LA DÉLIVRANCE
connaissance de notre identité avec Dieu, parla concentration des pensées et des souffles vitaux vers le sommet du cœur où Dieu réside. A côté des brahmanes védisants, de nombreux théoriciens absorbés dans la même recherche du nwvàna\ non-renaissance, « immortalité » , comme disent les bouddhistes ainsi que tous les autres. Deux jeunes gens font un pacte : «Le premier" qui aura trouvé l'immortalité le dira "à son ami » ; ce furent deux des disciples les plus distingués de Çakyamuni.Et, par tous les chemins, on rencontre des hommes qui disent : « Je suis un huddha:\Q possède l'illumination, la vérité de salut! » aveugles qui se font les guides d'autres aveugles. Soit qu'ils suivent la tradition du Veda, soit qu'ils se reposent sur leurs propres imaginations, tous ils se perdent dans leur cosmologie, leur métaphysique, leur psychologie opératoire, ou s'abrutissent par leurs pénitences saugrenues, faisant la vache ou la poule quand ils ne s'accrochent pas par les pieds aux branches des arbres. — Gàkyamuni seul est yTdiim.eTi.tbuddha^ illuminé; seul, il pose bien le problème. Méprisant les conjectures transcendantes, il distingue parmi tant de notions contradictoires celles qui sont utiles, favorables au détachement et à la paix : ce sont des idées vulgairement admises; il les purifie en signalant les erreurs qui les rendent ou nocives ou
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inefficaces. D'après lui, pour parvenir au salut, il faut croire à la transmigration déterminée parla moralité des actes, cultiver un profond dégoût du plaisir, écarter toute idée sur la nature du moi et du Jiirmna, risnoncer atout désir d'existence ou de non-existence. Telle est, dans sa substance, la doctrine du Maître.
La première vérité qu'il faille bien entendre, c'est la rétribution de l'acte (A;«rm«w) moralement qualifiable, c'est-à-dire conscient et volontaire, dans des vies à venir, heureuses ou malheureuses, divines, humaines, animales ou démoniaques. A cette vérité s'oppose l'erreur grossière que les bouddhistes appellent la « vue fausse », la « mauvaise doctrine », l'hérésie par excellence {mithyàdrsti). — Les plus vieilles sources, confirmées par les documents jaïnas et brahmaniques, signalent les « mécréants » ou « négateurs de l'autre vie » [nàstikas)^ qui eurent un chef illustre, contemporain et rival de Çakyamuni, Ajitakesakambali, le « Victorieux vêtu de cheveux » . Ils nient l'imputabilité de l'acte et la survie ; ils versent dans un matérialisme radical et conséquent : « Il n'y a pas d'aumône, de sacrifice, d'offrande », c'est-à-dire que l'aumône etles ritssontinefficaces. — « Ni les bonnes
Bouddha de type indien. — Lutte avec Mâra.
(Voir page 22c.)