‹ BouddhismeChapitre 178 sur 192 · Fujishima, Bouddlthmc Japonais, p · texte numérisé non relu

Fujishima, Bouddlthmc Japonais, p

THÉURGIES TANTRIQUES Sç^S

la sagesse » {bhagavati Prajïiâ pâramitâ)\ divinité quelconque unie à son épouse. Le fidèle, identique au Bouddha dans son essence, doit et peut s'assimiler aux formes célestes ou démoniaques que revêt illusoirement le Bouddha et qui sont l'indispensable acheminement vers la restauration de la nature vraie et permanente. Il lui suffit pour cela de se faire le corps, la voix et la pensée d'un dieu bouddhique, de tous les dieux entre lesquels se partagent et se diversifient les attributs de l'unique Bouddha. Et l'autosuggestion, servie par la magie, est évidemment eflicace dans ce grand œuvre puisque rien n'existe que la pensée, que notre pensée. Tel est, à proprement parler, leTantrisme bouddhique: une méditation, une théurgie, dans laquelle et par laquelle l'ascète se reconnaît comme le Bouddha et s'adore comme tel.

Cette théurgie tire parti, et c'est sa forme la plus décente et la plus orthodoxe, d'une discipline que le vieux Bouddhisme avait héritée de la préhistorique théosophie, la suppression ou la réglementation de la respiration. A l'origine, c'était peut-être un simple procédé d'hypnose, une recette d' « hommes de médecine » à la manière des sauvages, — tout comme la manie fâcheuse de fixer le regard sur le bout du nez.

1. Voir les textes cités dans notre Bouddhisme, Etudes et matériaux, p. 144.

Les brahmanes, identifiant l'âme individuelle, c'est-à-dire le souffle, avec l'âme du monde, réalisent l'intuition suprême en concentrant les souffles vitaux dans le lieu où réside l'éternel Brahma, à la pointe du cœur, ou en leur frayant un chemin vers l'empyrée par un canal mystérieux qui va du cœur au sommet du crâne. Çakyamuni et le Petit Véhicule virent surtout dans ces pratiques une méthode de recueillement. Les docteurs des Tantras, mi-mahâyanistes', mi-hindous, développèrent dans les Tantras dits « de l'union » [yogataniras) un système compliqué qui met les cinq souffles vitaux en relation avec toutes les pentades mythologiques, mystiques et cosmologiques. Une fois posé le principe fécond que nous sommes le Bouddha, des rapports étroits s'établissent entre les cinq souffles, les cinq sens, les cinq éléments qui constituent notre corps, — les cinq éléments du monde extérieur, les voyelles, les couleurs, — les cinq sciences qui épuisent la science de la « vacuité », les cinq Bouddhas historiques, les cinq Bouddhas célestes dont ils sont le reflet^,

Page 1