‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 3 sur 186 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

QUELLE MESURE NOUS CONNAISSONS l'hISTOIRE DU BOUDDHISME. — • LE CARACTERE ET LES GRANDES LIGNES DE CETTE HISTOIRE.

Il peut paraître surprenant que le Bouddhisme rencontre un peu partout, notamment eiï Amérique, en Angleterre et en Allemagne, une sympathie marquée, un zèle indiscret, tandis que les autres religions indiennes laissent les curieux eux-mêmes indifférents. En effet, pour qui connaît les littératures de l'Inde, il n'est pas douteux que le Védisme avec ses grandes figures mythologiques et divines, le Brahmanisme avec ses théories profondes et ses disciplines raisonnables, l'Hindouisme avec ses humbles et frénétiques dévotions, ne l'emportent à beaucoup d'égards sur le Bouddhisme où tout est, pour ainsi dire, de seconde main : mytholo-

gie, doctrine et piété. Mais on se fait sur le Bouddhisme d'étranges illusions. Plusieurs écrivains assurent que, par un privilège unique dans l'histoire religieuse, il possède une philosophie purement rationaliste, un idéal compatible avec la science moderne, une moralQ.sans dieu et sans âme; on ajoute qu'organisé plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, il s'est propagé ou insinué en Occident jusqu'à la Méditerranée. C'est assez pour lui faire un succès; mais c'est lui faire beaucoup trop d'honneur. Le Bouddhisme cependant mérite toute notre attention, mais non pas pour ces raisons-là : il vaut par sa légende, par une note très particulière d'humanité, d'intimité ; il vaut surtout, aii regard des autres religions indiennes, par son caractère historique : par son fondateur, sa confrérie, ses canons et ses sectes, par son iconographie qui dépend de l'art grec, par sa force de propagande et la conquête de l'Extrême- Orient. A certains égards, en quelque mesure, le Bouddhisme a été pour l'Asie ce que le Christianisme a été pour l'Europe. 1-

Quelques savants et de nombreux ignorants ont pensé, disons-nous, que l'Europe elle-même devrait se mettre à l'école de Çakyamuni. Sur ce point il est permis de trouver un peu sommaire le jugement de Barthélémy Saint-Hilaire : « Le seul, mais immense service que le|Bouddhisme

puisse nous rendre, c'est par son triste contraste de nous faire apprécier mieux encore la valeur inestimable de nos croyancesi, » Mais, au fond, l'élève du grand Burnouf a raison : il serait fou d' « échanger le pain delà pensée occidentale contre le narcotique des bhiksus^», les moines mendiants à robe jaune. « On a beau, dit M. Barth, débarrasser le Bouddhisme de son immense bagage de niaiseries et, en le soumettant à une pression convenable, le réduire à une sorte de positivisme mystique, il faut une incroyable capacité d'illusion pour prétendre en tirer la moindre chose qui soit à notre usage. » Quant au soi-disant Néo-bouddhisme, il est «enveloppé d'une épaisse atmosphère de crédulité et de charlatanerie^ ». Ce verdict, sévère mais

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