Brhadâranyakopanisad, ili
88 l'enseignement DE ÇAKYAMUNI
sion du désir, — et ils ont combattu l'ontologisme transcendant des brahmanes : ceux-ci, à leur tour, traitent les bouddhistes de mécréants, de négateurs de l'âme; d'autre part, entre les trois solutions que signalent les Écritures, les écoles ont fait un choix, et aucune d'elles ne s'est tenue à la ferme et moyenne position que le Bouddha avait, pensons-nous, adoptée. Les unes ont été « personnalistes », mais nous ne les connaissons que par la controverse des autres écoles, décidément « phénoménalistes ». C'est à celles-ci qu'appartiennent, non seulement nos rédactions du canon, mais encore toute la littérature exégétique tant en sanscrit qu'en pâli. L'opinion européenne a donc été, très naturellement, le reflet de l'opinion des écoles bouddhiques les mieux connues, dont on peut croire qu'elles ont méconnu la pensée du Maître sur un point particulièrement délicat. Il était difficile de retenir le raisonnement sur le penchant et d'éviter les deux extrêmes : « il y a un moi », « il n'y a pas de moi » ; il était aisé d'expliquer l'Ecriture quel que fut l'extrême qu'on adoptât. Pour les négateurs du moi, les déclarations scripturaires favorables au moi sont « exotériques » ; pour les personnalistes, le Maître n'a nié le moi que pour dégoûter les hommes du désir et de l'égoïsme.
Mais la troisième réponse : « s'il existe un