Mahiyânistes, adeptes du Mahriy'na ou Grand Véhicule
2. Ces cinq Bouddhas, que les sources appellent « les cinq Bouddhas », (( les cinq Tathfigatas », sont généralement désignes, dans les ouvrages européens, sous le nom de dhyànibuddlias. Bouddhas de méditation Je ne crois pas qu'on l'ait jamais lu dans un texte sanscrit, tibétain ou chinois. — Quoi qu'il en soit, les « cinq Boudd'ias » appartiennent au Tantrisme plutôt qu'au Grand Véhicule.
TUÉURGIES TANTRIQUES ■iÇ)''}
les cinq grands Bodhisattvas. De toutes lespentades qui constituent le non-moi, l'homme est un résumé, — microcosme, Bouddha en réduction. Cependant les cinq Bouddhas célestes ne sont eux-mêmes que des différenciations d'un sixième Bouddha, « essence de foudre », lumière immaculée, bonté universelle [samantabJiadra); et, parallèlement, les cinq souffles, les cinq éléments, les cinq organes, les cinq sciences se ramènent àl'unité dans un sixième souffle, dans un sixième élément, dans un organe suprême, dans la gnose du Bouddha.
Aux spéculations sui'le triple aspect de l'activité et de la nature des êtres vivants, pensée, voix et corps, se rattache une discipline fort bien entendue où trouvent place les diverses formes de la méditation et de la théurgie.
La pensée du Bouddha est pensée pure, « pensée de vacuité », différenciée par la bienveillance, la compassion, le plaisir ou le calme. Il faut donc purifier l'intelligence par de pieux exercices et la vider enfin de toute notion intelligible par la contemplation du vide. La parole ou voix du Bouddha est concentrée dans des formules mystérieuses, dans le om maiii padme hûm, dans les hûm^ hrîm, pliât, dans le arapa-
Dans quelques écrits bouddhiques, par exemple dans le Svayambhûpurâna, l'univers, dieux et choses, est créé par la méditation du Bouddha primordial (voir p. 26i, n. 1). C'est du brahmanisme à peine voilé. — Ilastings, s. voc. Adibuddha.
'àl^H ilUUDDIIISME ET HINDOUISME
cana dont chacune des syllabes est la semence d'un des cinq Boviddhas émanés de l'être silencieux et innommé : il faut donc se faire une voix de Bouddha en répétant les formules jusqu'à illumination, c'est-à-dire jusqu'à complet hébétement. Le corps du Bouddha, — qui est un non-corps, comme sa pensée est non-pensée, comme sa voix est silence, — a pour hypostases les corps ornés des marques du « grand mâle » et, en général, les corps divins. Le Grand Véhicule croyait que les marques apparaissent spontanément au cours d'une sanctification progressive et millénaire : d'après les magiciens, il suffît, pour posséder dans sa plénitude le « corps de foudre », de consacrer chaque membre au moyen des lettres sacrées, mères des Bouddhas visibles, et d'introduire mécaniquement les multiples Bouddhas en sa personne.
Mais, sans la connaissance exacte des formules et des gestes, l'ascète est sans action sur les divinités, ou, — et cette manière de parler est plus exacte, car les puissances célestes ne sont que des noms de l'Etre, — l'ascète est impuissant à réaliser les méditations qui font monter, par l'échelle des apparences, jusqu'au stade d'identification définitive. Il faut donc des initiations, il faut des cérémonies pour évoquer les dieux {sàdhanas). Ne doutons pas qu'elles dérivent directement, les unes et les autres, du
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rituel payen ;mais, dans les dociiiiients littéraires, elles sont soudées au Grand Véhicule. Le novice, avant de recevoir de la main de son maître les aspersions d'ambroisie qui le qualifieront pour le grand œuvre, prononcera les vœux de « futur Bouddha » ; ces aspersions seront regardées comme le symbole de la consécration en qualité de « rois de la Loi », réservée par le Grand Véhicule aux Bodhisattvas de la dixième terre. Et toutes les évocations des divinités seront précédées de prières et de vœux empruntés à la piété des meilleurs temps du Bouddhisme.
Je ne peux mieux faire que de citer l'analyse fine et substantielle que M. A. Foucher a donnée de ces cérémonies, en renvoyant à son livre pour le détail iconographique et aux commentaires de la Nâmasaiiîgïti, ou «litanie deMaiIjuçrî », dieu de la sagesse, pour les rites complexes où foisonnent les divinités dans les nombreux com.partiments des manàalas on cercles magiques. « Au jour choisi », dit notre auteur •, « le magicien improvisé [sàdhaka^ mantrin ou yogin) se lève et, sa toilette faite, se rend en un endroit solitaire etsuivant son cœur, tantôt riant, comme un bois ou un confluent de rivières, tantôt sinistre, comme un lieu de crémation [çmaçâna, nous dirions : un cimetière). Là il s'asseoit à son aise sur une place purifiée à cette intention;