‹ BouddhismeChapitre 61 sur 192 · Digha, I, p. 215; E. Hardy, Buddha, p · texte numérisé non relu

Digha, I, p. 215; E. Hardy, Buddha, p

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oreilles le comparèrent à une corbeille à vanner. De même les pieds donnent au toucher l'impression de piliers, les défenses de socs de charrue, la queue d'un pilon, les poils d'un balai, etc., et les aveugles de se quereller et d'en venir aux coups. Le roi s'en amusa fort et tira la morale: « De même disputent les savants, pauvres gens qui ne voient qu'un côté du bouclier ^ » — Telle est la sagesse humaine, toujours courte par quelque endroit : pour être sauvé, il faut croire en Bouddha.

La foi, dans la théorie bouddhique du salut, n'est pas la plus haute des vertus, car elle cède le premier rang à l'intuition, nous verrons tout à l'heure pourquoi, — mais elle est la « racine de la vue correcte ^ » : avant de méditer les Vérités, avant de les pénétrer et de s'en pénétrer, il faut les entendre prêcher et les croire. Tous les bouddhistes, tous les saints sont « fils du Bouddha » parce qu'ils naissent de sa parole. Ceuxlà même qu'on nomme des « Bouddhas individuels », qui apparaissent aux tristes époques où la loi du Bouddha n'est plus connue, où la Communauté est dissoute, ne conquièrent pas,

1. Udâna, p. 68; Rhvs Davids. Dialogues, p. 187; Col. Jacob, Handfid of popular maxinis, II.

2. Sumangalavilâsini, I, p. 231; Majjhima, II, p. 176. — Sur la valeur du mot çraddhà, faith, belief, liking, approval, voir Kern, Lotus, p. 110. Inversement la fici/citsà, examen, doute, scepticisme (ïxî'f'ï), est sévèrement condamnée.

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ainsi qu'on pourrait le supposer, la vérité par eux-mêmes : ils ont entendu quelque Bouddha dans une de leurs existences antérieures*.

La foi est très méritoire, car la parole du Maître est dure, difficile à comprendre, difficile à croire. On sait que Çâkyamuni hésita longtemps à prêcher, craignant que son labeur ne fût stérile ~, craignant aussi, d'après une autre exégèse, que la Loi ne perdît ceux qu'elle devait sauver : « le prêcheur sauve le croyant et détruitl'incroyant^» . La foi purifie l'àme, atténue ou abolit la concupiscence, la malice, la paresse, l'orgueil et le doute, comme une pierre magique purifie l'eau trouble^. Elle fait que nous traversons sans péril la rivière de l'existence pour arriver à l'autre rive, au nirvana; de même qu'une foule au bord du torrent, ignorant sa largeur et sa profondeur, demeure hésitante et craintive jusqu'au moment où elle suit l'homme qui connaît le gué^. Or le Bouddha sait toutes choses,

1. Telle est la doctrine du Madhyamakâvatâra de Candrakïrti ; je pense bien qu'elle est conforme à l'ancienne dogmatique.

2. Mahtivagga, i, 5, 12, Bendall, J. R. A. S. 1883, p. 82, Lotus, traduction de Kern, p. 70.

3. Stance citée Sumangalavilâsinî, p. 31 : vinàsayali asaddham saddham vaddheti sàsane... Gotamasïwako.

k. Divyâvadâna, 360, 4 (où la çraddhâ et la bhakti sont, ou peu s'en faut, identifiées).

5. Milinda, p. 36 (Attliasâlinï, § .304); voir Rhys Davids, 1, 56, note. Si j'entends bien Anguttara, III, p. 21, la foi y est mise sur le même rang que l'intuition et la connaissance intellectuelle. — La foi est un navire, Çiksàsamuccaya, p. 62, 8.

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non seulement celles nécessaires au salut, mais aussi les autres; d'oîi les noms qui lui appartiennent en propre : « Celui qui sait tout», «Celui qui sait comment est toute chose ».

Dans certains cas, nous pouvons contrôler la vérité de sa parole; dans d'autres, il faut dire : « Ceci je l'admets par foi^ », « Le Bouddha sait et moi je ne sais pas-. » D'où la distinction très consciente, sinon toujours explicite, du domaine de l'expérience et de la raison, et du domaine de la foi : « 11 faut méditer et comprendre les points de doctrine qui sont intelligibles; il faut croire et adhérer aux autres en disant : Ceci est du domaine du Bouddha et non pas à ma portée^. » Or la liste est longue des doctrines et des faits déclarés inintelligibles; on ne peut même examiner le problème de la rétribution de l'acte sans choir dans l'hérésie. Le Bouddha a défendu d'y penser^.

Non seulement il faut croire à la parole de Çâkyamuni, mais encore on n'est point libre de la plier à l'interprétation individuelle. De même que la tradition ininterrompue des maîtres et des disciples assure le fidèle de l'authen-

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