‹ Bourbouroche. L'article 330. Lidoire. Les balances. Gros chagrins. Les Boulingrin. La conversion d'Alceste. Illus. d'après les dessins se BarrèreChapitre 50 sur 53 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

ALCESTE, PHILINTE, CELIMENE

ALCESTE, qui est descendu en scène.

Certes, en m'engageant sur la nouvelle route

On m'obligea mon cœur hanté d'un dernier doute.

La Conversion d'Alccste

Je ne savais que trop où me portaient mes pas,

Et le fossé prouiis au chemin de Damas ;

Mais je n'aurais pas cru, quand j'ai risqué l'épreuve,

Que les pleurs de mes yeux me fourniraient ma preuve.

Et que le crime, au seuil de ma propre maison,

Me viendrait démontrer combien j'avais raison !...

^L'indignation s'empare de lui. Célimène et Pliilinte échangent un coup d'oeil inquiet. Mais non. Des larmes ont jailli de ses yeux, qu'il essuie silencieusement; et sa raison recouvrée prend le dessus sur la fureur. Un grand temps. Il poursuit enfin :)

N'importe, tout est bien, puisque je puis en somme.

Ayant fait jusqu'au bout mon devoir d'honnête homme,

N'ayant rien obtenu, mais ayant tout tenté,

De mon stérile effort invoquer la fierté !

Las de l'humain commerce et de sa turpitude

— Dont j'avais le soupçon, dont j'ai la certitude ! —

Dépouillé du bonheur qui fut un temps le mien,

Maître de l'affreux droit de n'espérer plus rien.

Il m'est permis d'aller... — Qu'on m'y vienne poursuivre 1 -

Tramer au fond d'un bois la tristesse de vivre.

En tâchant à savoir, dans leur rivalité,

Qui, de l'homme ou du loup, l'emporte en cruauté.

(Il sort.)

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