Oldenberg-Fouclier, p
•2. Barlh, Bulletin, 1900, p. 28.
Li: BOUDDHISME. X
1 14 l'enseignement de ÇAKVAMUNI
Ces récits et ces strophes donnent une idée très concrète de la vertu et du salut; ils révèlent, sous l'ingénieux agnosticisme de Çâkyamuni, sous les spéculations volontairement abstruses des littératures savantes, — paradis du « monde de la forme » et de la « non-forme », étapes de la sainteté, etc., — des notions beaucoup moins raffinées, plus humaines, plus terre à terre aussi, un Bouddhisme différent de celui dont nous avons parlé jusqu'ici : un utilitarisme égoïste qui résout le problème du bonheur par le farniente du cloître, le problème métaphysique par l'ignorance et le quiétisme. La science de salut consiste à savoir que nous devons mourir; la sainteté se résume dans le rien faire et la résignation ; le nirvana n'est que l'attente paisible et béate de la fin. Sans se préoccuper d'une félicité mystérieuse, sans la nier aussi, le « délivré-vivant » se réjouit tout uniment d'avoir conquis le repos, la certitude de la non-renaissance, après les effroyables fatigues de la transmigration.
Pour apprécier la vraisemblance historique et l'importance de ce Bouddhisme, il faut d'abord se dégager des préjugés européens. L'idée de métempsychose est trop étrangère à notre esprit pour que nous en pénétrions toute l'horreur : nous disons « renaissance », les