Voir ci-dessous, p. 260, note
2. Voir Dogmatique bouddhique, I, p. 51. = J. As. 1902, II, p. 283, et Mde Rhys Davids, J. R. A. S. 1904, p. 370. — Cette expression est familière à l'auteur du Nettippakarana et à Buddhaghosa, elle se rencontre aussi dans Milinda ; mais la théorie n'arrive à sa perfection que dans l'école des Sautrântikas, une des deux branches du Petit Véhicule sanscrit moderne. Les Vaibhâsikas, qui forment l'autre branche, paraissent se rattacher aux Sarvâstivâdins. — Observons toutefois que les relations de ces écoles sont encore fort obscures.
LE MOI-SÉRIE l'jij
L'action et l'activité des moments, c'est à proprement parler leur existence même^ » Ils constituent, disons-nous, des lignes continues et qui se développent depuis l'origine des temps, depuis toujours. Chaque moi humain, divin ou animal, est une de ces lignes.
Il semble qu'il y ait naissance, durée, vieillesse, disparition : pure illusion, car la série n'est ni créée, ni interrompue; mais elle est scindée en diverses périodes d'existence, en sections qui sont déterminées quant à leur durée et à leur caractère par la rétribution d'un certain lot d'actions. A cela près que le plus grand nombre des hommes ne se souvient pas des vies anciennes et que la mort est parfois l'occasion de changements assez graves, passage dans une destinée divine, infernale ou animale, la vie à venir est aussi intimement liée à la vie actuelle que le moi de demain l'est au moi d'aujourd'hui. En fait, d'existence en existence comme d'instant en instant, le moi n'est ni le même ni différent. Le lait, la caillebotte et le beurre ; l'enfant, l'adulte et le vieillard ; la flamme de la lampe pendant la première, la deuxième ou la troisième veille fournissent de bons exemples. Un homme, explique Nàgasena, prend une petite fille comme fiancée, paie la dot et part en voyage ; l'enfant grandit et le père, contre une