‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 6 sur 186 · NATURE DES SOURCES I I · texte numérisé non relu

NATURE DES SOURCES I I

ceptions, l'enquête ne peut porter que sur ces littératures, sur ces systèmes. Enprincipe, onne peut retracer l'évolution de la religion et du culte que dans la mesure où cette évolution est déterminée ou reflétée par la scolastique, par l'idéologie savante.

Mais encore est-ce trop dire, car les écoles elles-mêmes sont très insuffisamment connues. Le terme « évolution », toujours dangereux dans les sciences morales, est ici particulièrement hors de place. « Du Bouddhisme, a dit M. Barth, nous n'avons pas même l'histoire au sens le plus modeste du mot^. » On peut, dans certains ca:s, saisir les systèmes à un moment donné grâce à quelque « somme » théologique, à quelque ouvrage d'un docteur célèbre (Buddhaghosa, Vasubandhu, Gandrakïrti) ; dans beaucoup d'autres cas, on est réduit à analyser des compilations énormes et hétérogènes (canon pâli), ou à grouper des idées qui peuvent appartenir à quelque secte mal définie (les Lokottaravadins, par exemple) ; ailleurs, on ne peut qu'interpréter

1. A propos d'une conférence de M. Vinson sur a révolution du bouddhisme » : « ... le titre seul doit déjà inspirer de la méfiance à quiconque est tant soit peu au courant de la question. Le mot d'évolution est à la mode; il nous vient des sciences naturelles. Quand on nous parle de l'évolution d'une plante ou d'une maladie, nous entendons par là une série de changements observés et suivis exactement, pas à pas, depuis l'origine, et desquels il se dégage une loi. Pouvons-nous faire cela pour le bouddhisme dont nous n'avons pas même l'histoire au sens le plus modeste du mot? » {Bulletin, 1894, p. 36 du tiré à part.)

des icônes et des représentations figurées :

c'est ce que nos archéologues ont fait excellemment. On accumule ainsi des observations ingénieuses; on pose quelques jalons utiles; on construit une sorte de chronologie à l'aide de quelques inscriptions. Mais nulle part les questions d'origine et de développement ne reçoivent de solution positive.

Plutôt qu'une « suite de la religion », ce qu'on doit demander aux indianistes, c'est donc seulement, ou surtout, une description des systèmes les plus cohérents et les plus marquants ; et, au risque de commettre quelques méprises, il faudrait considérer les systèmes tels quels et, pour ainsi dire, m ahstracto, d'après les témoignages explicites. — - Ce programme d'inventaire ne va pas sans difficultés. Parmi les éléments instables et contradictoires qui s'équilibrent tant bien que mal dans les doctrines bouddhiques, comment déterminer le rang et l'imjportance théorique ou pratique? C'est chose d'autant plus délicate que les sectes indiennes n'ont pas rédigé, à la manière de l'Occident, des credos et des catéchismes; qu'elles ont, au contraire, et avec une rare maîtrise, pratiqué Fart de tout mettre et de tout mêler dans leurs apocalypses, dans leurs traités, dans leurs commentaires. — En outre, si clairement définies qu'elles nous apparaissent quelquefois, les idées restent, on peut

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