dès avant le deuxième concile (377 avant J.-C), les ouvrages mis par écrit trois siècles plus tard ont constitué une sorte de bibliothèque orale paginée et reliée, — non seulement les «discours » du Bouddha ou les traités de discipline, mais encore les commentaires de ces traités, bien qu'ils trahissent, au dire de INI. Kern, une déplorable inintelligence des textes qu'ils glosent. Et s'il croit pouvoir formuler un jugement aussi catégorique, c'est surtout parce que les livres de discipline ne font aucune allusion aux diverses « nouveautés » que les « Pères » du deuxième concile sont censés avoir condamnées. Pour expliquer ce silence, il faut, d'après lui, admettre

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que les textes étaient déjà fixés sous une forme canonique et désormais à l'abri de toute interpolation'.

M. Oldenbergcroit encore que les livres pâlis de « métaphysique » sont antérieurs à Açoka, que le plus récent a été promulgué, comme le veut la tradition de Ceylan, au concile de Patna.

Je ne suis pas disposé à tant accorder! L'argument a silentio me paraît dépourvu de toute valeur 2. Toutes ces légendes de Vaiçalï et de Patna, les listes des rois et des patriarches, les deux Açokas ou l'Açoka dédoublé, les témoiiJfnaffes sur les anciens schismes constituent un écheveau mêlé à plaisir. Personne ne le débrouillera sans couper beaucoup; personne ne conciliera les indications chronologiques contradictoires. L'authenticité des Ecritures est bien mal assurée si leur ancienneté doit être établie par des déductions purement verbales et soutenue par cette armature fantaisiste.

Beaucoup de points offrent des difficultés qui ne sont pas toutes apparentes.

1° On a cru longtemps que les «discours » du Bouddha, ou Siîtras, portaient la marque extérieure de leur origine. Voici, en effet, la formule stéréotypée qui caractérise ces documents :

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