POUVOIRS DIVINS DU BOUDDHA
lion incomparable 1 ». — Quand le dieu de la lune et le dieu du soleil sont attaqués par Rahu, le démon de Téclipse, c'est au Bouddha qu'ils ont recours : « Rahu », dit Çàkyamuni, « le dieu de la lune a eu recours à moi ; lâche la lune, car les Bouddhas ont pitié du monde. » Et le démon de Féclipse se sauve le poil hérissé : « Si je n'eusse lâché la lune, ma tête se fût fendue en sept morceaux^. »
Un Bouddha, d'après l'ancienne foi, est de sa nature le souverain et le maître spirituel de l'univers; donc, comme Brahmà, il est unique : deux Bouddhas ne peuvent coexister. La dogmatique des temps postérieurs ne contredira jamais à ce
1. Awguttara, If, p. 23, Samyutta, I, p, 67. Il semble que l'expi'esslon dev&tideua, « the paramount god of gods », (Milinda, p. 381, Jâtaka, IV, 158, comm. du Dhammapada, 148; Divyâvadâna, p. 391; Lofus, vii, 31, Lalita, 131.3 [ = 114.20 devâdhideva], etc.) ne se rencontre pas dans le canon (Milinda, trad. II, p. 305, q. V., et Kern, Lotus, p. xxv) ; mais le Sainyutta, I, 141 dit d'un Arhat qu'il est atidevapatta.
2. Samyutta, I, 50-51; Kern, Manual, p. 64. — D'après A«guttara, I, pp. 227-228, Çàkyamuni répand sa splendeur et fait entendre sa voix dans le « triple grand chiliocosme » (tisahassi mahâsahassï lokadhatu), c'est-à-dire dans un milliard d'univers à quatre continents, ou davantage (comparer Amitâbha, ci-dessous, p. 268). Ananda se réjouit de savoir que le maître possède un si grand pouvoir ; Udâyin se moque de lui : « Qu'est-ce que cela peut bien te faire ? » Mais Bouddha l'approuve : « Ne parle pas ainsi, ô Udâyin, ne parle pas ainsi. Si Ananda vient à mourir sans être débarrassé de tout attachement, il obtiendra, par la vertu de cette foi et de cette complaisance en mon pouvoir [anena cittappasSidena), d'être pour sept existences roi des dieux et pour sept autres roi de la terre (du Jambudvïpa). Mais, ô Udâyin, Ananda obtiendra le nirvana dès cette présente existence. »
principe essentiel, et comme la fantaisie mythologique ou dévote réclamera de nombreux Bouddhas, elle les logera dans les univers qui entourent le nôtre : tout cosmos est le domaine, le « champ » d'un Bouddha . — Rigoureusement il devrait en être pour le temps comme pour l'espace : le règne de Brahmà, d'unBrahmâ déterminé, remplit toute la période qui sépare deux chaos, ce qu'on nomme un kalpa ou âge du monde. Le Bouddha, supérieur à Brahmà et à tous les dieux, peut-il ne posséder qu'une souveraineté éphémère ? Ce point de vue, très légitime, entre au conflit avec un des dogmes fondamentaux des Jainas et des bouddhistes, à savoir que les Saints apparaissent à des intervalles lointains et irréguliers, et qu'ils renoncent à l'existence lorsqu'ils ont rempli leur tâche, mis en mouvement la « roue de la prédication» [clharmacakra) et fondé l'Ordre destiné à leur survivre plus ou moins longtemps : cette conception rapproche singulièrement les Bouddhas et les Jinas, des Manus et des Avatars de Yisnu.
Cependant c'est une doctrine canonique que Çâkyamuni aurait pu demeurer parmi nous pendant un âge du monde ou jusqu'au terme du présent âge du monde. Il ne demandait pas mieux, et, comme le dernier jour approchait, il dit à Ananda, le disciple favori : « Le Bouddha pourrait, s'il le voulait, rester pour un âge du