Lettre du M mars i6Tl
2. Deuxième partie. Ce Mémoire a été attribué jusqu'ici à Fénelon, mais dans un article de la Hevue de Vhistoire lille'raire de la France, i") juillet 1899, M. labbé Urbain rompant avec la tradition, a prétendu que M. de Valincourt en était l'auteur.
faisait ainsi son éloge : « Ce grand orateur avait naturellement en lui toutes les dispositions nécessaires pour acquérir la perfection de l'éloquence ; un fond de bon sens et de bon esprit, V imagination vive, la mémoire fidèle, ^ la prestance et le son de la voix agréables, la prononciation belle, le geste noble, une assurance honnête et une grande facilité de parlera » Tels sont quelques-uns des témoignages admiratifs des contemporains de Bourdalouc ; où trouver dansces éloges un mot, un seul qui prête à la critique et qui infirme et discrédite son action oratoire. Tout le xviii'' siècle a pensé ainsi et c'est sur sa fin seulement que quelques lettrés, abusant d'un passage des Dialogues sur r Eloquence de la Chaire, ont voulu prétendre etaccréditer que Bourdaloue était le prédicateur ridicule dépeiutpar Fénelon et auquelles qualités nécessaires à la bonne éloquence faisaient défaut. Nous ne saurions partager leur sentiment. Il a été facile de voir au cours de cette étude que la haute ré|)utalion oratoire dont jouissait Bourdaloue auprès de ses contemporains et auprès des lettrés du xviii^ siècle, n'était pas usurpée.
La base sur laquelle ces critiques trop partiaux étayaient leur opinion nous parait, en effet, bien pou sûre. Ils s'appuyaient pour soutenir leurs idées sui' quelques lignes de Fénelon, liréesdu Second Dialogue sur r Eloquence de la (7/m«reetdans lesquellescelui-ci faisait le portrait d'un mauvais prédicateur, et avec