‹ BouddhismeChapitre 48 sur 192 · Oldenberg-Foucher, p · texte numérisé non relu

Oldenberg-Foucher, p

lia l'enseignement DE ÇAKYAMUNI

moi,ô brahmane, tu as mangé des milliers de fils et de petits-fils, et des myriades de cousins*! » — Plus intéressante cette jeune mère qui ne sait pas ce que c'est que la mort et cherche un médecin pour ranimer son enfant froid et immobile. « Apporte-moi, lui dit le Bouddha, quelques grains de moutarde ; je guérirai ton enfant; mais il faut qu'on te donne ces quelques grains de moutarde dans une maison où il ne soit mort personne. » Bientôt elle se rend compte, suivant l'expression du texte, que « les vivants sont peu nombreux et les morts sont beaucoup » ; elle comprend et accepte la loi éternelle de tous les vivants. Devenue nonne, un jour qu'elle vit s'éteindre et qu'elle vit rallumer les lampes du cloître, elle pensa : « Semblables à ces lampes sont toutes les créatures ; elles s'éteignent et se rallument d'existence en existence ; ceux-là seuls qui ont atteint le nirvana^ on ne les voit plus. » Du même coup elle obtint la sainteté^.

On peut citer, par douzaines, des stances où l'orgueil de contempler du rivage l'agitation des mortels, le sentiment d'en avoir fini avec les existences et de goûter le bonheur de la

1. Therig.'rthâs, 314. La légende est racontée dans Abhidharraakoçavyâkhyâ.

2. Commentaire du Dhammapada; Thiessen, Die Légende von Kisâ. Gotaml; E. Hardy, Buddhismus, p. 124.

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sainteté, l'emportent visiblemeuL sur i'espoir d'un au-delà mystérieux :

« Celui dont les sens sont au repos, comme des chevaux bien domptés par celui qui les mène, celui qui a dépouillé tout idée de soi, qui est affranchi de toute souillure, les dieux mêmes lui portent envie. »

« En parfaite joie nous vivons, sans haine dans le monde de la haine; parmi les hommes pleins d'inimitié nous demeurons sans inimitié.

« En parfaite joie nous vivons, sains parmi les malades; parmi les hommes malades nous demeurons sans maladie.

« En parfaite joie nous vivons, calmes parmi les agités ; parmi les hommes qui s'émeuvent nous demeurons sans émoi.

« En parfaite joie nous vivons, nous à qui rien n'appartient. La joie est notre nourriture comme aux dieux rayonnants. »

« Quand le moine demeure dans un endroit solitaire, quand sa pensée est apaisée, quand il contemple la Loi, il goûte une félicité plus qu'humaine '. »

Telles sont les pensées dont s'entretient le bhiksUy lorsque, « ayant quêté le matin sa nourriture et pris son repas, il va dans la forêt se mettre sous un arbre, pour y méditer — ou y digérer — jusqu'au soir^ ».

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