M"' de Pring
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relever si justement les faiblesses, les travers, les ridicules et condamner avec tant d'énergie les prétentions et les désordres. Si on eût connu ses goûts, ses aspirations, ses visées, on aurait pu dire de lui sans crainte de se tromper : pas de fortune, mais beaucoup de vertu, voilà son idéal, voilà son monde! Aussi, tandis que son père, infatué de luimême, de riionorabilité de sa race et de l'avenir de sa maisou, caressait des projets de vanité et de grandeur et rêvait pour Théritier de son nom dignités et liantes cbarges, lui ne s'éprenait de désir et d'ambition pour aucun des biens d'ici-bas, et appréciait à leur valeur les titres et les succès humains. Insatiable d'élévation morale, il prétendait inscrire son nom sur des parchemins plus durables que ceux dont le temps efface les caractères, et, s'éloignant du monde à peine entrevu, il s'enfuyait du côté du ciel. Et, afin de réussir dans son entreprise, il travaillait résolument à briser ses entraves. Ne devait-il pas s'atTranchir de toutes les attaches pour atteindre à son haut état? Oui, tel était son objectif, tel le rêve dont il allait faire une réalité. 11 voulait, coûte que coûte, courir après la j)erfection, la saisir et l'embrasser pour ne plus la perdre. M'était-elle pas l'inestimable trésor qu'il convoitait et qu'il était disposé à conquérir au prix même de l'humilité et de la pauvreté de toute sa vie : « L'incomparable bien mille fois préférable, comme il devait plus tard éloquemment le dire, à toutes les richesses et à toutes les grandeurs, à
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tous les élablissements et à toutes les fortunes de la terre ^ ? »
Devant ce jeune homme en pleine rupture avec le monde, on se demande d'où lui vient la force de sa vocation. Et, après avoir regarda' au plus haut des oieux, là même où Dieu habite et distribue la grâce de notre prédestination, on entrevoit alors sur la terre, dans les régions mystérieuses et abritées de la solitude, une retraite de paix, un jardin de délices où fleurissent toutes les vertus, la maison bénie et tutélaire de la jeunesse lévitique. Et à Tallégresse de celui qui veut y entrer, on comprend que ces murs, loin d'être, ce que le monde croit, les murs d'une prison renfermant d'innocentes et infortunées victimes, sont les premiers ouvrages de la forteresse imprenable où l'Eglise recrute et façonne ses fils les plus humbles, les ])lus vertueux et les plus forts. L'homme se souvient encore de son origine, il aspire à s'élever et à vivre sur les sommets. Aussi est-ce pour répondre à ce besoin que l'Eglise lui ouvre ses portes aussi largement que ses bras et qu'à son foyer de lumière et d'amour, aux caresses et aux leçons de la première des éducatrices et de la meilleure des mères, le jeune homme s'initie à l'esprit d'abnégation et de sacrifice et se forme et se prépare auv vertus et aux triomphes de l'apostolat et de la sainteté.
Impatient de se soumettre à la forte discipline