Burnouf, Introduction, p
84 l'enseignement de çakyamuni
le dépôt du fardeau, le porteur du fardeau. Le fardeau, ce sont les cinq éléments, matière, sensation, concepts, intelligence discursive, volitions », — en d'autres termes, l'existence contingente ; « la prise du fardeau, c'est la soif [ou désir] qui produit la renaissance; le dépôt du fardeau, c'est l'extinction de la soif; le porteur du fardeau, on peut l'appeler pudgalci [c'est-àdire personne] : c'est ce moine qui porte tel nom, qui est de telle caste et de telle gens^ qui prend telle nourriture, qui a telle part de souffrance et de joie, qui vit tant d'années, qui demeure pour tel temps ». Dans notre langage, Çakyamuni entend désigner le principe qui ramène à l'unité la masse des faits physiologiques et moraux, qui demeure le même malgré le changement, malgré la vieillesse, comme disent les bouddhistes : « Qu'est-ce qui vieillit chez les mortels », demande-t-on au Bouddha, « qu'est-ce qui ne vieillit pas? » — « La matière ou le corps vieillit, [comme aussi les autres éléments du moi], mais le nom propre ne vieillit pas *. » Et la personne passe de vie en vie, assumant un nouveau fardeau : c'est à elle qu'appartiennent les œuvres qu'elle a accomplies, car le fruit de l'acte ne peut être ni vendu, ni acheté, ni transféré d'aucune manière : « Ananda
1 . Samyutta, I, p . 43 ; voir Oldenberg, Buddhistische Studien, p. 688, — Comparer Brhadâranyaka, iil, 2, 12.