‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 184 sur 186 · DÉCADENCE DU BOUDDHISME 4 1 I · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DU BOUDDHISME 4 1 I

gauche, mais encore à la polycéphalie et autres monstruosités physiques <. — Quels que fussent les abus, la Communauté contenait des éléments capables de réagir, et nous savons en effet qu'à des époques tardives comme celle d'Atïça (1038- 1053) l'Inde envoyait au Tibet des missionnaires réformateurs ; que, sous les Pâlas du Bengale, aux plus beauxtemps de la sorcellerie bouddhique, des moines de vieille observance brisèrent l'idole du Bouddha Heruka et brûlèrent des livres tantriques : le roi, protecteur cependant desrits hindous, n'osa pas les punir^. Enfin le nom de Tson-kha-pa (1407) marque le triomphe au Tibet, dans un milieu où le Tantrisme paraissait solidement établi, de la loi de célibat et de l'orthodoxie rituelle 3. — En un mot, le Bouddhisme résista.

Sa force, aux temps anciens comme aux temps modernes, résida surtout dans les institutions disciplinaires, dans les communautés d'observance stricte, dans le Petit Véhicule. C'est le Grand Véhicule qui ouvrit des brèches au

1. La seule çakti ou « énergie » qui figure dans les miniatures est celle d'Avalokita-Halûhala.

2. Tàranâtha, p. 221. — Sur Atïça.ÇaradCandra, J, A.S. B.,1591, p. 46, /. Buddhist Text Society^ I, p. ii. — On voit dans Tàranâtha, p. 206, que les bouddhistes hésitaient à prendre part aux évocations de vampires.

3. Sur le discrédit de l'Eglise rouge, Kôppen, II, pp. 117, 119. Noter que l'Eglise réformée a pour protecteur Vajrabhairava (Waddell, p. 362).

4l2 BOUDDHISME ET HINDOUISME

Tantrisme, en poussant à fond les tendances nihilistiques et idéalistes, en dépréciant la vie monastique, et aussi,' pourquoi ne pas l'avouer? en faisant à la dévotion, à la bhakti^ une large place dans la discipline du saluti. Les bouddhistes se vantent à tort d'être des « docteurs du milieu » : le saint du Petit Véhicule ne reconnaît pas les dieux et verrait sans frémir son fils dévoré parles chacals ; les successeurs égarés de Çântideva '^ arrivent à nier les péchés de la chair, à faire tourner des dhâî'anîs dans les moulins a prières, à vénérer tous les dieux hindous, à proclamer que le seul dieu, c'est le « moi ».

1. Voir les remarques de M. Goblet d*AlvielIa, Bulletins de l'Académie de Bruxelles, juin 1904. — Ci-dessus, p. 335 et suiv.

2. Auteur du Bodhicaryfivatâra cité ci-dessus p. 298 et suivantes.

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