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CHAPITRE III

1. Le culte dans le Petit Véhicule. — 2. Caractère de la légende et de la divinité du Bouddha. — 3. Les « marques » et autres traits surnaturels dans le canon pâli. — 4. Bouddhologie des sectes supranaturalistes. — 5. Bouddhologie du Grand Véhicule. — Amitâbha.

Nulle question ne prête plus à la controverse que celle de l'importance, dans le Bouddhisme primitif, de la bouddhologie (spéculations sur la nature des Bouddhas), de la mythologie et de la dévotion.

Deux points sont hors de doute : le caractère rationaliste, « irréligieux », de la vieille discipline monastique et du culte qu'elle préconise ; le caractère dévot des diverses écoles du Grand Véhicule. Reste à savoir si le Grand Véhicule n'est pas en germe dans le Petit, si la littérature protocanonique ne trahit pas l'existence d'une véritable religion ^ .

1. Senart, Origines honddhiques, p. 1.5 : « Gomment se fait-il que le Bouddhisme (|ui affecte des allures rationalistes, qui exclut tout dieu digne de ce nom, ait si aisément et si vite affublé de travestissements mythiques, d'un rôle plus qu'à moitié divin le personnage de son fondateur, réel et récent ? »

206 MYTHOLOUIE ET DÉVOTION

Le culte dans le Petit Véhicule

Pour tous les bouddhistes, Çâkyamuni, comme les autres Bouddhas, est infiniment supérieur à ceux des disciples qui parviennent à la sainteté [arhattva) et ont droit, comme lui, au nirvana; sa naissance, son autorité, sa lutte pour l'illumination [hodhi)^ sa mort et ses funérailles, ses rapports avecles divinités et avec les hommes sont miraculeux. Cependant les moines des anciennes écoles n'ont jamais avoué que le nirvana d'un Bouddha différât du nirvana des saints ordinaires ; ils n'ont jamais cru qu'un Bouddha défunt, « désormais invisible aux dieux et aux hommes », pût intervenir dans les choses d'ici-bas.

Je doute qu'on rencontre dans les Ecritures de langue pâlie la jolie distinction qu'établissent les docteurs de langue sanscrite entre X^nirvàna deÇakyamunietcelui dessimples mortels : «Tout nirvana^ ditMâtrceta, est néant, ou plus correctement, vide. Mais le vide où s'étend la voûte azurée et le creux que forment les pores, les « puits des poils » , peuvent-ils être comparés ^ ? »

1. Varnanârhavarnana, i, xi, texte tibétain et traduction publiés par F.-W. Thomas dans Indian Antiquary, 1905.

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