Senno7i siir la Communion pascale
BOURDALOUE. Il
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tout corrompus de vices, des Lazare encore ensevelis dans riniquité, des morts non pas de quatre jours, mais depuis des années, qui se i)roduiront à la face de l'Eglise et qui, |)leins d'une confiance présomptueuse, demanderont tout à la fois qu'on les délie, qu'on les ressuscite et qu'on les fasse asseoir à la table du Seigneur... Il n'appartient qu'à Dieu d'opérer de semblables prodiges : notre puissance ne s'étend pas jusque-là, ce miracle est au-dessus de nous. Que faut-il donc faire? Ce que font les disciples qui sortent de Jérusalem et qui S(; mettent en marche du moment qu'ils apprennent que Jésus approche... Ne vous laissez donc pas surprendre : sortez, sortez de vous-mêmes, du tumulte de vos passions, de l'embarras de vos intrigues, du ti'ouble et de la dissipation... Considérez et la sainteté de l'action que vous allez faire et la grandeur du Dieu que vous allez recevoir ^» Le sermon sur la Communion pascale fut prononcé le dimanche des Rameaux. Bourdaloue, parlant le lendemain sur le Retardement de la jpènitence, le constatait en ces termes : n'oublions jamais, « comme je vous le disais hier », ce qui prouve évidemment que ce sermon, ainsi que celui sur la Communion pascale appartiennent au Carême de 1682.
Nous regrettons de ne pouvoir nous livrer à l'étude, même sommaire, du sermon sur le Retardement de la ]3èmtence''\ il y aurait assurément
\. Sermon sur la Communion pascale.
'2. Ce sermon ne fui pas prononcé en présence du roi.
cliarme et |)i'o(U |)onr l'esprit et pour le cœur. Fiourdaloue y dévoile les témérités dont tant d'hommes se rendent si souvent coupables : ((Tém('ril(' lorsqu'ils se promettent d'avoir un jour le temps de se convertir; témérité lorsqu'ils présument que la grâce ne leur manquera pas; témérité lorsqu'ils se flattent d'avoir la volonté de le faire. » Les œuvres de notre prédicateur, alors même qu'on se borne à l'analyse de celles dont on peut assigner la date, sont un champ bien vaste, et il ne nous est ])as même possible, dans les limites qui s'imposent à ce travail, de donner un simple coup d'œil à chacune d'elles. Durant le Carême de 1682, Bourdaloue, avec sa forme simple et grave, traduisit devant la cour des pensées ])ersonnelles puissantes, des idées élevées, toujoui's prises au contact des réalités et des faits et qu'il était nécessaire de faire entendre à ses auditeurs. Aussi il eut le mérite, sous l'enveloppe merveilleusement opportune dont il revêtait ses enseignements, de formuler et de synthétiser des vérités essentielles à leurs âmes et de contribuer efficacement à leur avancement spirituel. Son éloquence à cette époque avait atteint à sa plus haute puissance.
Ce serait à la suite de cette station que le roi, parvenu au comble de la ])rospérité, convaincu par la logique du prédicateur et touché de la grâce, aurait pris le parti de revenir à Dieu. 11 disait à Bourdaloue, au moment où celui-ci prenait congé de lui : <( Mon Père, vous devez être content de moi; M'"" de Montespan est à Clagny. — Oui, Sire, repartit le saint
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religieux ; mais Dieu serait bien jjIus content si Clagny-était à soixante-dix lieues de Versailles ^ » Dès lors, le retour de Louis XIV à la dignité et au devoir s'effectua. Dans les vues de sa miséricorde, la Providence se servait même du malheur pour aviver les | remords du royal coupable. Un mal terrible frappait soudainement Marie-Thérèse, la victime de son inconduite ; la mort de Fépouse fidèle, survenue en trois jours, devait aider à payer la rançon de Tàme criminelle du monarque. 11 est une lettre de M"'^ de Sévigné à Bussy qui a trait au Carê?nede 1682, où nous lisons: « LeP.Bourdaloue nous fit Tautrejour un sermon sur la Prudence humaine, qui fît bien voir combien elle est soumise à Tordre de la Providence, et qu'il n'y a que celle du salut, que Dieu nous donne luimême, qui soit estimable. Cela console et fait qu'on se soumet plus doucement à sa mauvaise fortune. La vie est courte, c'est bientôt fait; le fleuve qui nous entraîne est si rapide qu'à peine pouvons-nous y paraître. Voilà des moralités de la semaine sainte'. » Ce sermon sur la Prudence humaine qui inspira les belles et édifiantes réflexions de la marquise ne se trouve ni dans le Carême prêché à la cour ni dans les Dominicales; aurait-il été perdu? Le P. Bretonneau n'en fait aucune mention, ce qui nous porteraità le croire ; il ne donne, en effet, dans son édition que la magnifique Instruction sur la Prudence du salut adressée par Bourdaloue à un homme
1 Languot de Gerpy, Mémoires xitr M""' de Maintenon. 2. LeUre du 13 avril 1682.
du monde employé dans un ministère important. Los sermons sur rimjjuretè et sur la Conversion de Madeleine du Carême de 1682 furent prêches de nouveau [)ar Bourdaloue l'année suivante à Saint- Paul. Un témoignage précieux, une lettre du- P.Alleaume, précepteur du ducde i)Ourbon,en contient la preuve. Il y est dit : « Nous avons vu ce matin le P. Bourdaloue^... il a fait à Saint-Paul un discours contre l'Impurelé^ où Tondit qu'il est entré dans m\ trop grand détail'... » D'après le correspondant de Condé, le sermon sur l'Impureté aurait été suivi de celui sur la Conversion de Madeleine . Bourdaloue aurait ainsi maintenu pour ces discours à Saint-Paul le même ordre qu'à la cour. Grâce au P. Henri Chérot, à qui nous devons la connaissance de ce document, nous savons encore, par un extrait de la volumineuse correspondance de l'exécrable médecin mais fidèle épistolier Pierre Rourdelot, que « le P. Bourdaloue^ k son sermon sur la Magdeleine, fit son apologie de ce qu'il avait parlé librement des vices; et, citant les Pères, il dit que c'était saint Paul luy-même qui en avait parlé bien plus sévèrement; il cita le texte et fit une exagération qui a irrité les dames - ». Il résulte de ces documents à la fois si authentiques et si formels que Bourdaloue répéta à Saint-Paul les sermons sur V Impureté et sur la Conversion de Madeleine que