‹ Bouddhisme [microform]Chapitre 72 sur 186 · Çiksâsamuccaya, p · texte numérisé non relu

Çiksâsamuccaya, p

2. La distinction entre les sûtras neyârtha et nltàrtha (== f ibhaktârtha) (Madhyamakavrtti, p, 41, n. 1) n'est pas, à ma connaissance, posée nettement dans le canon pâli. Pour Buddhaghosa, Kathâvatthu, p. 3 (Dïpavamsa). Voir Majjhima, 11,240 : « Les mots sont très peu de cliose; il ne faut pas, ô Moines, vous

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Mais quel principe doit présider à ce départ? Le contexte et la tradition, sans doute, ne sont pas sans importance^; cependant la norme de la vérité n'est pas l'autorité d'une personne quelconque, mais le dharma, la loi, le bien, la vérité de salut, ou, d'après une autre source, la convenance logique, la raison. « Il ne faut pas », dit un traité du Grand Véhicule qui exprime un sentiment ancien, « s'en rapporter à l'opinion de quelqu'un en disant : voici l'opinion d'un presbytre [sthavira)^ du Bouddha, de la Communauté; il ne faut pas abandonner la vérité en soi ; il faut demeurer autonome ^. »

Non pas, cela va de soi, dans ce sens que nous aurions le droit de substituer des vues personnelles aux doctrines de la Communauté, à l'enseignement du Bouddha. Ce serait, non seulement tomber dans l'hérésie, — ■ qui n'est pas ce que nous pourrions appeler un péché mortel, — mais encore commettre le crime bien plus grave de schisme, le crime de Devadatta, le cousin du Bouddha, et qu'on lui reproche

disputer pour ces petites choses. » — Des passages comme Samyutta, IV, 400, dénoncent l'enseignement « intentionel », accommodé aux besoins de l'auditeur (sava.dhàyai>acana),

1 . C'est pour cela qu'on distingue ce que le Bouddha a dit en propres termes et ce qu'il enseigne par le contexte {hanihatas, artkatas) .

2. BodhisattTabhûmi, I, xvii. — Comparer les excellentes pages de M. Oltramare, Théosophie brahmanique, l, p. 157, sur le problème exégétique dans le Vedânta.

aussi vivement que ses tentatives d'assassinat sur la personne de son maître ! Ce serait s'attirer la réponse que fit le Bouddha à un moine sceptique : « Avec ses pensées dominées par le désir, pense-t-il pouvoir surpasser la doctrine du Maître ^ ? » — Non, s'il faut être autonome, s'il faut s'attacher à la vérité de salut et non à la parole pharisaïquement comprise, c'est parce qu'il faut faire un choix parmi les textes contradictoires. Et ce choix, de fait, apparaîtra comme imposé par la tradition et par le Bouddha lui-même. Tantôt on se réclamera du maître immédiat et de la série ininterrompue des maîtres et des disciples ; tantôt d'un saint dont le Bouddha a prophétisé la mission.

Bien plus, il y a des déclarations scripturaires pour infirmer l'autorité ou même contester l'authenticité d'une partie des livres : « Il y a, dit le Bouddha, des gens qui écoutent religieusement et acceptent des textes composés par des poètes, poétiques, littéraires, exotériques, promulgués par les disciples... et qui laissent disparaître les textes promulgués par le Bouddha, profonds, de sens profond, surnaturels, consacrés à la doctrine du vide (ou du néant) ^. » Il va sans dire que les partisans des livres littéraires et exotériques, ennemis du vide ou du

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