‹ Bourbouroche. L'article 330. Lidoire. Les balances. Gros chagrins. Les Boulingrin. La conversion d'Alceste. Illus. d'après les dessins se BarrèreChapitre 35 sur 53 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DES RILLETTES, LES BOULINGRIN

BOULINGRIN, à des Eillettes.— Goûtez !

DES R1LLETT3S, sur Sautant. — Qu. estce que c'est que ça, encore?

BOULINGRIN. — C'est de la mort aux rats. Goûtez! Goûtez donc, tonnerre de Dieu ! Ça va vous fiche la colique.

DES RILLETTES. — Jc m'cu rapporte à vous.

MADAME BOULINGHIN, à soii mari. — Canaille !... Je n'en aurai pas le démenti! — Buvez !

DES RILLETTES, menact du verre de vin. — Non !

BOULINGRIN. GoÛtCZ Ça !

DES RiLLLTTES, vienact d'une cuillerée de soupe. — Jamais !

MADAME BOULINGRIN. Jc VOUS promets que ça empeste !

BOULINGRIN. — Je VOUS jure que c'est du poison !

Ils Et, sont empai'é de des Rillettes, et, de force, chacun d'eux avide d'avoir raison, ils lui ingurgitent du potage mélangé avec du vin, cependant que l'infortuné, les dents obstinément serrées, oppose une héroïque défense.

MADAME BOULINGRIN. Est-il bête!

BOULINGRIN. — C'est cui'ieux, cette

BOULINGRIN. Et toi, le prcnds-tu

pour une éponge ?

MADAME BOULINGRIN. Salctc !

BOULINGRIN. -- GuCUBC !

MADAME BOULINGRIN. — ■ PcstC !

BouLiNGniN. -- Choléra!... Et puis, tiens !

De sa main lancée avec violence, il envoie à madame Boulingrin le contenu de .son assiette.

DES RILLETTES, fjui a iout reçu. —

Oh!

BOULINGRIN, s'excusaiit. — Pardon!

simple inadvertance.

MADAME BOULINGRIN, foUe de ru<je — Goujat ! Ignoble personnage ! Tiens !

DES RILLETTES, ruissdant d'eau roufjie.

— Ah !

MADAME BOULINGRIN. — ExCUSCZ. C'est

bien sans l'avoir fait exprès. Là-dessus,

BODLINGRIH.

Je vous jure que c'est du poisox.

obstination! Puisque je vous dis que vous nous allons en finir. (Elh- tire de sa poètes fichu d'en claquer! ehe un revolver.) C'est toi qui 1 auras

MADAME BOULINGRIN, à SOU mari. — voulu. Dis donc, quand tu auras fini de gaver boulingrin, terrifié. — A moi! Au

M. des Rillettes!... Est-ce que tu lo secours! prends pour une volaille ? Il se réfugie derrière des Rillettes.

MADAMK BOULINGRIN. - Tii vas niourir !

DES RILLETTES, à JJ()uIin(/rin qui s'est fait (le lui un parai'c'if- — Ah non, eh !... Lâchcz-nioi ! Pas de blagues !

BOULINGRIN, OU comhle de l'effroi. — Ne bougez pas, bon sang de bonsoir !

j^rin, je vous en prie!... je ne veux

pas mourir encore!... Ah! mon Dieu,

quelle fâcheuse idée j'ai eue do venir paeser la soirée !...

Tumulte. Les trois personnages hurlent à l'unisson.

MADAME BOULINGRIN. — Tu vas mourir 1

MADAME BOULINGRIN, ajustant. — Ofcezvous, monsieur des Rillettes !

BOULINGRIN. — Non ! Non !

MADAME BOULINGRIN. Otez-VOUS d©

là ! Je tire.

BOULINGRIN. — Restez ! Je suis un homme perdu. Je la connais, elle est capable de tout ! Protégez-moi, monsieur des Rillettes! C'est à ma vie qu'elle en a!... Ah! la misérable! la gueuse. Au secours ! Au secours !

MADAME BOULINGRIN. Ah ! c'est

comme ça ! Vous ne voulez pas vous retirer ? Eh bien ! tant pis pour vous si vous y laissez votre peau ! Il faut que ça finisse ! Il faut que ça finisse ! La mesure est comble ! gare l'obus !

DES RILLETTES. — Monsieur Boulingrin, par pitié!... Madame Boulin-

BOULINGRIN, brusquement. — Oh!

Quelle idée!... {llsoufflela lampe.) Visemoi donc, maintenant!...

Nuit complète sur la scène, de même que dans la salle, et, du sein de ces ténèbres profondes, surgissent, en hurlements, les phrases suivantes :

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