LAVENT DE 1097 A LA COUR
de sa naissance, a bien plus fait au fond pour les grands que pour les petits; et que les grands lui sont beaucoup })lus redevables : comment cela? C'est qu'il a fallu une vocation plus forte pour attirer les grands, tels qu'étaient les mages, que pour attirer les petits, tels que les bergers K » Ainsi le Dieu des petits est aussi le Dieu des grands, car il les a comblés de grâces, et, pour leur faire accomplir le sacrifice de leur grandeur et de leurs ricbesses, il a dû leur communiquer par ses exemples la force de vaincre toutes les séductions. Le prédicateur démontre encore que la naissance de Jésus doit être un sujet de joie. « Après cela, qui que vous soyez, et quelque rang que vous teniez dans le monde, plaignez-vous que Dieu réprouve votre condition, ou que votre condition vous éloigne de Dieu. Non, elle ne vous en éloigne pas, ni votre Dieu ne la réprouve point. Elle ne vous en éloigne point, puisque vous voyez que lui-même il la prévient des grâces les plus abondantes : et il ne la réprouve point, puisqu'un de ses premiers soins en venant au monde est de la sanctifier dans les mages et de la réformer en vous. Il réprouve les abus et les désordres de votre condition; il en réprouve le faste, il en réprouve le luxe, il en réprouve la mollesse, il en réprouve la dureté et l'impiété, mais sans la réprouver elle-même, puisque c'est pour elle et pour vous-mêmes qu'il
\. Sermon sur la Nativité.
ouvre aujourd'hui le trésor de ses miséricordes les ])lus efficaces. Comme il est le Dieu de toutes les conditions, et qu'il vient pour sauver tous les hommes, il veut que dès son berceau on voie à sa suite et des grands et des petits, et des riches et des pauvres, et des maîtres et des sujets. Approchez, approchons tous : allons à la crèche, allons-y tous... Un grand qui, sans rien perdre de tous les avantages de sa condition, sait pratiquer toute l'humilité de sa religion ; un grand, petit à ses yeux, et qui, sans oublier qu'il est pécheur et mortel, se tient devant Dieu dans le respect et dans la crainte; un grand qui peut dire à Dieu comme David : Seigneur, mon cœur ne s'est point enflé et mes yeux ne se sont point élevés; un grand sur la terre, sanctifié de la sorte, est non seulement grand, mais le plus grand dans le royaume du cieP. »
A la fin du sermon, le prédicateur s'exprime en ces termes : « On nous vante le règne d'Auguste, sous lequel Jésus-Christ est né, comme un règne florissant; et moi, dans le parallèle qu'il me serait aisé de faire ici, je ne trouve rien, Sire, qui puisse être comparé au règne de Votre Majesté... Pour donner la paix au monde chrétien, V^otre Majesté a sacrifié sans peine ses intérêts... Touchée en faveur de son peuple, elle a voulu, pour terminer une guerre qui n'était pour elle qu'une suite de conquêtes, se relâcher de ses droits... Malgré les négociationsinfiniesde tant