‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 40 sur 186 · CHEMIN DU MILIEU · texte numérisé non relu

CHEMIN DU MILIEU

sujet est interdit. — De même Yâjnavalkya avait répondu aux questions indiscrètes de sa femme : « Gàrgï, n'en demande pas trop! Prends garde que ta tête n'éclate. Il ne faut pas trop demander sur la divinité. Tu en demandes trop. Gàrgi, n'en demande pas trop i ! »

Aussi imprudents que Gàrgï, nous nous de-

mandions s'il existe dans ce complexe, sous ce complexe transitoire qu'on appelle le moi, quelque chose de permanent et de substantiel. Le canon hésite visiblement entre trois réponses : « non, le prétendu moi n'est qu'un agrégat d'éléments instables », « oui, il y a un être permanent, \epudgala ou la personne », «je condamne les deux opinions contradictoires, les deux extrêmes; la question ne doit pas être posée ».

De ces trois réponses, au même titre scripturaires et, croyons-le, authentiques, laquelle exprime la pensée profonde du Maître?

Nous pensons que c'est la troisième, la réponse dite « agnostique », malgré l'avis des nombreux indianistes qui considèrent la négation du moi comme la note essentielle de l'en^ seignement de Çâkyamuni. On voit très bien comment s'est formée cette conviction presque générale : d'une part, les bouddhistes ont dénoncé la croyance au moi comme une erreur pernicieuse, — comme un obstacle à la suppres-

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