Bodhicaryâvatâra, ch. ix
2. Nous n'essaiei'ons pas de débrouiller la littérature Madhyamaka et Vijnânavâdin, apocalypses et traités. Les deux écoles se divisent en une multitude de branches dont la plupart sont mal connues. Il suffira, pensons-nous, de mai'quer leurs tendances.
I()6' SySTÎîMES MÉTAPHYSIQUES
milieu » {Madhyamakaçàstra) qu'on attribue, sans doute à bon droit, à ce grand docteur'.
Par milieu, chemin du milieu {madhyamà pratipad)^ il faut entendre le vide ou vacuité [çUnyatà) qui n'est ni existence, ni non-existence ; il faut entendre le silence qui n'est ni affirmation, ni négation; l'absence de tout mouvement intellectuel, de tout « murmure mental », louée dans les plus anciennes stances du Petit Véhicule. «Si j'avais une thèse quelconque », dit Nagàrjuna, « je serais en faute : mais je n'ai aucune thèse. Si je percevais, démontrais ou réfutais quoi que ce soit par la perception ou tout autre moyen de connaissance, je serais en faute : mais ce n'est pas le cas^. » — « La vérité vraie n'est pas du domaine de l'intelligence ibuddhi) », dit Çântideva, « car l'intelligence se meut dans l'ordre du relatif et de l'erreur 3. » La philosophie, ou sagesse {prajhà) à l'état de graine [bljabhûtà)^ en attendant l'intuition suprême de la hodhi^ ne peut donc être qu'une méthode; une thérapeutique, non pas du désir, mais de la pensée; une critique de l'intelligence
1. Nous adopterons le point de vue des Mâdlayamikas-Prâsaregikas (Buddhapâlita-Candrakîrti-Çântideva), et négligerons l'école de Bhâvaviveka, chef des Svâtantrikas. — Sources : Madhyamakavrtti, Madhyamakâvatâra, Bodhicaryâvatâra.
2. Voir Madhyamakavrtti, p. i6. — Il faut noter l'emploi abusif que fait Nâgârjuna du KâtyâyanâTavâda (Samyutta, II, p. 17 Madh. vrtti, 269.5).