VoirJ. As. iy02, ii, p
ii6 l'icnseignkment de çakyamuni
extrêmement las : « Long est le chemin pour celui qui est fatigué, longue la nuit pour celui qui veille. » — « De même, dit M. Oldenberg, que l'ardeur du soleil de l'Inde fait apparaître le repos à la fraîcheur de l'ombre comme le bien suprême, de même pour l'âme lassée, le repos, l'éternel repos est l'unique objet de ses désirs ^ »
De fait, les hindous conçoivent souvent le plaisir comme la disparition de la souffrance, — au rebours des optimistes qui définirent le mal comme une privation. D'après les bouddhistes, les choses bonnes, — excepté le nirvana^ — ne sont pas bonnes en elles-mêmes, mais à titre de remède : la boisson est un bien parce qu'elle calme la soif, la nourriture parce qu'elle apaise la faim^. — Quand des villageois disent qu'ils ont un bon roi, est-ce à dire que le roi leur soit secourable ? « Il est appelé « bon », dit notre texte, «parce que, pouvant faire du mal, il n'en fait pas^ ». — De même en métaphysique. Le bouddhiste, souvent, aspire ou semble aspirer à la non-existence comme au bonheur suprême : il désire si vivement le repos, il se sent si certain de l'obtenir définitif en le goûtant dès aujourd'hui, que l'appétit du